Erin O’Toole retrouve son caucus à l’ombre de tensions internes

Erin O’Toole doit aussi composer, depuis une semaine, avec l’appui de quelques-uns de ses députés au convoi de camionneurs qui se dirige vers Ottawa pour contester l’obligation vaccinale qui leur a été imposée par les gouvernements canadien et américain.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Erin O’Toole doit aussi composer, depuis une semaine, avec l’appui de quelques-uns de ses députés au convoi de camionneurs qui se dirige vers Ottawa pour contester l’obligation vaccinale qui leur a été imposée par les gouvernements canadien et américain.

Le chef conservateur, Erin O’Toole, a retrouvé ses collègues en caucus mercredi, sur fond de discordes au sein de son parti. Alors que les députés et les sénateurs se retrouvaient pour la première fois depuis décembre, afin de préparer la rentrée parlementaire, les désaveux du chef — bien qu’isolés — continuent de se multiplier.

Le caucus conservateur de cette semaine sera « déterminant » pour Erin O’Toole, résumait un conservateur mercredi.

La dernière rencontre des troupes remonte à la mi-décembre. Depuis, trois associations de circonscription conservatrice ont réclamé, en janvier, que le vote de confiance du chef, prévu pour le congrès de 2023 à Québec, ait plutôt lieu ce printemps, d’ici la mi-juin. L’association de Foothills, en Alberta, celle de Carlton Trail–Eagle Creek, en Saskatchewan, et une troisième (que le parti n’a pas nommée) ont adopté une motion en ce sens « afin d’assurer l’unité et la force du Parti conservateur du Canada en vue d’une élection imminente », puisque le gouvernement libéral est minoritaire.

L’entourage du chef minimise ces sorties à seulement trois associations de circonscription parmi les 338 que compte le pays.

La sénatrice de la Saskatchewan Denise Batters avait lancé cet automne une pétition — qui a récolté 7700 signatures depuis — visant également le devancement du vote de confiance. Le parti a rejeté cette initiative, et le chef a expulsé la sénatrice du caucus. Mais les sénateurs ont continué de l’accueillir dans leur propre caucus, tout comme ont décidé de le faire les députés de la Saskatchewan cette semaine.

Erin O’Toole doit aussi composer, depuis une semaine, avec l’appui de quelques-uns de ses députés au convoi de camionneurs qui se dirige vers Ottawa pour contester l’obligation vaccinale qui leur a été imposée par les gouvernements canadien et américain. Certains internautes qui s’associent aux camionneurs ont tenu des propos menaçants, suggérant que des camions percutent le Parlement ou que les manifestants tentent de recréer l’assaut du 6 janvier perpétré au Capitole, aux États-Unis.

M. O’Toole s’est efforcé de ne pas appuyer publiquement les manifestants. Il s’est contenté de répéter lundi qu’il soutenait les camionneurs et qu’il réclamait un « accommodement raisonnable » pour ceux qui refusent de se faire vacciner.

L’ex-chef Andrew Scheer, le député et ex-ministre Pierre Poilievre, et même la cheffe adjointe actuelle du parti, Candice Bergen, ont toutefois publiquement appuyé le convoi de camionneurs, tout comme d’autres de leurs collègues. « Je soutiens les manifestations pacifiques contre ces mandats [de vaccination obligatoire] et nos camionneurs », a indiqué Mme Bergen dans une déclaration écrite publiée sur Twitter et reprise par des élus.

Les conservateurs proches d’Erin O’Toole refusent d’y voir un réel affront. Il ne s’agit pas d’une contradiction frontale, disent-ils, mais plutôt d’une nuance, puisque le chef a lui aussi défendu les droits des camionneurs.

Les quatre vérités de l’élection

Le chef devra en outre réagir à l’évaluation de la dernière campagne électorale réalisée par les anciens députés James Cumming et Christian Paradis. Les conclusions de leur rapport seront présentées au caucus jeudi. Une bonne partie de la journée y sera d’ailleurs consacrée, dans l’espoir que la question soit enfin vidée.

M. O’Toole s’est vu reprocher la deuxième position du parti aux élections et la perte de deux sièges. Des conservateurs ont critiqué la stratégie de campagne surtout virtuelle du chef, qui tenait des points de presse dans un studio d’Ottawa ; le manque de communication des dirigeants de la campagne avec les candidats sur le terrain ; et le fait qu’Erin O’Toole n’ait pas suffisamment élaboré sa plateforme, en ne faisant que répéter qu’il avait « un plan ».

Malgré tout, une source conservatrice a rapporté que le début des rencontres mercredi n’avait pas été trop tendu.

Une motion, qui devait inviter le parti à adopter une position plus ferme contre la loi 21 du Québec sur la laïcité, n’a finalement pas été mise à l’ordre du jour.

Un autre conservateur estimait mercredi qu’il n’était pas impossible pour le chef d’espérer calmer les tensions. « Sans avoir à convaincre tout le monde, il peut redonner confiance aux gens en mobilisant les troupes sur un dossier porteur et en faisant preuve de leadership », a indiqué cette personne.

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