Des mesures d’immigration associées à la pandémie pourraient rester

Jeudi, Sean Fraser a annoncé que le gouvernement avait dépassé son objectif ambitieux de 401 000 nouveaux résidants permanents pour 2021 — le plus grand nombre de nouveaux arrivants en un an de toute l’histoire du Canada.
Photo: Patrick Doyle La Presse canadienne Jeudi, Sean Fraser a annoncé que le gouvernement avait dépassé son objectif ambitieux de 401 000 nouveaux résidants permanents pour 2021 — le plus grand nombre de nouveaux arrivants en un an de toute l’histoire du Canada.

Le ministre fédéral de l’Immigration a déclaré que certaines des mesures temporaires qui ont aidé le gouvernement à atteindre ses objectifs cette année pourraient être là pour de bon, même après la pandémie.

Pendant cette pandémie, alors qu’il devenait de plus en plus difficile de faire venir au Canada des personnes de l’étranger, le gouvernement s’est tourné, pour atteindre ses objectifs d’immigration, vers des personnes qui étaient déjà au pays.

Bien que certains des nouveaux résidents permanents cette année soient des immigrants et des réfugiés arrivés au Canada par des moyens « traditionnels », Ottawa a aussi permis aux résidents temporaires déjà au pays d’obtenir leur résidence permanente.

Dans une entrevue de fin d’année à La Presse canadienne, le ministre de l’Immigration, Sean Fraser, a déclaré que ces mesures étaient conçues spécifiquement pour résoudre les problèmes liés à la pandémie, mais elles pourraient être utiles une fois passée la pandémie.

Il a cité en exemple le programme dit des « anges gardiens », qui accordait la résidence permanente aux demandeurs d’asile qui travaillaient dans le secteur de la santé — notamment dans les CHSLD au Québec.

Dans sa lettre de mandat, le premier ministre a demandé à M. Fraser de poursuivre cette approche. « Au cours de cette pandémie, nous avons appris certaines choses que nous pourrons adopter à l’avenir », a déclaré le ministre.

Le mois dernier, le gouvernement a accordé la résidence permanente à un nombre record de 47 434 immigrants. Jeudi, M. Fraser a annoncé que le gouvernement avait dépassé son objectif ambitieux de 401 000 nouveaux résidants permanents pour 2021 — le plus grand nombre de nouveaux arrivants en un an de toute l’histoire du Canada.

Et cet objectif augmentera en 2022 : le gouvernement canadien espère accueillir 411 000 nouveaux résidents permanents d’ici la fin de l’année prochaine.

Pénuries de main-d’œuvre

Bien que l’arrivée de nouveaux immigrants au Canada soit un pilier majeur du plan du gouvernement pour remédier à la pénurie de main-d’œuvre au pays, le ministre Fraser a déclaré qu’un autre argument économique en faveur du maintien des résidents temporaires est tout aussi solide.

Lorsque les permis temporaires expirent, les employeurs doivent trouver de nouveaux candidats à former, pour pourvoir le poste que cette personne vient de quitter, a-t-il expliqué. « Les personnes qui sont déjà ici et qui sont devenues des résidents permanents empêchent certainement une aggravation du problème. »

Les résultats des programmes qui ont un impact sur l’emploi ont généralement été positifs, a déclaré M. Fraser, mais le gouvernement doit encore étudier la chose avant de s’engager dans une voie particulière.

Le ministre a également déclaré que le gouvernement n’avait pas abandonné les flux d’immigration plus traditionnels, qui, selon lui, reprendront une fois que la pandémie s’améliorera et que les restrictions seront assouplies aux frontières internationales.

Les fameux délais

L’autre héritage durable de la pandémie sur l’immigration est l’arriéré massif de 1,8 million de demandes en attente de traitement. Le gouvernement s’est attiré les critiques des partis d’opposition pour avoir laissé cet arriéré augmenter encore. La mise à jour économique de décembre de la ministre des Finances, Chrystia Freeland, a affecté 85 millions de dollars au cours du prochain exercice pour y faire face.

M. Fraser a qualifié ce financement de passerelle pour aider les fonctionnaires à traiter plus de demandes plus rapidement, pendant que le ministère termine le travail de numérisation de son système archaïque.

Le système papier actuel signifie que si quelqu’un veut vérifier l’état de sa demande, il doit appeler son député, qui appelle le cabinet du ministre, qui appelle un fonctionnaire de l’immigration, qui sort le dossier… d’un classeur.

M. Fraser envisage un système où les conjoints candidats pourraient vérifier leur statut directement en ligne. « Nous sommes au milieu de la modernisation la plus importante du système d’immigration du Canada depuis sa création », a-t-il assuré.

Le travail de numérisation des documents a déjà commencé, mais il pourrait s’écouler quelques années avant que le système ne soit pleinement opérationnel.

Pourtant, M. Fraser s’attend à ce que le financement provisoire annoncé et la numérisation croissante du système permettront au Canada de maintenir le nombre élevé de nouveaux arrivants pendant le reste de la pandémie.

« Si le gouvernement souhaite poursuivre sa croissance à partir de là, je prévois que nous aurons la capacité de faire beaucoup plus que ce que nous faisons aujourd’hui, à un rythme record », a-t-il déclaré.

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