Pékin croit que le variant Omicron lui est arrivé du Canada par la poste

Selon la publication du «Global Times», une personne en Chine a été infectée avec le variant Omicron après avoir manipulé une enveloppe et la page principale d’un document qui avait été posté du Canada le 7 janvier.
Photo: Jeff McIntosh Archives La Presse canadienne Selon la publication du «Global Times», une personne en Chine a été infectée avec le variant Omicron après avoir manipulé une enveloppe et la page principale d’un document qui avait été posté du Canada le 7 janvier.

Des politiciens canadiens ont qualifié d’« allégation extraordinaire » et « d’histoire assez comique » la théorie des autorités de santé publique chinoises selon laquelle le virus de la COVID-19 a traversé le Pacifique dans un colis en provenance du Canada pour infecter la seule personne officiellement porteuse du variant Omicron à Pékin.

« C’est une allégation extraordinaire, mais je ne suis pas un expert. Je vais demander à des experts virologues à la Santé publique du Canada de se prononcer là-dessus », a simplement indiqué le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, lors d’une conférence de presse lundi.

Plus tôt, le journal de langue anglaise Global Times, associé au Parti communiste chinois, a rapporté les propos surprenants de Pang Xinghuo, le directeur adjoint du Centre de prévention et de lutte contre les maladies de Pékin, selon qui le variant Omicron est arrivé dans sa ville d’un paquet en provenance du Canada.

Selon la publication, une personne a été infectée après avoir manipulé une enveloppe et la page principale d’un document qui avait été posté du Canada le 7 janvier. Une analyse du colis aurait démontré aux autorités que le variant Omicron aurait ainsi été transporté sur plus de 8500 kilomètres durant quatre jours.

M. Pang aurait aussi affirmé que le virus de la COVID-19 peut survivre longtemps à de basses températures. Il aurait ainsi mis en garde le public chinois contre la réception de courrier ou de biens importés sans protection.

Interrogations sur la propagation par les surfaces

Le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole, a qualifié l’affaire « d’histoire assez comique », lundi, lors d’une conférence de presse visant justement à dénoncer l’achat par la Chine de l’entreprise minière canadienne Neo Lithium.

« Cet article était ridicule. C’est un autre exemple des risques avec le Parti communiste à Pékin. […] Cela nous montre que, depuis le début de la pandémie, certaines nouvelles venant de Chine ne pouvaient pas être prises au sérieux. »

Selon son site Web, Santé Canada « ignore encore avec quelle facilité le virus se propage par contact avec des surfaces ou des objets. » Une analyse de l’Institut national de santé publique du Québec chiffre, quant à elle, à 3 heures la durée de vie maximale du virus de la COVID-19, dans des conditions de laboratoire, sur les surfaces rugueuses, comme du papier et des tissus. Le virus peut être détecté jusqu’à 7 jours sur des surfaces lisses telles que le plastique ou l’acier.

Pékin s’apprête à recevoir les prochains Jeux olympiques de 2022, en février. Le Canada a annoncé en décembre qu’il se joignait, avec d’autres pays alliés, à un boycottage diplomatique des Jeux.

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