Blanchet réclame un sommet sur les transferts en santé

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, souhaite se faire le champion des demandes provinciales en matière de transferts en santé. Au lendemain de l’élection fédérale, il a même eu une discussion « longue » et « sympathique » à ce sujet avec le premier ministre ontarien, Doug Ford.

« Ma foi, sympathique monsieur. J’espère qu’il m’a trouvé sympathique lui aussi. On a aussi parlé beaucoup des transferts en santé », a dit le chef, qui prenait la parole mercredi, à Montréal, pour une première fois depuis la soirée électorale. M. Ford a plus tard précisé avoir parlé à tous les chefs de partis fédéraux, lors de son propre point de presse.

Yves-François Blanchet a aussi eu l’occasion de parler au premier ministre du Québec, François Legault, mardi. Il promet de porter ses demandes en matière de santé et d’immigration. « On propose que le premier ministre organise très rapidement un sommet sur le financement par le fédéral des soins de santé dans les provinces. »

Le premier ministre du Québec, François Legault, a estimé la veille que le dossier fédéral le plus important est celui de la hausse des transferts en santé. Il souhaite une réunion du Conseil de la fédération à ce sujet avant Noël.

Courses serrées

Les chefs des autres partis d’opposition à Ottawa avaient déjà offert mardi leur analyse du scrutin. Seul Justin Trudeau attend la validation des résultats avant de s’adresser aux médias. Au moment où ces lignes étaient écrites, il était encore impossible de confirmer la gagnante dans la circonscription de Brome-Missisquoi, où le Bloc avait 139 voix d’avance. Le bloquiste René Villemure a officiellement remporté Trois-Rivières, par 93 voix. Élections Canada prévient que le dépouillement dans certaines circonscriptions du pays pourrait s’étirer jusqu’à vendredi.

Quoi qu’il arrive, le Bloc québécois, comme troisième parti aux Communes, détient une fois de plus la balance du pouvoir à Ottawa. De l’avis de son chef, Yves-François Blanchet, le premier ministre Justin Trudeau n’a pas « du tout reçu mandat de s’obstiner [dans] sa volonté d’empiéter sur les juridictions du Québec et des provinces ».

En campagne électorale, le chef libéral a indiqué qu’il considérait avoir déjà versé des milliards de dollars en aide aux provinces pour les aider durant la pandémie de COVID-19 et a ouvert la porte à des hausses de transferts en santé à être négociées au sortir de la crise.

Fonctionnement du Parlement

Yves-François Blanchet croit que les électeurs ont démontré qu’ils ne souhaitaient pas cette campagne électorale. Maintenant qu’elle est terminée, il veut établir avec les autres chefs une marche à suivre pour que le Parlement fonctionne. « La responsabilité de faire survivre le gouvernement libéral de Justin Trudeau, soyez assuré que ça ne sera pas ma préoccupation première », a-t-il toutefois dit.

Dans un scénario où son parti serait en mesure de faire tomber le gouvernement, il promet d’inviter ses opposants « à prendre un café » pour résoudre les différends. « Je pense que c’est comme ça que les Québécois et les Canadiens veulent qu’on gère le Parlement. »

À divers moments, Yves-François Blanchet a critiqué le travail des médias lors de la campagne électorale. « L’appareil média peut créer ses propres récits », a-t-il dit lorsqu’interrogé sur l’influence de la question de l’animatrice du débat en anglais, jugée insultante pour les Québécois, sur ses résultats. M. Blanchet a aussi nié avoir déjà dit qu’il avait un objectif de 40 députés, préférant parler de « rêve ». Il a pareillement réfuté avoir donné son appui au projet de troisième lien entre Québec et Lévis.



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