Erin O’Toole menace d’expulser les membres contestataires de son caucus

Erin O'Toole a déjà expulsé une sénatrice qui demandait son départ. 
Photo: Sean Kilpatrick (Archives) La Presse canadienne Erin O'Toole a déjà expulsé une sénatrice qui demandait son départ. 

Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Erin O’Toole, prévient les membres de son caucus tentés de le contester qu’ils pourraient ne plus « faire partie de l’équipe » s’ils n’appuient pas son leadership et ses priorités.

« Nous sommes unis comme une équipe, et nous nous concentrons sur trois choses : l’économie hors de contrôle, un gouvernement libéral corrompu […] et une approche professionnelle pour gérer la pandémie. Quiconque n’est pas à cette page, qui ne met pas l’équipe et le pays en premier, ne fera pas partie de l’équipe », a indiqué M. O’Toole, avant d’entrer en réunion de caucus avec ses 118 collègues députés, en plus des sénateurs conservateurs, à Ottawa, mercredi.

La veille, le chef avait « expulsé du caucus national » la sénatrice conservatrice Denise Batters. La sénatrice nommée par l’ancien premier ministre Stephen Harper avait lancé une pétition pour soumettre rapidement Erin O’Toole à un vote de confiance des militants.

« Je suis et je serai toujours une conservatrice. Il est ironique qu’Erin O’Toole me renvoie du caucus national conservateur pour avoir demandé d’adhérer à des principes et à des politiques que nos membres conservateurs ont appuyés », a réagi la sénatrice dans une déclaration, mercredi matin. Celle-ci note qu’un autre sénateur qui a demandé un tel vote de confiance n’a fait face à aucune sanction.

« Le fait qu’il [M. O’Toole] réplique à cela avec des menaces et de l’intimidation en dit beaucoup », conclut-elle.

« On a une crise d’unité maintenant, on a une crise d’inflation maintenant, on a des questions, des incertitudes sur la pandémie. On doit être prêts pour gouverner et professionnels comme députés, comme sénateurs, et ce n’était pas le cas pour madame Batters », a commenté mercredi Erin O’Toole.

Tous les dix élus conservateurs québécois ont témoigné de leur soutien envers le chef Erin O’Toole, la plupart publiquement sur leurs médias sociaux.

Passeport vaccinal au parlement

Les élus conservateurs sont réunis mercredi et jeudi à Ottawa pour préparer la prochaine session parlementaire, qui débute en personne lundi, plus de deux mois après les élections générales du 20 septembre. Tous les élus devront toutefois être entièrement vaccinés pour y entrer, selon une directive émise par le président de la Chambre, ce qui laisse présager un problème pour d’éventuels députés conservateurs non vaccinés.

Le chef conservateur entend contester cette décision dès qu’il en aura l’occasion. Son parti refuse toutefois de dévoiler combien d’élus ont refusé l’inoculation, tout comme il ne voulait pas indiquer combien de candidats n’étaient pas vaccinés contre la COVID-19 lors de la campagne électorale. Les députés de tous les autres partis ont assuré être entièrement vaccinés.

Les discussions au sein du caucus conservateur risquent d’être tendues, puisqu’un groupe au sein du parti aurait entamé des démarches pour s’unir au sein d’un « minicaucus » à la défense des Canadiens non vaccinés. Le « caucus des libertés civiles » compterait de 15 à 30 députés et sénateurs conservateurs, de l’estimation de l’instigatrice, l’élue Marilyn Gladu. Aucun autre élu n’a toutefois affiché son soutien à cette cause depuis. Quant à Marilyn Gladu, elle a par la suite été rabrouée par son chef pour avoir laissé entendre que le coronavirus était moins terrible que la polio.

Avec La Presse canadienne

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