COP26: Guilbeault minimise le mot «inefficaces» pour l’arrêt des subventions aux énergies fossiles

En point de presse à Glasgow, le ministre Steven Guilbeault a assuré que le Canada respectera son engagement d’éliminer ces subventions d’ici 2023, «toutes» ces subventions.
Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse En point de presse à Glasgow, le ministre Steven Guilbeault a assuré que le Canada respectera son engagement d’éliminer ces subventions d’ici 2023, «toutes» ces subventions.

Le ministre canadien de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, ne veut pas faire de cas de l’ajout du qualificatif « inefficaces » à l’engagement pris, à la COP26, pour l’élimination des subventions aux énergies fossiles.

Alors qu’on ajuste les derniers mots et les dernières virgules à la déclaration finale de ce sommet, des groupes environnementalistes ont dénoncé cet adjectif et d’autres « termes ambigus » dans les brouillons des documents qui circulent. Les pays s’engageraient ainsi à éliminer, sans s’imposer une date pour ce faire, les subventions aux énergies fossiles « inefficaces ».

« Tristement, nous avons vu la main de ceux qui profitent des énergies fossiles intervenir dans ce texte pour le diluer », a accusé la militante canadienne Catherine Abreu, de DestinationZero.earth, vendredi à Glasgow.

Mme Abreu a rappelé que ce qualificatif « inefficaces » a été accolé au terme « subventions aux énergies fossiles » au G20, il y a 12 ans. « Et nous n’avons vu aucun progrès vers l’élimination de ces subventions depuis qu’on a ce vocabulaire », a-t-elle dénoncé.

Lorsqu’il a tenu, à son tour, un point de presse au sommet de Glasgow, le ministre Guilbeault a cherché à calmer la donne.

« Le qualificatif “inefficaces” est très important pour certains, moins pour d’autres », a-t-il dit à propos des représentants des pays qui participent à la COP26.

Plus de subvention pour augmenter la production

« Moi, ce que je vous dis, c’est que nous, en tant que pays, nous allons éliminer toutes les subventions qui permettent d’augmenter la production des énergies fossiles. On peut les appeler comme vous voulez après ça, mais notre engagement à nous, c’est de toutes les éliminer », a assuré M. Guilbeault.

Le gouvernement Trudeau a promis d’éliminer ces subventions d’ici 2023.

Ce sommet est la 26e tentative de trouver un moyen de ralentir le réchauffement de la planète.

Le ministre Guilbeault a affiché son optimisme pour la suite des choses.

« Oui, je crois que 1,5 °C est encore atteignable », a-t-il offert, faisant référence au maximum de réchauffement de la planète qu’il ne faudrait pas dépasser.

Pour atteindre cet objectif, oui, le ministre aimerait que le Canada produise moins de pétrole et moins de gaz. Or, selon les dernières prévisions du gouvernement canadien, la production de ces énergies fossiles augmenterait de 17 % entre 2019 et 2040.

« Ce n’est pas le gouvernement fédéral, ce n’est pas le Canada, qui émet des permis au niveau de l’extraction des ressources naturelles, mais bien les provinces », a souligné M. Guilbeault, en réponse à la question d’un journaliste.

Il a noté que le gouvernement fédéral n’a compétence que pour diminuer la pollution, d’où ses interventions pour mettre un prix sur le carbone et fixer des objectifs de réduction des émissions des gaz à effet de serre (GES). Il croit que ces décisions fédérales mèneront à une réduction de « notre dépendance aux combustibles fossiles ».

Alors, que dire des permis que les provinces continuent à distribuer pour de nouvelles exploitations d’énergies fossiles ?

« C’est clair qu’on ne peut pas […] réduire les émissions de GES si notre dépendance aux combustibles fossiles se maintient ou même augmente au cours des prochaines années. C’est vrai pour le Canada. C’est vrai pour l’ensemble des pays de la planète », a tranché le ministre.

Le sommet de Glasgow devait se terminer vendredi, mais les négociations se poursuivaient pour la rédaction d’une déclaration finale qui fasse l’affaire de tous. On s’attendait à ce que les discussions s’étirent pendant plusieurs heures encore.

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