Nathalie Sinclair-Desgagné, députée de Terrebonne

Nathalie Sinclair-Desgagné conjuguera l’apprentissage de deux métiers: maman et députée.
Photo: Facebook Nathalie Sinclair-Desgagné conjuguera l’apprentissage de deux métiers: maman et députée.

Le soir du 20 septembre, Nathalie Sinclair-Desgagné était accompagnée de son nouveau-né d’une semaine à peine pour veiller jusqu’à une heure du matin en attendant de savoir si elle serait élue députée. Son petit Hadrien — nommé en l’honneur de l’empereur romain, et non du troisième enfant de Justin Trudeau — dormait paisiblement, muni de coquilles le protégeant du bruit. La nouvelle maman, elle, a tenu le coup jusqu’en fin de soirée. « J’ai veillé tard », se félicite-t-elle.

L’élue bloquiste fera partie des quelques mères de jeunes enfants qui ont siégé aux Communes au fil des ans. « Je vais représenter la conciliation travail-famille. C’est une de mes fiertés. Il faut qu’on soit représentées », insiste-t-elle en entrevue téléphonique, entre deux boires de son bébé.

Apprendre à la fois à être maman et à être députée suscite toutefois aussi quelques angoisses. « Au moins, je ne défonce pas seule un plafond de verre », reconnaît-elle. « Mais des appréhensions, c’est sûr que j’en ai. Jamais de ma vie je n’ai fait des choses à moitié. Et c’est ce que j’espère éviter à tout prix, de faire les choses à moitié en tant que mère ou en tant que députée. » L’élue appréhende en outre le manque de sommeil. « Mais le café est bon. Et c’est un bon manque de sommeil, où on est fatigués mais heureux. » Mme Sinclair-Desgagné pourra aussi compter sur l’appui de son conjoint, qui prendra l’année de congé parental pour accompagner bébé et maman au parlement.

Sa collègue Marilène Gill, qui a donné naissance à son troisième enfant en étant députée il y a quatre ans, lui a en outre déjà offert quelques conseils. Elle l’a cependant aussi prévenue que le plus gros défi serait à venir dans deux ans, lorsque le petit Hadrien sera devenu un bambin qui voudra courir partout et toucher à tout. « Mais au moins, dans deux ans, je serai bien installée dans mes fonctions », espère la députée de 33 ans.

Souverainiste depuis son jeune âge, Nathalie Sinclair-Desgagné avait fondé une « cellule bloquiste » lors de ses études à McGill. « Il fallait des convictions », se souvient-elle en riant. Après avoir travaillé 10 ans en Europe, à la suite de sa maîtrise en économie de l’environnement à Oxford, la jeune professionnelle est revenue au Québec il y a cinq ans.

Les appels de militants bloquistes l’ont convaincue de faire le saut l’an dernier. « On était en crise, en pleine pandémie. Il faudrait bientôt une relance économique durable. » L’économiste ne voyait pas meilleur moment pour se lancer : « Je me suis dit que le train passait, et j’ai grimpé dedans. »

Outre les dossiers chers aux familles — comme la compensation fédérale destinée au Québec envertu des ententes sur les services de garde de Justin Trudeau avec les provinces —, la nouvelle députée souhaite défendre des propositions de relance durable, comme une plus grande transparence des banques quant au « risque climatique » de certains actifs polluants.



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