La ministre Freeland promet de venir en aide aux aînés et aux artistes

«Notre gouvernement comprend l’importance du secteur culturel surtout, mais pas seulement, pour le Québec. On est d’accord sur ce qu’on doit faire», a affirmé la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne «Notre gouvernement comprend l’importance du secteur culturel surtout, mais pas seulement, pour le Québec. On est d’accord sur ce qu’on doit faire», a affirmé la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland.

La ministre fédérale des Finances, Chrystia Freeland, promet de colmater les failles du système qui pénalisent les artistes et les aînés, comme le réclame le Bloc québécois, son seul partenaire de danse pour tenter de faire adopter avant les Fêtes son projet de loi sur l’avenir des aides pandémiques.

« Notre gouvernement comprend l’importance du secteur culturel surtout, mais pas seulement, pour le Québec. On est d’accord sur ce qu’on doit faire », a affirmé la vice-première ministre du Canada lors de son témoignage devant le Comité fédéral des finances, jeudi.

Elle répondait au député bloquiste de Joliette, Gabriel Ste-Marie, qui a souligné l’absence d’aide directe aux artistes qui sont travailleurs autonomes dans le projet de loi libéral. Mme Freeland a réitéré sa promesse électorale d’« aide transitoire » propre aux artistes dont le gagne-pain est encore compromis par les mesures sanitaires. Elle n’a toujours pas évoqué d’échéancier.

Déposé à la fin novembre, le projet de loi C-2 renouvelle certaines subventions salariales et de loyer pour les entreprises ayant perdu le plus de revenus, pour celles touchées par un nouveau confinement ou pour celles de secteurs économiques précis. Les entreprises du secteur culturel y auraient ainsi droit, comme les salles de spectacle, les cinémas et les musées.

Le texte a fait l’objet de critiques de tous les partis d’opposition, mais la ministre a porté un soin particulier à répondre à celles du Bloc québécois dans son discours d’ouverture en comité, jeudi. Le gouvernement Trudeau, réélu minoritaire en septembre, a besoin de l’appui d’au moins un parti d’opposition pour faire adopter ses projets de loi aux Communes. Et contrairement au NPD, le Bloc n’a pas fermé la porte à appuyer C-2.

« Vous avez abordé les [demandes du Bloc] dans votre allocution, merci », a remarqué Gabriel Ste-Marie. « C’était intentionnel, lui a répondu cordialement la ministre. Je veux vous remercier pour l’approche sérieuse et [de collaboration]. Peut-être qu’on sera pas toujours d’accord, mais j’apprécie l’approche constructive. »

Promesse pour les aînés

Une autre condition posée par le Bloc québécois pour l’appui au projet de loi était de régler la situation des aînés qui ont perdu leur Supplément de revenu garanti (SRG) cette année parce qu’ils ont touché des prestations d’urgence durant la pandémie.

Sur les plans technique et technologique, « on a découvert que c’est un problème un peu compliqué, a expliqué la ministre. Je suis prête à prendre devant vous un engagement public que c’est un problème pour nos aînés les plus vulnérables, et on est en train de mettre en place une solution ».

Chrystia Freeland n’a pas précisé quand ce problème serait réglé, ni si une annonce à ce sujet est prévue lors de sa mise à jour des finances publiques du Canada, mardi prochain.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) avait également talonné le gouvernement pour réclamer le rétablissement du SRG pour un nombre estimé de 90 000 aînés à faible revenu au pays. Or, ce parti exclut tout soutien à C-2, faute d’y voir le renouvellement d’autres programmes d’aide directe. Le chef, Jagmeet Singh, a expliqué que sans mesure d’appoint, comme une réforme de l’assurance-emploi, sa formation s’opposerait à la suppression de l’aide pandémique.

D’autres milliards

Le Parti conservateur, pour sa part, a très clairement exprimé son inquiétude de voir le gouvernement fédéral dépenser trop d’argent, cause alléguée de l’augmentation de l’inflation au Canada. Les échanges tendus en comité entre le porte-parole conservateur en matière de finances, Pierre Poilievre, et la ministre Chrystia Freeland ont été interrompus par de multiples appels au règlement, tantôt pour clore les envolées du premier sur le prix des maisons, tantôt pour demander à la seconde de répondre plus succinctement.

« Il est important pour les Canadiens de ne pas être trompés par [des mensonges] », a répliqué Mme Freeland, faisant valoir que les programmes pandémiques ont été nécessaires pour remettre l’économie canadienne sur pied.

Le porte-parole du Parti conservateur, Axel Rioux, a indiqué au Devoir que son parti était lui aussi prêt à appuyer C-2, en échange notamment d’une enquête sur les prestations touchées par les criminels et de meilleures mesures pour empêcher le versement d’aides d’urgence aux personnes « capables de travailler ».

Le coût des mesures proposées dans C-2 est estimé à 7,4 milliards de dollars. Selon une évaluation du directeur parlementaire du budget publiée mardi, le gros de cette somme (5,5 milliards) prendra la forme de subventions aux entreprises.

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