Annamie Paul officialise son départ

La cheffe des verts a passé l’essentiel de la dernière campagne électorale à ratisser sa propre circonscription, Toronto-Centre, où elle a terminé en quatrième place.
Photo: Chris Young La Presse canadienne La cheffe des verts a passé l’essentiel de la dernière campagne électorale à ratisser sa propre circonscription, Toronto-Centre, où elle a terminé en quatrième place.

Plus de six semaines après avoir annoncé publiquement son départ tout en restant discrètement aux commandes du Parti vert du Canada, Annamie Paul a annoncé de nouveau mercredi qu’elle démissionnait de son poste de cheffe, en plus de claquer la porte du parti.

« Aujourd’hui, j’ai envoyé un avis officiel de ma démission au PVC [Parti vert du Canada] », a annoncé Mme Paul sur sa page Twitter mercredi midi.

 

Même si elle avait déjà annoncé le 27 septembre qu’elle laisserait sa place comme cheffe, lors d’une conférence de presse où elle n’a répondu à aucune question, la candidate verte aux élections de 2021 est, dans les faits, restée en poste. Tant et si bien que son parti a commencé une révision automatique de son leadership, comme le veut sa constitution en cas de défaite électorale.

Le résultat du vote par les membres devait être connu à la fin novembre. Annamie Paul avait besoin d’un appui de 60 % pour rester. À en croire sa courte déclaration sur Twitter, elle a plutôt décidé de quitter non seulement son poste, mais aussi son parti.

« Je vais aussi mettre fin à mon adhésion au PVC. C’était un honneur de travailler pour la population du Canada, et j’ai hâte de servir d’une nouvelle façon », poursuit le message d’Annamie Paul.

Le porte-parole du parti expliquait en octobre que Mme Paul devait rester cheffe « jusqu’à ce que sa démission soit conclue ». L’entourage de la cheffe avait évoqué le 27 septembre une période de transition de deux semaines, période qui s’est transformée en « quelques semaines » dès le lendemain.

« J’aimerais bien voir la date que cette démission-là va entrer en vigueur. La première fois qu’elle avait démissionné, moi je pensais que c’était pour prendre effet rapidement », a déclaré au Devoir Alex Tyrrell, chef du Parti vert du Québec.

Selon lui, le report de la démission de Mme Paul a eu des effets désastreux sur le Parti vert. « Pendant cette période-là, le parti n’a pas pu commenter l’actualité. » Il se dit toutefois optimiste pour la suite, arguant que le Bloc québécois a pu se remettre sur pied après les déchirements qu’il a connus lorsque Martine Ouellet était la cheffe.

« Pour le vote de révision du leadership, une firme a été embauchée. Ça nous a coûté des sous, ce qui aurait pu être évité », relève pour sa part Daniel Green, ex-chef adjoint du Parti vert.

« J’aurais souhaité dans l’intérêt de tous qu’elle parte plus rapidement, et maintenant nous allons pouvoir tourner la page de ce chapitre de l’histoire du parti », a indiqué le président de l’aile québécoise du Parti vert du Canada, Luc Joli-Cœur, dans une déclaration.

Compensation

Annamie Paul et son parti s’affrontaient devant les tribunaux depuis juillet sur la validité d’un arbitrage qui empêchait les verts de renvoyer leur cheffe contestée à l’interne, en particulier par l’aile québécoise du parti. La question d’une compensation pour les frais juridiques déboursés par Mme Paul dans cette affaire faisait partie des éléments centraux des discussions sur son départ.

Il n’était pas clair, mercredi, si une entente était survenue entre Mme Paul et le Parti vert. Le responsable des communications du parti, John Chenery, n’était pas en mesure de dire si le processus judiciaire devant la Cour supérieure de justice de l’Ontario suivait toujours son cours, ni pourquoi Annamie Paul avait annoncé une nouvelle fois sa démission. Au moment où ces lignes étaient écrites, la date officielle de départ de Mme Paul n’a pas pu être confirmée.

La cheffe des verts a passé l’essentiel de la dernière campagne électorale à ratisser sa propre circonscription, Toronto-Centre, où elle a terminé en quatrième place. À l’échelle du pays, le Parti vert du Canada est arrivé sixième dans le nombre de votes exprimés, avec 2,3 % des voix, derrière le Parti populaire de Maxime Bernier.

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