Pandémie, économie et climat, les priorités du fédéral

La gouverneure générale du Canada Mary Simon et Justin Trudeau discutent avant la lecture du discours du Trône à Ottawa. 
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne La gouverneure générale du Canada Mary Simon et Justin Trudeau discutent avant la lecture du discours du Trône à Ottawa. 

Le premier ministre Justin Trudeau passe son premier test de la 44e législature du Parlement. Le discours du trône, dont la gouverneure générale, Mary Simon, a fait la lecture mardi après-midi, bénéficiera de l’appui d’une majorité d’élus.

En effet, le Bloc québécois « votera sans enthousiasme en faveur » de l’« énoncé très court », a indiqué le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, tout en avouant avoir du mal à bien cerner la vision d’un « avenir plus propre et plus sain » exposée dans l’allocution d’ouverture de la session parlementaire. « Néanmoins, on ne peut être contre la tarte aux pommes, et le Bloc québécois appuiera le discours du trône, même s’il fait figure de travail de cégep écrit en une demi-journée », a-t-il lancé à la presse.

L’appui du Bloc québécois évite à Justin Trudeau — qui a été réélu à la tête d’un gouvernement minoritaire le 20 septembre dernier — de devoir chercher les bonnes grâces du chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, qui, lui, entretenait mardi l’ambiguïté sur le sort réservé par son groupe parlementaire au discours du trône.

« Durable et solidaire »

Lors du dernier scrutin, les Canadiens « ont indiqué clairement la voie à suivre » par le Parlement : la construction d’un pays « durable et solidaire », a souligné Mary Simon dans un discours prononcé en anglais (78 % du discours ou 2290 mots), en français (19 % ou 562 mots) et en inuktitut (3 % ou 98 mots) devant des sénateurs, des députés ainsi que devant le juge en chef de la Cour suprême, Richard Wagner, vêtu d’un manteau rouge bordé d’hermine pour l’occasion. « Les parlementaires doivent travailler ensemble pour en finir avec la pandémie et trouver des solutions audacieuses et concrètes pour relever les autres défis », dont la croissance de l’économie, la lutte contre les changements climatiques, la réconciliation entre les Autochtones et les allochtones et le maintien de collectivités « sécuritaires, saines et inclusives », a-t-elle plaidé.

La représentante du monarque Élisabeth II au Canada a fait écho au désarroi éprouvé par la population montréalaise face à la flambée de violence par armes à feu. Elle a notamment rappelé que le gouvernement fédéral donne les coudées franches non seulement aux municipalités, mais également aux provinces pour resserrer le contrôle des armes de poing sur leur territoire. « Le gouvernement a pris des mesures importantes comme la vérification des antécédents à vie. Le gouvernement introduira maintenant des mesures comme le rachat obligatoire des armes d’assaut déjà interdites », a-t-elle mentionné, le collier de chancelier de l’Ordre du Canada autour du cou, une Apple Watch autour du poignet.

Mary Simon a aussi réitéré l’engagement du gouvernement à favoriser la réconciliation entre les Autochtones et les allochtones en « transform[ant] la culpabilité qui nous accable en actions concrètes ». « La réconciliation n’est pas un geste ponctuel assorti d’une échéance. La réconciliation est le cheminement de toute une vie vers la guérison, le respect et la compréhension », a précisé la native du Nunavik.

La « priorité absolue » du gouvernement libéral demeure le « contrôle » de la COVID-19, qui a enlevé la vie à près de 30 000 Canadiens jusqu’à ce jour, a souligné Mary Simon.

La gouverneure générale a également réaffirmé la volonté de l’équipe de Justin Trudeau de « renforcer » les soins de longue durée et les services de santé mentale en « travaill[ant] avec les provinces », soit les premières concernées. Elle n’a toutefois pas réitéré le souhait du chef du gouvernement d’imposer des « normes nationales » en matière de santé mentale et de soins de longue durée applicables d’un océan à l’autre.

Le Parti libéral du Canada n’a pas tiré un trait sur l’idée d’assujettir les provinces à certaines normes pour autant, a spécifié un conseiller politique. Le gouvernement Trudeau demeure convaincu de la nécessité d’investir neuf milliards de dollars sur cinq ans afin de « garant[ir] des conditions plus sécuritaires pour les aînés » de sorte d’éviter de nouvelles « tragédies » comme celles survenues dans les CHSLD du Québec lors de la première vague de cas de COVID-19.

Changements climatiques

Par ailleurs, la gouverneure générale a soutenu, lors de son passage dans la Chambre du Sénat, qu’il est temps d’« aller plus vite vers une électricité complètement carboneutre », notamment en plafonnant et en réduisant les émissions de gaz à effet de serre des secteurs pétrolier et gazier, en favorisant le transport collectif et en obligeant la vente de véhicules zéro émission. « Notre planète est en danger. […] Nous devons passer de la parole aux actes et nous adapter là où c’est nécessaire. Le temps presse », a-t-elle laissé tomber.

D’autre part, Mary Simon a affirmé la volonté du gouvernement libéral de renforcer sa présence dans « des coalitions, des organisations et des partenaires internationaux » afin de faire entendre sa voix sur la situation en Arctique, mais également en zone indopacifique.

Le chef de l’opposition officielle, Erin O’Toole, a dénoncé mardi les « dépenses » libérales qui accélèrent l’« inflation », l’« idéologie » libérale qui attise la « division », la « médiocrité » libérale qui empêche l’« action ». « Nous sommes ici pour défendre le Canada », a-t-il dit, avant de se faire questionner, une énième fois, sur le nombre de députés non vaccinés dans les rangs du Parti conservateur.

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