Melissa Lantsman, députée de Thornhill

Melissa Lantsman est la première lesbienne élue aux couleurs du Parti conservateur du Canada.
Photo: Parti conservateur du Canada Melissa Lantsman est la première lesbienne élue aux couleurs du Parti conservateur du Canada.

Le Parti conservateur a encore du pain sur la planche pour « conquérir les cœurs et les esprits » des Canadiens afin que tous se sentent bienvenus en son sein, soutient Melissa Lantsman, initiée de longue date des cabinets ministériels et campagnes conservatrices et première lesbienne élue au Parlement aux couleurs de son parti.

« De toute évidence, les Canadiens ne nous font pas encore confiance », laisse tomber la nouvelle élue de 37 ans, rencontrée par Le Devoir dans un café d’Ottawa. Melissa Lantsman est l’une des deux seules conservatrices à avoir résisté au raz-de-marée libéral dans le Grand Toronto le mois dernier. « C’est très décevant, convient-elle. L’une de mes responsabilités, dans la perspective du parti, est : comment interpeller plus de Canadiens ? Comment faire en sorte qu’ils se reconnaissent dans notre parti ? »

Homosexuelle et mariée, Melissa Lantsman est une habituée des panels politiques de la télévision anglophone. Elle refuse de verser dans la « politique identitaire », qui consiste selon elle à résumer sa personne à son orientation sexuelle. « Je suis aussi Canadienne de première génération, je suis aussi une jeune cadre, je suis aussi du Grand Toronto, je suis aussi juive. Il y a tellement de facettes d’où je viens et de ce que je représente », nuance-t-elle.

Melissa Lantsman a une longue expérience au sein de cabinets de ministres conservateurs influents : elle a entre autres travaillé au bureau de l’ex-premier ministre Stephen Harper. Elle a aussi aidé à faire élire Doug Ford, en Ontario. Selon elle, les conservateurs doivent offrir une vision du futur du Canada dans laquelle « les gens peuvent vivre leur vie » sans l’oppression qui a fait fuir ses parents, juifs, de l’Union soviétique. À cet égard, les libéraux « n’agissent pas », malgré leurs belles paroles, dit-elle.

« Fondamentalement, je me vois faire avancer l’égalité dans le pays. D’une perspective conservatrice, j’ai toujours été pour la promotion des valeurs familiales, mais je pense que les familles peuvent ressembler à ce que vous voulez. »

Comment concilie-t-elle cette conviction avec le fait que 63 élus sous la bannière conservatrice ont voté contre le projet de loi du gouvernement Trudeau destiné à criminaliser les thérapies de conversion, qui visent à changer l’orientation sexuelle des personnes gaies ou trans ? « Je crois que les thérapies de conversion sont odieuses. Je crois qu’elles devraient être entièrement supprimées. Encore une fois, je crois qu’il y a beaucoup de cœurs et d’esprits à gagner. […] Il y a eu des discussions il y a à peine 20 ans sur qui pouvait épouser qui dans ce pays. Nous revenons de loin ! »

Si l’égalité dans le mariage fait aujourd’hui consensus, c’est notamment grâce aux « leaders dans le mouvement » conservateur qui ont lentement fait évoluer les choses, fait-elle valoir. À ce chapitre, elle est convaincue d’avoir l’oreille de son chef, Erin O’Toole.



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