Le Bloc veut qu’un des nouveaux sièges au Parlement revienne au Québec

Yves-François Blanchet exige que le poids du Québec soit augmenté au Parlement, sans égard à son poids démographique.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Yves-François Blanchet exige que le poids du Québec soit augmenté au Parlement, sans égard à son poids démographique.

Si quatre nouveaux sièges doivent être ajoutés au Parlement fédéral, au moins un devrait revenir au Québec, exige le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, qui entend faire inscrire une « clause nation » au futur projet de loi sur la question.

« L’enjeu, ce n’est pas un siège. C’est le poids du Québec au sein de cette fédération », a précisé M. Blanchet lors d’un point de presse à Ottawa, vendredi.

Une semaine auparavant, Élections Canada a suggéré un nouveau redécoupage électoral pour après 2024, dans lequel le nombre de sièges passerait de 338 à 342. Cinq nouvelles circonscriptions seraient créées en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique, en fonction de l’augmentation de leur population. Le Québec est la seule province destinée à perdre un siège.

La proposition a soulevé une levée de boucliers au Québec au cours de la semaine. Le gouvernement Legault s’est opposé à la perte d’un siège fédéral pour le Québec, tout comme la cheffe libérale Dominique Anglade, qui a écrit une lettre à Justin Trudeau pour souligner son opposition à cette idée.

Le premier ministre Trudeau a commenté le dossier, jeudi. « Nous sommes en train de regarder cette proposition soumise par Élections Canada, a-t-il dit. Nous allons avoir beaucoup de temps pour en discuter […] J’entends très clairement la préoccupation de plusieurs Canadiens, dont les Québécois, par rapport à la proposition d’Élections Canada, et nous allons continuer de travailler là-dessus. »

Selon le chef du Bloc québécois, les réactions à la perte d’un siège fédéral au Québec ont été trop « timides ». Il ne veut pas se contenter de ne pas faire reculer le nombre de parlementaires québécois à Ottawa, mais souhaite faire augmenter leur nombre si jamais d’autres provinces étaient elles aussi plus représentées. Cela, sans égard au fait que l’augmentation de leur population est plus rapide que celle du Québec.

Étant donné la reconnaissance du statut de nation du Québec par le Parlement, « il est exclu que le poids du Québec à l’intérieur du Parlement fédéral fasse autre chose qu’augmenter », tranche Yves-François Blanchet.

Il demande aux autres partis fédéraux de lui donner son appui dans ce projet, et propose d’ajouter une « clause nation » au texte législatif du redécoupage prévu. « On a droit à une certaine gourmandise légitime en termes de poids », a-t-il illustré.

Le chef bloquiste souhaite prendre part à des discussions approfondies pour étudier les options possibles, comme inscrire un nombre maximal de sièges aux Communes afin de ne pas augmenter sans cesse le nombre de députés, comme c’est le cas à l’Assemblée nationale du Québec.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a réitéré vendredi son opposition à la perte d’un siège fédéral au Québec. Son chef, Jagmeet Singh, promet de « se battre pour [ne] pas que ça se passe » et de s’assurer « que le poids du Québec ne soit pas menacé lors du redécoupage ».

En 2012, le NPD a déposé un projet de loi qui avait pour but de geler la proportion de députés québécois aux Communes à sa proportion de 2006, année où le Québec a été reconnu comme nation par le Parlement. Cette proportion était alors de 24,4 %. Le projet de loi a été défait par l’opposition des conservateurs et des libéraux. La proportion de députés québécois à Ottawa est maintenant de 23 %, et glisserait à 22,5 % selon la plus récente proposition d’Élections Canada.

À Québec, François Legault a réitéré vendredi la position de son gouvernement, selon laquelle le poids de la nation québécoise aux Communes ne peut surtout pas s’abaisser. « C’est un test pour Justin Trudeau. Parce que c’est beau de reconnaître que le Québec est une nation. Maintenant, il faut qu’il y ait des [actions] », a signifié le premier ministre.

Avec François Carabin

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