Arielle Kayabaga, députée de London-Ouest

Arielle Kayabaga fait partie de plusieurs minorités à la fois, mais n’en fait pas toute son identité.
Photo: Facebook Arielle Kayabaga fait partie de plusieurs minorités à la fois, mais n’en fait pas toute son identité.

Immigrante. Noire. Franco-Ontarienne. Arielle Kayabaga a grandi bien consciente de faire partie de diverses minorités canadiennes. Mais si elle reconnaît que ce sont ces pans de son identité qui l’ont poussée à s’impliquer en politique, elle refuse en revanche de se limiter à se définir ainsi.

« Cela fait partie de qui je suis, mais ce n’est pas tout ce que je suis », insiste la jeune élue de 30 ans. « Il est plus facile pour moi de comprendre les réalités de différentes personnes, aux différentes expériences de vie », note cependant cette mère célibataire d’un garçon de 12 ans. « Parce que j’ai déjà vécu ce que c’est que d’être francophone dans une ville qui n’est pas francophone. J’ai vécu ce que c’est qu’être immigrante dans ce pays, être une femme noire dans ce pays, et être une jeune Canadienne aussi. »

Arielle Kayabaga est arrivée du Burundi comme réfugiée à l’âge de 11 ans. Après une courte année à Montréal, la famille a pris la route vers London, où sa mère souhaitait que les enfants apprennent l’anglais. L’intégration a été difficile. « Notre anglais était vraiment poche », se remémore-t-elle. L’enfant s’est empressée de l’apprendre. « Parce que c’était vraiment très difficile. On venait juste de quitter notre pays, on arrive dans un nouveau monde et on se retrouve dans une nouvelle ville où on ne peut pas parler la langue. C’était une grande barrière. »

C’est aussi ce qui l’a poussée vers l’action politique. En tant qu’immigrante, elle s’est aperçue qu’il était possible au Canada d’exprimer ses opinions sans crainte de représailles (quoiqu’il a fallu plus de temps à sa mère qui, après avoir fui une guerre civile, était réticente au départ au militantisme de sa fille). Et comme francophone, elle a constaté qu’elle devait se battre pour obtenir les services en français auxquels elle estimait avoir droit dans un pays bilingue. London compte quelques écoles francophones, mais le français est plus rare lors de visites à l’hôpital, par exemple. « J’ai beaucoup appris dans la communauté francophone. Et j’ai continué à faire la même chose, à prendre les mêmes pas pour lutter pour d’autres choses, surtout pour les nouveaux arrivants et les immigrants. »

Après ses études universitaires àOttawa, lors desquelles elle a travaillé au bureau de recherche du Parti libéral, Arielle Kayabaga est rentrée à London et s’est fait élire au conseil municipal à l’âge de 27 ans, devenant ainsi la première femme noire à y siéger.

Forte de son expérience municipale, la nouvelle députée veut continuer de défendre l’accès au logement abordable — elle a vécu un temps en logement social — et de militer pour une meilleure offre de transports publics écologiques. La jeune mère tient aussi à la mise en œuvre des ententes sur les garderies du gouvernement Trudeau et à la protection des droits des francophones en situation minoritaire.



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