Trudeau exhorté à présenter publiquement des excuses aux Autochtones

Le premier ministre Justin Trudeau
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau

Le cabinet du premier ministre Justin Trudeau a annoncé dimanche que celui-ci avait présenté ses excuses en privé à la cheffe d’une Première Nation de la Colombie-Britannique pour avoir décliné ses invitations à lui rendre visite jeudi, lors de la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation du Canada. L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) appelle maintenant le premier ministre à exprimer publiquement ses remords.

M. Trudeau s’est envolé jeudi pour Tofino, en Colombie-Britannique, pour passer du temps avec sa famille lors d’une journée destinée à marquer le douloureux héritage du système des pensionnats pour Autochtones.

La directrice de l’AFAC, Lynne Groulx, a déclaré qu’elle accueillait favorablement les excuses privées de M. Trudeau, mais qu’elle lui demandait de faire une déclaration publique et l’avertissait que ses actions pourraient avoir des conséquences durables.

Mme Groulx a ajouté que les membres avaient demandé à M. Trudeau d’admettre qu’il avait fait une erreur de jugement, mais estime qu’il doit maintenant y avoir un message destiné à l’ensemble de la communauté autochtone. « Ce sont tous les survivants des pensionnats, les survivants intergénérationnels — nous savons que 100 % de nos communautés sont touchées par les pensionnats », a-t-elle déclaré.

M. Trudeau a passé la journée de dimanche à Tofino, en Colombie-Britannique, où il se trouve depuis jeudi dernier. La connaissance de son emplacement a été un choc après que son itinéraire a initialement indiqué qu’il était à Ottawa pour des réunions privées.

Un porte-parole de M. Trudeau a déclaré que le premier ministre avait passé plusieurs heures au téléphone avec huit personnes ayant vécu dans des pensionnats, et a nié que M. Trudeau ait profité de cette journée historique pour prendre des vacances.

Global News a filmé le premier ministre marchant le long d’une plage, et les informations sur son voyage ont suscité des critiques de la part des dirigeants autochtones, qui ont affirmé qu’il était irrespectueux de sa part de ne pas assister à des événements en l’honneur des survivants et des victimes.

Confiance érodée

Plus de 4000 enfants autochtones seraient morts alors qu’ils étaient forcés de fréquenter ces établissements gérés par l’Église, où de nombreux survivants ont déclaré avoir souffert d’abus physiques et sexuels ainsi que de négligence et de malnutrition.

La nation Tk’emlups te Secwepemc, qui a annoncé plus tôt cette année la découverte de plus de 200 sépultures anonymes sur les lieux d’un ancien pensionnat, a indiqué sur les réseaux sociaux qu’elle avait envoyé « deux invitations sincères » à M. Trudeau à se joindre à elle pour la commémoration.

Le cabinet du premier ministre a dit avoir contacté samedi la cheffe Rosanne Casimir pour lui présenter ses excuses. Un porte-parole de la Première Nation a confirmé dimanche qu’une conversation et des excuses avaient eu lieu, mais n’a fourni aucun autre détail.

La directrice de l’Association des femmes autochtones du Canada, Lynne Groulx, a souligné qu’après que le voyage de M. Trudeau à Tofino a été rendu public, l’un de ses ministres a souligné à quel point le premier ministre et l’ensemble du gouvernement libéral croient en la réconciliation. « Nous avons besoin de voir cela en action, parce que c’est une erreur très grave qui s’est produite », a dit Mme Groulx.

Elle a ajouté que les gens se sentent déçus, blessés et en colère par les actions de M. Trudeau et qu’il devrait être clair que le 30 septembre est une journée nationale d’observation et non un jour férié.

Selon Mme Groulx, le fait que cela se soit produit dans la foulée d’une campagne électorale fédérale ne fait qu’éroder la confiance dans le sérieux du gouvernement quant aux engagements qu’il a pris pour faire avancer la réconciliation.

« Peut-être que cela fait partie de ce que font les gouvernements lorsqu’ils ont besoin d’être élus et de gagner la confiance des peuples autochtones. Nous doutons de la légitimité des promesses qui sont faites. »

La déclaration selon laquelle le 30 septembre serait une journée en l’honneur des survivants a été faite dans les semaines qui ont suivi l’annonce de la nation Tk’emlups te Secwepemc au sujet de la découverte des tombes anonymes. La journée était auparavant connue sous le nom de « Journée du chandail orange », une initiative visant à sensibiliser le public au sombre héritage des pensionnats du Canada.

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