L’assermentation des ministres du gouvernement Trudeau sera le 26 octobre

Pour ouvrir la nouvelle session parlementaire, le gouvernement Trudeau présentera un nouveau discours du Trône, dans lequel il exposera notamment son plan pour en finir avec la COVID-19.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Pour ouvrir la nouvelle session parlementaire, le gouvernement Trudeau présentera un nouveau discours du Trône, dans lequel il exposera notamment son plan pour en finir avec la COVID-19.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé vendredi que la cérémonie d’assermentation du Conseil des ministres se déroulerait dans 11 jours, le 26 octobre, et que la rentrée parlementaire aurait lieu près d’un mois plus tard, le 22 novembre.

Dans un communiqué publié en matinée, le premier ministre assure que la parité hommes-femmes sera maintenue au sein du nouveau Conseil des ministres.

Pour ouvrir la nouvelle session parlementaire, le gouvernement du Canada présentera un nouveau discours du Trône, dans lequel il exposera notamment son plan pour en finir avec la COVID-19.

Parmi les priorités du gouvernement figure le dépôt d’un nouveau projet de loi visant à interdire les thérapies de conversion jugées néfastes. Le projet de loi s’était rendu jusqu’au Sénat dans la dernière législature, mais est mort au feuilleton avec la dissolution du Parlement.

Ottawa veut aussi faire avancer les travaux visant à instaurer un congé de maladie payé de 10 jours pour les travailleurs sous réglementation fédérale, et regrouper les efforts déployés par les provinces et les territoires pour améliorer les congés de maladie offerts aux Canadiens où qu’ils soient au pays.

Vaccination des députés

Le premier ministre Trudeau a indiqué qu'il communiquera avec les chefs des partis d’opposition afin de discuter avec eux des priorités des citoyens lors d’appels téléphoniques qui auront lieu au début de la semaine prochaine. Au menu des discussions, notamment, l’assurance que tous les députés de la Chambre des communes sont entièrement vaccinés contre la COVID-19.

Les libéraux, les bloquistes et les néodémocrates s’entendent sur l’importance pour tous les députés de se faire vacciner avant d’entrer dans les édifices parlementaires. Le flou persiste sur la position des conservateurs, qui ont refusé jusqu’ici de dévoiler combien de leurs députés sont pleinement vaccinés.

En même temps, le Parti conservateur et le Bloc québécois souhaitent un retour aux séances en personne et s’opposent fermement à l’option hybride — avec un nombre limité d’élus en personne à la Chambre des communes et les autres présents de façon virtuelle — utilisée lors des dernières vagues de la pandémie.

Les libéraux ont fait de la vaccination obligatoire un thème central de leur campagne électorale. Depuis leur réélection, ils ont annoncé que la fonction publique fédérale ainsi que les employés et passagers des modes de transport sous juridiction fédérale (train, avion) devront être doublement vaccinés.

Le premier ministre Trudeau est d’avis que les députés fédéraux doivent eux aussi se soumettre aux mêmes exigences. « Les Canadiens s’attendent à ce que leurs représentants élus donnent l’exemple dans la lutte contre ce virus, et le premier ministre soulèvera cette question auprès des autres dirigeants », peut-on lire dans le communiqué diffusé par son bureau.

L’Agence de la santé publique du Canada a admis vendredi ne pas avoir été consultée sur le retour probable de 338 élus aux Communes. Et elle n’a pas voulu se prononcer spécifiquement sur la vaccination des députés, sinon pour dire que tous les travailleurs dans tous les milieux devraient se faire vacciner s’ils n’ont pas de contre-indication médicale.

« Les vaccins sont efficaces, mais pas à 100 %. Donc je pense que c’est très important d’aussi avoir les autres mesures de santé publique si c’est possible, la distanciation, le port du masque, … Toutes les autres bonnes mesures déjà éprouvées […] pour protéger tous les participants dans un espace clos n’importe où », a soutenu le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique.

Trop lent, disent les oppositions

De retour au Parlement, les députés devront s’occuper rapidement du dossier des prestations d’aide aux entreprises liées à la COVID-19. L’aide au loyer commercial et la subvention salariale pour les entreprises doivent prendre fin vers la fin du mois d’octobre, mais le gouvernement peut décider de les prolonger jusqu’en novembre. D’autres mesures législatives seront nécessaires pour les prolonger davantage.

Les partis d’opposition ont condamné en bloc la lenteur du gouvernement libéral à rappeler le Parlement, après avoir répété tout au long de la campagne électorale qu’il y avait urgence d’agir.

« Il est inacceptable qu’en pleine quatrième vague de la pandémie de COVID-19, Justin Trudeau attende 63 jours avant de retourner travailler. Ce sont 63 jours où les députés devraient travailler à la Chambre des communes pour répondre à la pandémie, à l’inflation, aux pénuries de main-d’œuvre et à d’autres enjeux importants pour les Canadiens », a déploré Gérard Deltell, du Parti conservateur.

« Un tel scénario est inacceptable à notre avis, alors que plusieurs programmes doivent être renouvelés et que la situation sanitaire perdure », a renchéri Alain Therrien, du Bloc québécois.

Quels nouveaux ministres ?

Environ une semaine après l’élection, le premier ministre Trudeau avait déjà confirmé que Chrystia Freeland serait reconduite comme vice-première ministre et ministre des Finances au sein de son gouvernement.

Il reste à voir s’il décidera de laisser ses ministres dans leurs fonctions actuelles ou s’il décidera de brasser les cartes. La pression est forte pour nommer un nouveau ministre de la Défense nationale, alors que les Forces armées canadiennes font face à une crise majeure impliquant des hauts gradés visés par des allégations d’inconduite sexuelle.

Le premier ministre devra aussi pallier la perte de quatre ministres femmes — une qui a décidé de ne pas se représenter aux dernières élections et trois qui n’ont pas été réélues. À cela s’ajoute l’arrivée fort probable au cabinet d’au moins un de deux hommes qui ont été élus en Alberta le 20 septembre dernier.

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