Ottawa espère donner un nouveau souffle à l’économie du pays

La ministre de l’Économie, Chrystia Freeland, a présenté mardi après-midi, par écrans interposés, la mise à jour économique et budgétaire du gouvernement du Canada.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne La ministre de l’Économie, Chrystia Freeland, a présenté mardi après-midi, par écrans interposés, la mise à jour économique et budgétaire du gouvernement du Canada.

Le gouvernement fédéral intensifie son offensive contre la COVID-19 à coups de tests de dépistage rapide, de produits thérapeutiques additionnels et de mesures sanitaires supplémentaires aux frontières, entre autres.

Le gouvernement fédéral prévoit dépenser plus de 10 milliards de dollars supplémentaires au cours de la prochaine année et demie pour en finir avec la pandémie, puis donner un nouveau souffle à l’« économie volatile et incertaine » du pays.

Malgré l’accroissement des dépenses publiques, la ministre des Finances, Chrystia Freeland, s’attend à des déficits « historiques » moins importants que prévu en avril dernier, c’est-à-dire de 327,7 milliards à la fin de 2020-2021 (-26,5 G$) et de 144,5 milliards au terme de 2021-2022 (-10,2 G$). « Notre relance économique après la récession causée par la COVID-19 a largement dépassé celle du Canada après la récession de 2008. Nous avons déjà plus que récupéré les emplois perdus, une guérison qui a pris huit mois de plus après la récession, bien plus modérée, de 2008. Nous sommes également sur la bonne voie pour récupérer le produit intérieur brut perdu cinq mois plus rapidement qu’après la contraction de 2008 », a-t-elle indiqué lors de la présentation — par écrans interposés — de la mise à jour économique et budgétaire du gouvernement du Canada, mardi après-midi.

Les projections du ministère des Finances laissent poindre un retour à l’équilibre budgétaire dans un horizon de plus ou moins cinq années.

« Nous n’avons pas un objectif de retour à l’équilibre », a répété un haut fonctionnaire du ministère lors d’une séance d’information, tout en invitant les journalistes à se préoccuper plutôt du ratio de la dette nette sur le PIB.

« Notre ratio de la dette au PIB […] atteindra un sommet de 48 % cette année et diminuera ensuite de façon constante, tout comme le déficit », a souligné la ministre des Finances, se faisant rassurante. Comme « gestionnaire financier responsable », le gouvernement Trudeau est, en octobre, « pass[é] de programmes de soutien élargi nécessaires, mais dispendieux, à des mesures plus ciblées et moins coûteuses, comme promis ».

Des millions et des millions de tests de dépistage. Face à la progression du variant Omicron, Ottawa a mis de côté 1,7 milliard pour faire l’achat de quelque 180 millions de tests de dépistage rapide supplémentaires au cours des trois prochains mois et demi. « Ces tests rapides représentent un outil utile dans la lutte contre le variant Omicron, qui s’accentue. Nous nous les procurons. Nous les distribuons. Et nous encourageons les Canadiens à les utiliser », a affirmé Chrystia Freeland. La numéro deux du gouvernement Trudeau s’était réfugiée devant son ordinateur après avoir appris que deux membres de son équipe étaient atteints de la COVID-19, qu’elle a décrite comme la conséquence d’« un virus sournois et imprévisible ».

Selon nos informations, le ministère de la Santé dispose de suffisamment de tests de dépistage rapide pour approvisionner les provinces d’ici la période des Fêtes. « Il n’y a aucune rupture de stock de tests rapides, et d’autres s’en viennent », a assuré la ministre lors d’un point de presse virtuel.

Prévenir et guérir. D’autre part, le gouvernement fédéral met de côté 2 milliards de plus pour acquérir d’ici le 1er avril 2023 des produits thérapeutiques additionnels, dont des médicaments antiviraux, qui « peuvent prévenir l’hospitalisation des patients atteints de la COVID-19 et sauver des vies ». « Récemment, Merck et Pfizer ont présenté les résultats de leurs essais cliniques à Santé Canada afin de demander l’autorisation d’utiliser ces produits. L’Agence de la santé publique du Canada surveille également plusieurs autres produits thérapeutiques prometteurs qui pourraient contribuer à achever la lutte contre la COVID-19 », a fait remarquer le ministère des Finances.

