Ottawa n’a toujours pas décidé du sort de Huawei au pays

Le gouvernement canadien doit encore décider s’il accorde à Huawei le droit de participer à l’élaboration d’un réseau 5G au Canada.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le gouvernement canadien doit encore décider s’il accorde à Huawei le droit de participer à l’élaboration d’un réseau 5G au Canada.

Au lendemain de la libération de Michael Kovrig et Michael Spavor, le premier ministre Justin Trudeau dit avoir des « réflexions à faire » quant aux relations avec Pékin, et évoque une décision « dans les prochaines semaines » au sujet de l’autorisation au pays de la technologie 5G du fleuron chinois Huawei.

« Évidemment, on a maintenant des réflexions à faire par rapport à nos relations avec la Chine, et avec le monde, y compris sur la question sur Huawei, et on va prendre la décision en bonne et due forme pendant qu’on est en train de travailler sur le plan pour le prochain mandat », a indiqué mardi le premier ministre Justin Trudeau.

Le premier ministre canadien s’exprimait pour la première fois devant les médias depuis son élection, le 20 septembre, à la tête d’un nouveau gouvernement minoritaire, à l’exception d’une très brève allocution au moment de la libération des deux Canadiens emprisonnés en Chine, vendredi soir. Justin Trudeau avait refusé de dire si les relations diplomatiques avec la Chine en sortiraient endommagées. « Évidemment, il va y avoir beaucoup de temps pour des analyses et des réflexions », avait-il simplement indiqué.

Michael Kovrig et Michael Spavor ont été détenus en Chine près de trois ans après que le Canada eut arrêté Meng Wanzhou, une dirigeante du géant chinois des télécommunications Huawei, pour une affaire de fraude bancaire aux États-Unis.

« Différentes options »

Le gouvernement canadien doit encore décider s’il accorde à Huawei le droit de participer à l’élaboration d’un réseau 5G au Canada. Le premier ministre Trudeau n’a pas expliqué pourquoi la décision n’a pas encore été prise. « On a en fait vu que beaucoup de compagnies de télécommunication canadiennes, sinon toutes, ont commencé à retirer Huawei de leur réseau et avancent dans une direction qui n’inclut pas cette compagnie. Nous continuons de regarder les différentes options, mais nous ferons des annonces dans les prochaines semaines », a-t-il simplement répété.

Une motion du Parti conservateur a été adoptée en novembre dernier par les partis d’opposition aux Communes pour demander au gouvernement canadien de trancher la question dans les trente jours. Le chef de l’opposition, Erin O’Toole, faisait alors valoir que les principaux alliés du Canada, comme les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ont tous refusé à Huawei l’accès à leur réseau 5G.

À ce moment, Justin Trudeau avait promis de veiller à ce que les Canadiens aient accès aux innovations comme le réseau 5G, tout en assurant la protection du public. Alors ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne avait dit que les institutions canadiennes étaient plus en mesure de défendre les intérêts nationaux sans être pressées par de telles échéances.

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