Un premier élu québécois appuie Pierre Poilievre

Le député conservateur Pierre Paul-Hus lors d’une conférence de presse en juin 2021.
Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le député conservateur Pierre Paul-Hus lors d’une conférence de presse en juin 2021.

Le souhait de neutralité du député conservateur québécois Pierre Paul-Hus aura été de courte durée. L’élu de la région de Québec appuie finalement Pierre Poilievre dans la course à la chefferie de son parti. S’il dit partager les « convictions conservatrices » de l’aspirant chef, il n’était toutefois pas du même avis que lui lors de l’occupation du centre-ville d’Ottawa par un convoi de camionneurs, que M. Paul-Hus avait vivement dénoncée cet hiver.

Dans une lettre ouverte jeudi, le député québécois soutient à son tour, comme Pierre Poilievre le répète depuis des semaines, que les Canadiens vivent à une époque « où le besoin de reprendre le contrôle de nos vies se fait de plus en plus sentir ». Pierre Paul-Hus estime, dans sa lettre publiée d’abord par Le Journal de Montréal, qu’il faut avoir « l’audace de poser les actions nécessaires afin de reprendre le gouvernail du prochain gouvernement » et que son candidat favori est le mieux placé pour le faire.

En entrevue au Devoir, il explique avoir décidé d’abandonner son rôle au sein du bureau national du Parti conservateur — qui le tenait à un devoir de réserve — et de prendre position dans la course pour démontrer que M. Poilievre, qui pourrait bien l’emporter, profite aussi d’appuis au Québec. Sept des dix députés québécois soutiennent la candidature de l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest. Bien que les sénateurs québécois Leo Housakos et Claude Carignan codirigent la campagne de M. Poilievre, aucun élu du Québec ne lui avait encore offert son appui.

« Il a le profil qui me plaît, comme conservateur du Québec », affirme M. Paul-Hus au sujet du candidat député de la région d’Ottawa. « Et je trouvais qu’il avait besoin d’avoir quelqu’un du Québec qui l’appuie », explique-t-il, en citant l’importance de maintenir l’unité du parti à l’issue de la course à la chefferie, qui se conclura le 10 septembre.

Pas au même diapason au sujet des camions

 

Pierre Paul-Hus avait fait les manchettes, début février, en étant l’un des premiers conservateurs à dénoncer publiquement l’occupation du centre-ville d’Ottawa par des camionneurs. « Je demande que l’on dégage les rues et que l’on cesse cette occupation contrôlée par des radicaux et des groupes anarchistes », avait-il gazouillé le 4 février, au terme de la première semaine d’une occupation qui en a duré trois, avant qu’une importante intervention policière y mette fin.

Pierre Poilievre, en revanche, soutenait les camionneurs. Une semaine plus tard, le 11 février, il s’était dit « fier » d’eux, en entrevue avec un balado de Postmedia, et affirmait se tenir à leurs côtés.

M. Paul-Hus affirme aujourd’hui que l’aspirant chef appuyait la contestation de la vaccination obligatoire par les camionneurs, qui venaient de se la voir imposer par le gouvernement fédéral, mais pas « le maintien de ce convoi ».

Pierre Poilievre a tenté de tenir le même discours en point de presse sur un autre sujet, jeudi matin. « J’étais pour ceux et celles qui manifestaient pour leur liberté et contre les vaccins obligatoires. En même temps, je condamnais tout individu qui bloque de l’infrastructure essentielle, qui brise la loi ou qui se comporte mal », a-t-il fait valoir. Il a refusé de préciser si l’enceinte parlementaire était une infrastructure essentielle, comme les postes frontaliers qui ont aussi été bloqués.

À l’époque, M. Poilievre s’était fait prendre en photo avec des camionneurs devant le parlement et avait publié les clichés sur son compte Twitter. Dans ses rassemblements des dernières semaines, organisés dans le cadre de sa campagne à la chefferie, Pierre Poilievre salue toujours les « héros » camionneurs et s’attire ainsi systématiquement des applaudissements parmi les plus nourris recueillis lors de ses discours.

M. Paul-Hus s’apprêtait à appuyer Jean Charest, le mois dernier, mais s’est ravisé lorsque le candidat a pris position contre la Loi sur la laïcité de l’État québécois et a annoncé qu’il interviendrait en Cour suprême, s’il était élu premier ministre, pour s’y opposer. Le caucus québécois a toujours réclamé que le parti respecte cette loi de la province. M. Paul-Hus est également mal à l’aise concernant le travail de M. Charest, comme consultant dans le secteur privé, pour l’entreprise de télécommunications chinoise Huawei.

À lire: la lettre ouverte de Pierre Paul-Hus



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