Le Parlement en personne et réservé aux élus vaccinés, demande le Bloc

Yves-François Blanchet suggère que les députés conservateurs non-vaccinés ne puissent pas entrer aux Communes.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Yves-François Blanchet suggère que les députés conservateurs non-vaccinés ne puissent pas entrer aux Communes.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, souhaite que la Chambre des communes abandonne la formule hybride adoptée durant la pandémie qui permettait aux députés d’assister aux débats à distance. Il demande un retour rapide au Parlement, en personne, mais réservé aux élus pleinement vaccinés.

« On est capable d’envoyer du monde dans des cinémas, on est capable d’envoyer du monde dans un Parlement », a raisonné Yves-François Blanchet, mercredi, lors d’une conférence à Ottawa.

Seul le Parti conservateur n’a jamais dévoilé le nombre de ses candidats à l’élection qui n’étaient pas pleinement vaccinés contre la COVID-19. Tous les autres partis ont confirmé que leurs rangs avaient été adéquatement immunisés. Aux élus conservateurs qui ne pourraient fournir une preuve de vaccination, Yves-François Blanchet suggère de ne pas les admettre dans l’enceinte parlementaire. « Tu n’as pas double vaccination ? C’est tu plate. Attends-nous de l’autre bord de la rue. Il faut que tu sois vacciné pour entrer dans le Parlement, mais il faut recommencer à travailler de la façon normale. »

Le Parti libéral du Canada est lui aussi pour la vaccination obligatoire des élus. « On croit que les députés qui décident d’entrer dans la Chambre des communes et dans les salles de comité devraient être pleinement vaccinés, à moins d’une exemption médicale », a déclaré Simon Ross, porte-parole du leader parlementaire du gouvernement Pablo Rodriguez, dans un courriel au Devoir mercredi.

« Ça va être au cœur des discussions au sujet du retour du parlement. C’est une question de sécurité pour tous les députés, leurs communautés et pour tout le personnel de la Chambre des communes. »

Retour rapide

Le chef du Bloc québécois trouve par ailleurs « un peu inquiétant » l’annonce du premier ministre Justin Trudeau de ne convoquer le Parlement que d’ici la fin de l’automne. Il souhaite revenir siéger à Ottawa plus rapidement, notamment pour adopter les projets de loi en cours d’étude au moment du déclenchement des élections et qui sont conséquemment morts au feuilleton. M. Blanchet évoque un retour durant le mois d’octobre, à un moment qui coïnciderait avec la formation du cabinet, tel qu’annoncé lundi par le premier ministre Trudeau.

Le chef du troisième parti à Ottawa ne veut plus de la formule hybride du Parlement, qu’il qualifie de « tarabiscotée ». Ce compromis entre tous les partis donnait l’option aux élus d’assister aux travaux parlementaires dans le confort de leur foyer durant la pandémie de COVID-19. Yves-François Blanchet reconnaît toutefois n’avoir entamé aucune discussion à ce sujet avec les autres partis. D’autres scénarios lui paraissent acceptables, évoque-t-il, comme un retour en personne de la moitié des parlementaires.

« La justification du Parlement hybride n’existe pas, mais la tentation de l’utiliser pour tronquer la démocratie, elle, existe bel et bien […] Lors de la dernière semaine de la dernière législature, il n’y avait qu’un [député] libéral dans la salle. Pour dire à tout le monde que ce n’était pas important », illustre-t-il.

Dans une déclaration, le NPD a indiqué vouloir aussi reprendre le travail parlementaire le plus rapidement possible. « Nous pensons qu’il est bénéfique de poursuivre certaines pratiques hybrides, en particulier en raison de la quatrième vague. Ces outils existent déjà et ont bien fonctionné au cours des derniers mois. Nous avons hâte d’en discuter avec les autres partis », peut-on lire.

« Si M. Trudeau croit qu’il était assez sécuritaire de tenir des élections pendant la quatrième vague de la pandémie, il est assez sécuritaire pour la Chambre des communes de reprendre les séances en personne. Les Canadiens méritent un gouvernement qui rend des comptes à ses électeurs et c’est pourquoi les conservateurs n’appuieront en aucun cas un Parlement virtuel », a répondu au Devoir le porte parole du Parti conservateur du Canada, Axel Rioux

Dans un courriel, le Bureau du président de la Chambre des communes a indiqué que la question d’une éventuelle obligation vaccinale doit être étudiée par le Bureau de la régie interne du Parlement. Ce bureau fixe déjà dès règles sanitaires dans l’édifice, comme le port du masque obligatoire.

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