Incitatifs fiscaux pour une meilleure ventilation. Se disant persuadée que « l’amélioration de la ventilation [peut] prévenir les éclosions », l’équipe du premier ministre Trudeau crée un crédit d’impôt de 25 % sur les dépenses admissibles faites entre le 1er septembre 2021 et le 31 décembre 2022 et relatives « à l’achat ou à l’amélioration des systèmes mécaniques de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) [ou] à l’achat d’appareils autonomes conçus pour filtrer l’air à l’aide de filtres à particules à haute efficacité, jusqu’à concurrence de 10 000 $ par emplacement et de 50 000 $ au total ».

D’autre part, Ottawa injectera, sur quatre ans, 180 millions de plus dans l’amélioration de la ventilation des écoles et d’autres bâtiments publics comme les hôpitaux, les bibliothèques et les centres communautaires.

Plus d’un demi-billion pour la pandémie. L’État fédéral s’attend à encaisser une facture totale de quelque 510 milliards au terme de la pandémie de COVID-19. « Le gouvernement fédéral a fourni 8 dollars sur chaque tranche de 10 dollars dépensés au Canada pour combattre la COVID-19 et soutenir les Canadiens tout au long de la pandémie », a illustré Chrystia Freeland, en réponse aux appels des provinces à une hausse du Transfert canadien en matière de santé.

Limitation de l’inflation. Après avoir « renouvelé la cible d’inflation de 2 % de la Banque du Canada », le gouvernement fédéral s’est dit décidé mardi à desserrer les goulots d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement.

Pour « faire baisser la pression », l’État aidera les ports canadiens à accroître leur capacité d’entreposage du fret en leur versant jusqu’à 50 millions de dollars. « Il faudra du temps pour que les chaînes d’approvisionnement rattrapent leur retard et pour que notre économie se rééquilibre », a toutefois averti Chrystia Freeland.

Immigration record en vue. Le gouvernement Trudeau croit bon investir 85 millions supplémentaires dans le système d’immigration en 2022-2023, afin de réduire le temps de traitement des demandes de résidence permanente ou temporaire ainsi que des demandes de citoyenneté. « L’immigration est un autre moteur important de la croissance économique et un avantage concurrentiel canadien », a fait valoir la vice-première ministre. Chrystia Freeland a rappelé que le pays s’était engagé à accueillir « le plus grand nombre d’immigrants de l’histoire du Canada » en 2022, soit 411 000 personnes.

Indemnisations des Autochtones. Enfin, Ottawa a confirmé dans sa mise à jour économique et budgétaire avoir réservé 20 milliards de dollars pour l’indemnisation des enfants des Premières Nations qui ont subi des préjudices après avoir été retirés de leur foyer, et 20 milliards pour l’amélioration des services qui leur sont offerts.

Avec Boris Proulx

Les libéraux moins nombreux aux Communes

Le gouvernement fédéral réduit considérablement le nombre de députés libéraux présents à la Chambre des communes en raison de la propagation rapide du variant Omicron de la COVID-19.

De plus, le leader du gouvernement à la Chambre, Mark Holland, a déclaré que toutes les réunions du caucus libéral de mercredi seront entièrement virtuelles. Il dit avoir informé ses homologues de l'opposition de la décision du parti au pouvoir de limiter son nombre de députés à la Chambre, mais il appartiendra aux autres partis de décider s'ils emboîtent le pas.

M. Holland a dit que les libéraux suivent les recommandations des autorités de santé publique, qui exhortent les Canadiens à éviter les rassemblements alors que le variant Omicron se propage comme une traînée de poudre.
La Presse canadienne


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