Trudeau préoccupé par le risque de violences en fin de semaine

Vendredi soir, un nombre impressionnant de véhicules avait envahi le centre-ville d’Ottawa, dans le secteur du parlement. 
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Vendredi soir, un nombre impressionnant de véhicules avait envahi le centre-ville d’Ottawa, dans le secteur du parlement. 

Le premier ministre Justin Trudeau s’est dit préoccupé par le potentiel de violence que recèlent les manifestations auxquelles participeront en fin de semaine sur la colline du Parlement des camionneurs et d’autres personnes se joignant à eux.

Vendredi soir, un nombre impressionnant de véhicules avait envahi le centre-ville d’Ottawa, dans le secteur du parlement. La mobilisation des camionneurs a commencé à prendre forme dans l’après-midi, avec plusieurs centaines de manifestants regroupés devant le parlement.

Plusieurs participants québécois font partie des opposants à la vaccination obligatoire des camionneurs transfrontaliers et aux autres mesures sanitaires.

« Bien sûr, je suis inquiet », a déclaré M. Trudeau en entrevue vendredi.

« Un certain nombre de personnes sont là sans vouloir inciter à la violence, mais il y aura, comme nous l’avons entendu, un petit groupe de personnes qui constituent une menace pour elles-mêmes, les unes pour les autres et pour les Canadiens », a poursuivi le premier ministre.

La police d’Ottawa a avisé la population du potentiel de violence des extrémistes qui ont rejoint, ou dans certains cas aidé à organiser, le convoi de camions qui ont commencé à converger vers la capitale du pays vendredi.

Le soi-disant « convoi de la liberté » a été présenté comme une protestation contre la vaccination obligatoire imposée par le gouvernement fédéral aux camionneurs transfrontaliers, même si la planification de l’événement a commencé avant que la politique ne soit établie.

Bien que les principaux organisateurs aient déclaré que la violence ne serait pas tolérée durant l’événement, des militants d’extrême droite et des suprémacistes blancs s’y sont accrochés, certains appelant à une « révolution massive » ou à une émeute semblable à celle des insurgés qui ont pris d’assaut le Capitole américain il y a un an.

« Le problème est que cela s’est transformé en quelque chose de beaucoup plus vaste qui ne représente pas ce que vit la grande majorité des camionneurs ni même la grande majorité du point de vue des Canadiens à ce sujet », a déclaré M. Trudeau.

« Les Canadiens ne sont pas représentés par cette minorité très troublante, petite, mais très bruyante, qui s’en prend à la science, au gouvernement, à la société, aux ordonnances et aux conseils de santé publique », a-t-il ajouté.

Une grande partie de la colère de manifestants est dirigée contre M. Trudeau. Certains ont réclamé qu’il soit jugé pour trahison ou battu.

« Cela ne m’inquiète pas que ce soit personnel. C’est en quelque sorte ce à quoi vous vous inscrivez lorsque vous vous présentez aux élections, dans une certaine mesure », a-t-il déclaré.

« Mais les menaces de violence ne devraient pas venir avec le territoire pour quiconque se présente pour servir. »

De la désinformation

 

L’enceinte parlementaire a été fermée pour le week-end. Les députés, avertis que certaines personnes tenteraient d’étendre la manifestation à leurs domiciles et bureaux de circonscription, ont reçu des conseils de sécurité.

Les organisateurs ont élaboré un « protocole d’entente » exigeant que le Sénat nommé et la gouverneure générale usurpent l’autorité du gouvernement élu et suppriment toutes les ordonnances de vaccination et autres restrictions de santé publique — une impossibilité constitutionnelle.

M. Trudeau a déclaré que c’était typique des « théories du complot » qui propagent « la désinformation » sur la pandémie et le fonctionnement des gouvernements démocratiques.

Il a noté que les manifestants utilisaient le cri de ralliement attrayant de la « liberté ». Mais M. Trudeau affirme : « La liberté la plus importante est la liberté pour les Canadiens qui font les bonnes choses de pouvoir traverser et aller au-delà de cette pandémie, la liberté de voir leurs proches, la liberté de pouvoir savoir que leurs enfants sont en sécurité alors qu’ils vont à l’école, que nos entreprises vont pouvoir traverser cette pandémie. »

« Et la façon d’y parvenir est de faire confiance à la science, de suivre les règles de santé publique et de se faire vacciner. C’est ce à quoi défendre les droits et libertés [ressemble] », a déclaré le premier ministre.

Il a critiqué le chef conservateur, Erin O’Toole, pour « avoir [promu] comme priorité l’accommodement des non-vaccinés ».

M. O’Toole, qui a l’intention de rencontrer certains des camionneurs, a appelé au calme et à une manifestation pacifique.

Le Service de police d’Ottawa a déclaré vendredi qu’il avait appelé des renforts pour aider au maintien de la paix, alors que des milliers de véhicules, dont des camions lourds, poursuivaient leur route vers la capitale nationale vendredi.

Avec Stéphane Blais

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