Un Canada post-pandémique plus juste et plus vert

La gouverneure générale, Mary Simon, lors de la Journée internationale des Inuit
Photo: Patrick Doyle La Presse canadienne La gouverneure générale, Mary Simon, lors de la Journée internationale des Inuit

La gouverneure générale, Mary Simon, exposera mardi en anglais, en français et en inuktitut la vision d’un Canada déterminé à chasser la COVID-19, mais aussi à favoriser la justice sociale et à intensifier la lutte contre les changements climatiques.

La vice-reine « est fière d’incorporer trois langues dans le discours du trône » mis au point par l’équipe du premier ministre Justin Trudeau, a fait remarquer un membre de sa garde rapprochée à la veille de l’ouverture de la première session de la 44e législature du Parlement canadien. Depuis son arrivée à Rideau Hall, la native du Nunavik « suit régulièrement des cours de français », dont elle « reconnaît l’importance », a-t-il précisé.

La gouverneure générale précisera notamment comment le gouvernement compte « mettre la pandémie [de COVID-19] derrière nous et poursuivre la croissance » économique, a affirmé le leader du gouvernement à la Chambre des communes, Mark Holland, lundi. En plus de rappeler la volonté du gouvernement libéral de favoriser l’accès à la propriété ou à un logement abordable, Mary Simon soulignera l’intention de l’équipe de Justin Trudeau d’accélérer la réduction des émissions de GES et de poursuivre la réconciliation avec les nations autochtones.

Selon les informations recueillies par Le Devoir, le discours du trône livré par la nouvelle « GG » sera nettement plus court que celui de 2015, prononcé par David Johnston, et ceux de 2019 et 2020, lus par Julie Payette.

Le gouvernement libéral donnera la priorité à quatre projets de loi, qu’il a bon espoir de voir déposés, étudiés et adoptés par le Parlement en moins de quatre semaines — soit avant l’ajournement des travaux pour le congé des Fêtes le 17 décembre prochain.

Premièrement, un projet de loi établissant un programme d’aide pour « les secteurs qui sont [toujours] touchés négativement par la pandémie où les individus ont besoin d’un soutien continu ».

Deuxièmement, un projet de loi visant à criminaliser le blocage des accès à des établissements de soins de santé et tout geste d’intimidation à l’endroit des travailleurs et des patients qui les empruntent en vue de donner ou de recevoir des services.

Troisièmement, un projet de loi établissant un minimum de 10 jours de congé payé en cas de maladie dans les milieux de travail sous réglementation fédérale.

Quatrièmement, un projet de loi visant à criminaliser les thérapies de conversion destinées aux personnes LGBTQ+.

« Avec de la bonne volonté [de tous les partis politiques], toutes les choses que j’ai mentionnées peuvent être adoptées par le Parlement d’ici la période de Noël », a dit M. Holland à la presse, tout en précisant qu’il n’aura pas de patience pour les « jeux politiques ».

M. Holland ignorait toutefois lundi quand le projet de loi dépoussiérant la Loi sur les langues officielles sera soumis à l’attention des députés. « Ça doit être une priorité du gouvernement. Pas seulement de belles paroles lors d’une campagne électorale. Au travail ! » a aussitôt gazouillé le député conservateur Alain Rayes.

Les promesses électorales faites au cours de l’été — « introduire, à l’intérieur de 100 jours, le projet de loi visant l’égalité réelle du français et de l’anglais et le renforcement de la Loi sur les langues officielles », par exemple — tiennent toujours, a assuré un conseiller politique du leader du gouvernement au Devoir.

Retour en personne

La salle des Communes s’est remplie presque entièrement lundi, pour la première fois depuis le début de la pandémie de COVID-19, en mars 2020, et ce, pour l’élection du président de la Chambre des communes.

Les députés ont renouvelé leur confiance, au moyen d’un vote secret, à l’égard d’Anthony Rota. Le premier ministre et le chef de l’opposition officielle, Erin O’Toole, ont traîné de force l’élu ontarien jusqu’au fauteuil du président d’où il était parvenu à diriger les travaux parlementaires sans perdre la tête de 2019 à 2021. M. Rota a feint de résister, pliant les chevilles par moments, se rappelant que sept présidents de la Chambre des communes de Westminster ont connu une mort prématurée entre le XIVe et le XVIe siècle.

Carol Hughes (NPD), Elizabeth May (Parti vert) et Alexandra Mendès (PLC) ont échoué dans leur tentative d’inscrire leur nom sous celui de Jeanne Sauvé, qui demeure, à ce jour, la seule femme à avoir été élevée présidente de la Chambre des communes (1980-1984). « [Cela fait 37 années, un] nombre d’années considérable, avouons-le, depuis qu’une femme a occupé le fauteuil. Vous conviendrez peut-être avec moi que cela commence à faire pas mal long », avait déclaré Mme Mendès avant le scrutin.

« Maintenant que nous avons un président, c’est le temps de retourner au travail », a lancé M. Rota, décrivant son approche comme « ferme, juste et respectueuse ».

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