Le NPD ontarien fera campagne sur le coût de la vie

Pour gagner les élections, les néodémocrates d’Andrea Horwath misent sur l’aide au logement et la réduction du prix de l’essence, en plus de proposer des réformes ambitieuses du système de santé.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Pour gagner les élections, les néodémocrates d’Andrea Horwath misent sur l’aide au logement et la réduction du prix de l’essence, en plus de proposer des réformes ambitieuses du système de santé.

Le Nouveau Parti démocratique de l’Ontario fait de l’abordabilité la priorité de sa plateforme électorale présentée lundi, à environ une semaine du déclenchement probable des élections provinciales. Le parti d’Andrea Horwath mise notamment sur l’aide au logement et la réduction du prix de l’essence, ainsi que sur une réforme ambitieuse du système de santé.

Les néodémocrates proposent entre autres de mettre fin au zonage d’exclusion à travers la province, un système qui fait en sorte que dans certaines villes ontariennes, dont Toronto, près du tiers du territoire est réservé aux maisons unifamiliales. Le NPD, qui avait déjà présenté une partie de sa plateforme en matière de logement en février dernier, souhaite encourager la construction de duplex, de triplex et de maisons jumelées.

D’après le clan Horwath, le prix du carburant a « monté en flèche » depuis l’arrivée de Doug Ford à la tête de la province en 2018, et c’est pourquoi le parti s’engage à réglementer le prix de l’essence s’il est porté au pouvoir. En avril dernier, le gouvernement progressiste-conservateur de Rob Ford a adopté un projet de loi qui fera passer la taxe sur les carburants de 14,3 cents à 9 cents le litre à partir du 1er juillet, soit près d’un mois après que les électeurs ontariens se seront prononcés sur la suite des choses.

En matière de santé, les néodémocrates comptent réduire le coût de la vie des Ontariens en intégrant les soins de santé mentale au programme provincial d’assurance maladie ; leur accès deviendrait ainsi universel, et leur financement, public.

Le parti d’Andrea Horwath promet aussi d’instaurer un système d’assurance médicaments, une proposition qu’il faisait déjà aux dernières élections. Bien que le Parti libéral du Canada se soit engagé à créer un régime pancanadien du même acabit en vertu de son entente avec le NPD fédéral, le NPD provincial affirme que les Ontariens « ne peuvent pas se permettre d’attendre ». Le parti promet aussi d’être le « chef de file » du programme de soins dentaires, qui doit aussi voir le jour grâce à cette même entente.

Les néodémocrates s’étaient engagés en 2018 à mettre en place un système de garderie à 12 $ par jour s’ils étaient élus. Au mois de mars 2022, Doug Ford s’est toutefois entendu avec le fédéral pour offrir aux Ontariens des services de garde à 10 $ par jour d’ici trois ans ; le NPD compte donc explorer « diverses modalités » pour accélérer sa mise en place.

Un gouvernement Horwath augmenterait aussi immédiatement à 25 $ l’heure le salaire des éducatrices à la petite enfance autorisées. En vertu de l’entente signée entre Doug Ford et Justin Trudeau, leur salaire est passé à 18 $ l’heure et augmentera d’un dollar chaque année pour atteindre 25 $ dans sept ans. « Ces travailleurs méritent un meilleur salaire », avait déclaré le premier ministre ontarien au moment d’annoncer le pacte.

Des promesses aux francophones, mais peu de détails

 

Le NPD a une forte présence dans le nord de l’Ontario, où habitent 20 % des francophones de la province. Le parti consacre une partie de sa plateforme à la communauté, mais fournit toutefois peu de détails sur ses engagements.

Le clan Horwath propose entre autres de mettre sur pied un groupe de travail sur la pénurie d’enseignants dans les écoles francophones, bien qu’un comité similaire ait déjà livré un rapport étoffé sur la question en 2021. Les néodémocrates ne spécifient pas ce qui distinguerait cette nouvelle initiative.

Le parti augmenterait aussi le nombre de centres de santé communautaires et de foyers de soins de longue durée pour les francophones. L’accès à des soins en français s’avère difficile pour de nombreux aînés franco-ontariens, et beaucoup d’entre eux doivent se déraciner pour obtenir des soins de fin de vie dans leur langue.

Le NPD réaffirme aussi que son gouvernement rétablira le Commissariat aux services en français, qui a été dissous par le gouvernement progressiste-conservateur lors du présent mandat. « Nous le doterons du pouvoir de superviser la collecte de données sur les services fournis en français », lit-on aussi dans la plateforme néodémocrate.

Le parti déclare aussi, sans trop de détails, qu’il investira pour garantir une Université de Sudbury pour les francophones.

L’université autonome tente d’obtenir du financement de la province pour redémarrer ses activités, qui ont pris fin en 2021 en raison de la restructuration de l’Université Laurentienne. Plusieurs membres de la communauté francophone du Nord ontarien espèrent notamment de voir tous les programmes en français de la Laurentienne transférés à l’Université de Sudbury, ce qu’Andrea Horwath a promis dès l’an dernier — sa plateforme n’en fait toutefois pas mention.

 Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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