Le Bloc s’estime incontournable pour le gouvernement minoritaire libéral

«Si le gouvernement veut faire progresser des enjeux qui touchent le Québec et que le Québec soit plutôt content, ce n’est pas le NPD qui est l’interlocuteur, c’est le Bloc québécois», a insisté Yves-François Blanchet.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne «Si le gouvernement veut faire progresser des enjeux qui touchent le Québec et que le Québec soit plutôt content, ce n’est pas le NPD qui est l’interlocuteur, c’est le Bloc québécois», a insisté Yves-François Blanchet.

Maintenant que le scénario d’une entente formelle entre le gouvernement libéral minoritaire et l’opposition néodémocrate est écarté, le Bloc québécois prévient qu’il est incontournable pour la suite des choses.

Selon le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, tout enjeu qui touche le Québec devra forcément passer par lui et non pas par Jagmeet Singh.

« Maintenant, on ne peut pas perdre. Et je réinsiste là-dessus. Si le gouvernement veut faire progresser des enjeux qui touchent le Québec et que le Québec soit plutôt content, ce n’est pas le NPD qui est l’interlocuteur, c’est le Bloc québécois. Et si le gouvernement contourne le Bloc québécois pour imposer ses politiques, on a le droit de présumer que c’est parce qu’elles ne sont pas bonnes pour le Québec », a argué M. Blanchet, en conférence de presse mercredi matin, jour de réunion de caucus de sa formation.

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Il a poursuivi son raisonnement en affirmant que, si les libéraux s’entendent sur un enjeu avec le Nouveau Parti démocratique (NPD), « on peut supposer que c’est parce que ce ne sera pas si bon que ça pour le Québec ».

Il pourrait alors, a-t-il fait valoir, « démontrer » une fois de plus que « le système canadien ne sert pas le Québec intrinsèquement ».

Lors de cette sortie devant les journalistes, M. Blanchet a répété l’intention des 32 députés bloquistes d’être présents en personne aux Communes à partir du 22 novembre. Les bloquistes s’opposent au retour de la forme hybride instaurée au plus fort de la pandémie de COVID-19 et qui permettait aux élus de participer de loin et via écrans aux travaux parlementaires.

« Lorsqu’on nous dit c’est nécessaire de garder la formule hybride, on nous sort des arguments bidon », a lancé M. Blanchet, qui y voit des « faux-fuyants », des « prétextes pour ne pas se déplacer », des « prétextes pour ramollir la reddition de comptes », et même une « petite paresse ».

Pour rétablir cette forme dès le premier jour, il faudrait une motion unanime de tous les partis. Sinon, il y aura motion, débat et vote ; un exercice qui prendra quelques jours.

Le leader parlementaire bloquiste, Alain Therrien, ne semblait pas prêt, mercredi, à permettre une unanimité, ne serait-ce que pour la journée du 22 novembre alors que les élus se choisiront un président de la Chambre.

S’il reste campé sur sa position, un certain nombre de députés conservateurs non vaccinés, et donc interdits d’accès aux immeubles parlementaires, ne pourront pas participer à l’élection du président de la Chambre des communes.



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