Harper prône le «fédéralisme d'ouverture»

Québec — Un gouvernement dirigé par Stephen Harper n'accorderait pas plus de pouvoirs au Québec, mais tenterait plutôt de mieux servir les deux grandes communautés linguistiques du pays, la francophone et l'anglophone.

Après le fédéralisme asymétrique, l'heure est donc venue de prôner le «fédéralisme d'ouverture», un nouveau concept encore flou, plus linguistique que territorial, prôné par le chef du Parti conservateur en vue de reconquérir le Québec.

De passage à Québec hier, M. Harper a lancé cette idée devant 200 militants, mais il a refusé par la suite de répondre aux questions des médias et de dire en quoi le Québec sortirait gagnant de l'application de son concept.

M. Harper dit vouloir se servir de l'exemple de la Belgique, où «l'autorité fédérale a été partagée non seulement selon les régions géographiques mais aussi en fonction des communautés linguistiques».

«Au lieu de céder plus d'autorité aux provinces dans des domaines comme la culture et les relations internationales, le gouvernement fédéral pourrait peut-être, de concert avec les provinces, et en particulier le Québec, établir des institutions communautaires francophones et anglophones dans les juridictions des télécommunications et de la radiodiffusion, comme le CRTC et Radio-Canada ou la Francophonie, le Commonwealth et l'UNESCO», a déclaré le chef de l'opposition officielle à la Chambre des communes, durant son allocution.

Le but recherché consiste apparemment à ajuster le cadre fédéral aux besoins du Québec, mais seulement dans la mesure où les changements proposés «renforcent la relation entre francophones de tout le pays».

Mais à quoi fait-on référence au juste quand on parle «d'institutions communautaires»? Quels seront les nouveaux pouvoirs octroyés à ces institutions? Les pouvoirs octroyés aux communautés linguistiques viendraient-ils faire contrepoids à ceux des provinces ou à ceux de l'Assemblée nationale? La communauté anglophone du Québec acquerrait-elle ainsi de nouveaux pouvoirs?

Hier, il a été impossible de savoir exactement ce que M. Harper avait en tête avec son projet ou de préciser de quelle façon le Québec verrait son sort amélioré au sein de la fédération canadienne grâce au «fédéralisme d'ouverture».

Pour en savoir plus long, il faudra attendre mars 2005, alors que les militants conservateurs tiendront leur congrès à Montréal.