La COVID-19 place les conservateurs sous les projecteurs

Quatre élus conservateurs, dont Richard Lehoux, manquaient à l’appel lundi alors que l’élection d’un président de la Chambre nécessitait leur présence en personne.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Quatre élus conservateurs, dont Richard Lehoux, manquaient à l’appel lundi alors que l’élection d’un président de la Chambre nécessitait leur présence en personne.

Presque tous les députés conservateurs étaient de retour sur les bancs de la Chambre des communes pour la rentrée parlementaire, lundi, même si l’un de leurs collègues a été infecté à la COVID-19 peu après leur plus récente réunion et qu’un nombre inconnu d’entre eux ne seraient toujours pas doublement vaccinés.

« Tout est beau, comme tout le monde, on a suivi les règles de santé publique. » En compagnie de ses collègues conservateurs, le député québécois Alain Rayes s’est engouffré dans l’édifice de l’Ouest du Parlement d’Ottawa, lundi midi, pour la première journée de séance depuis l’élection du 20 septembre dernier.

Aux questions pressantes des journalistes sur cette première journée où le passeport vaccinal est exigé pour entrer aux Communes, le député Pierre Paul-Hus a simplement brandi son téléphone intelligent. Y était affiché son code QR, désormais célèbre symbole de la complète vaccination.

Durant le week-end, l’ensemble du caucus conservateur québécois a dû passer un test de dépistage à la COVID-19 après qu’un de leur collègue, le député de Beauce, Richard Lehoux, bien que doublement vacciné, ait reçu un test positif à l’infection samedi. L’avant-veille, M. Lehoux assistait aux réunions du caucus conservateur, qui comprend un nombre inconnu de membres non vaccinés.

Le Parti conservateur du Canada indique avoir respecté toutes les règles édictées par la Santé publique d’Ottawa en cas de contact prolongé à moins de deux mètres d’une personne infectée. Or, selon ces règles, les personnes non vaccinées doivent s’isoler immédiatement jusqu’à ce qu’ils aient subi un test de dépistage, au moins sept jours après leur contact avec la personne infectée.

Exceptions remises en question

Citant la confidentialité des informations personnelles, les conservateurs refusent toujours de spécifier combien, parmi leurs 119 élus, n’ont pas été adéquatement vaccinés. En entrevue à Radio-Canada dimanche, le chef Erin O’Toole a promis que tous ses députés seraient en mesure de siéger aux Communes, où le sergent d’armes a maintenant la responsabilité de vérifier les attestations vaccinales. Tous les conservateurs non vaccinés bénéficieraient d’une exemption médicale, selon le chef.

Cette prétention a semblé très étrange au Parti libéral, a fait savoir le leader du gouvernement en Chambre, Mark Holland. « C’est impossible qu’il y ait [autant] d’exemptions médicales. Ce n’est pas logique », a-t-il lâché devant les journalistes. Il a plus tard reconnu n’avoir aucune idée du nombre de députés conservateurs souhaitant se prévaloir d’une telle exception à la vaccination.

Il cite l’estimation de responsables de la Santé publique ontarienne selon laquelle une fraction d’à peine une à cinq personnes sur 100 000 souffrirait de l’une des rares maladies justifiant de les exempter du vaccin contre la COVID-19. M. Holland souhaite que l’administration de la Chambre puisse vérifier que, pour tous ceux qui allèguent des raisons médicales pour ne pas se faire vacciner, « l’exemption existe » réellement. Il y va de la sécurité du travail au Parlement, dit-il.

Dans un courriel, le Bloc québécois a indiqué lundi « [voir] d’un bon œil que les exemptions médicales accordées à certains membres du caucus conservateur soient contre-vérifiées, selon certaines conditions fixées par le Bureau de la régie interne ». Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a dit avoir lui aussi « des doutes » quant aux explications des conservateurs.

La députation du Bloc et du NPD est composée d’élus entièrement vaccinés. Jusqu’à tout récemment, une membre du caucus libéral disait bénéficier d’une exception médicale à la vaccination. Puisque « la situation a évolué », selon le leader libéral lundi, l’ensemble des élus de son parti sont désormais entièrement vaccinés.

Absences justifiées

En plus du député Richard Lehoux, toujours en isolement, trois autres élus conservateurs manquaient à l’appel, lundi, alors que l’élection d’un président de la Chambre nécessitait leur présence en personne. Selon le parti, aucune de ces absences n’a de lien avec la COVID-19 ni avec l’obligation de vaccination.

Le député de Colombie-Britannique Mark Strahl est resté dans sa circonscription touchée par les inondations, et le député albertain Arnold Viersen a indiqué être en déplacement vers Ottawa, afin d’être présent pour siéger mardi. Finalement, le député de la ​Saskatchewan Robert Kitchen n’a pas répondu aux courriels du Devoir pour justifier son absence, mais le chiropraticien de formation a déjà publiquement encouragé la vaccination.

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