Les travaux parlementaires passeront en forme hybride vendredi à Ottawa

«Tous nos députés vont être ici, dans la Chambre, pour notre travail», chaque jour que le Parlement siégera, format hybride ou pas, a promis Erin O’Toole jeudi après-midi.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne «Tous nos députés vont être ici, dans la Chambre, pour notre travail», chaque jour que le Parlement siégera, format hybride ou pas, a promis Erin O’Toole jeudi après-midi.

Les libéraux ont pu compter sur l’appui des néodémocrates pour imposer le retour de la forme hybride aux travaux parlementaires.

Jeudi matin, la Chambre a adopté une motion de clôture, assurant un vote avant la fin de la journée pour faire passer la motion du gouvernement qui permettra aux élus, jusqu’en juin 2022, de participer soit en personne, soit via écrans, aux débats des Communes et des comités parlementaires.

Les bloquistes et les conservateurs s’échinaient, depuis la veille, à dénoncer ce qu’ils voient comme un plan libéral pour se défiler, en n’étant pas obligés de se présenter à Ottawa, en personne.

« Là, on discute de “on va-tu siéger ?”, “on va-tu pas siéger ?”, avec la complicité du club-école du Parti libéral, alors qu’on devrait être ici, en train de régler les problèmes, rencontrer les ministres, maintenant ! », a hurlé à pleins poumons le député bloquiste Denis Trudel, en Chambre.

« Avec un système hybride, c’est possible de rester ici, en Chambre […] chaque jour si le député le veut », lui a répondu Mark Holland, leader parlementaire du gouvernement. « J’ai déjà expliqué que les ministres vont être ici, en personne, pour répondre aux questions. Alors je demande encore, qu’est-ce que c’est, le problème ? », a ajouté M. Holland.

Bloquistes et conservateurs présents

Ça n’a pas convaincu la députée conservatrice Michelle Rempel Garner. « Le premier ministre ne veut pas se pointer au travail parce que, franchement, je crois qu’ils ont peur de devoir rendre des comptes », a-t-elle lancé à la reprise du débat.

« Pourquoi est-ce qu’on devrait garder la possibilité d’un Parlement hybride ? C’est parce qu’on est en quatrième vague. C’est parce qu’au Québec, le nombre de cas est passé de 400 par jour à 900 par jour, à peu près. Parce que la société québécoise s’est adaptée et le télétravail fait partie de nos vies maintenant », a argué, de son côté, le député néodémocrate Alexandre Boulerice.

M. Boulerice reproche aux bloquistes de se ranger du côté des conservateurs dans cette querelle.

Yves-François Blanchet a promis depuis des semaines que, format hybride ou pas, les 32 députés bloquistes seront tous là, en personne, chaque jour que le Parlement siégera.

Jeudi après-midi, le chef conservateur a pris le même engagement. « Absolument, tous nos députés vont être ici, dans la Chambre, pour notre travail », a dit Erin O’Toole, en point de presse.

Vérification des exemptions médicales

En adoptant la motion, jeudi soir, sur le retour du format hybride, la Chambre aura aussi imposé la contre-vérification des exemptions médicales pour le nombre, toujours inconnu, de députés conservateurs non vaccinés.

Le Bloc québécois appuyait cette portion de la motion. Seuls les conservateurs s’opposent à la nouvelle règle qui, selon eux, viole le droit à la vie privée des leurs.

Les conservateurs ont soulevé une question de privilège mardi soir, que le président de la Chambre a pris en délibéré, afin de se défaire au complet de la règle de la vaccination pour l’accès aux immeubles parlementaires. Ils voudraient qu’un test négatif à la COVID-19 permette aux élus d’entrer au Parlement.

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