Maxime Bernier progresse au pays, mais est défait en Beauce

«Nos droits et libertés sont menacés. Si nous ne faisons rien pour arrêter cette dérive autoritaire, nous pouvons dire adieu à notre mode de vie , a déclaré Maxime Bernier dans son discours de fin de soirée.
Photo: Liam Richard La Presse canadienne «Nos droits et libertés sont menacés. Si nous ne faisons rien pour arrêter cette dérive autoritaire, nous pouvons dire adieu à notre mode de vie , a déclaré Maxime Bernier dans son discours de fin de soirée.

Maxime Bernier a de nouveau échoué à se faire élire en Beauce sous la bannière de son nouveau parti mais le Parti populaire du Canada progresse dans les intentions de vote au Canada.

Dès le dévoilement des premiers résultats en Atlantique, on constatait que le PPC récoltait autour de 10 % dans certaines circonscriptions. En 2019, il avait dû se contenter de 1,6 % des appuis à l’échelle du Canada. Cette fois, il a récolté le soutien de 5 % des électeurs.

« Ce n’est pas uniquement un parti politique, c’est un mouvement, une révolution idéologique que nous entamons aujourd’hui », a déclaré M. Bernier en réaction aux résultats lors d’un rassemblement à Saskatoon.

Le Parti populaire, qui en est à a seconde campagne électorale, n’est toutefois pas parvenu à faire élire de députés. En Beauce, Maxime Bernier a de nouveau mordu la poussière devant le député sortant, Richard Lehoux du Parti conservateur et ce, par un écart plus important que la dernière fois. Alors que 10 points de pourcentage les séparaient en 2019, l’écart a été de près de 30 points cette fois-ci.

Plutôt que de passer la soirée en Beauce, le parti avait choisi la Saskatchewan parce que les mesures sanitaires y étaient moins sévères. La province a, par la suite, resserré les règles à la suite d’une hausse majeure du nombre de cas en imposant le port du masque dans les rassemblements intérieurs. Or des images diffusées par Radio-Canada ont montré que la plupart des militants présents dans la salle ne respectaient pas les mesures.

Devant ses partisans, M. Bernier a d’ailleurs dénoncé ce qu’il appelle « l’hystérie covidienne ». « Nos droits et libertés sont menacés. Si nous ne faisons rien pour arrêter cette dérive autoritaire, nous pouvons dire adieu à notre mode de vie », a-t-il aussi déclaré.

Forts appuis en Ontario, en Alberta et dans les Maritimes

Créé en 2018 à la suite de la défaite de Maxime Bernier à la course à la chefferie du Parti conservateur, le Parti populaire faisait à l’origine appel aux gens qui jugeaient que le Parti conservateur n’était pas suffisamment à droite. Favorable à l’abolition d’un maximum de taxes et de subventions, le parti préconisait aussi en 2019 une réduction du nombre d’immigrants reçus.

Cette année, le PPC a également embrassé la cause des opposants au port du masque et à d’autres mesures sanitaires, son chef déclarant ouvertement qu’il n’était lui-même pas vacciné.

À l’instar de Donald Trump aux États-Unis, il s’est en outre présenté comme une victime des médias. « Les médias conventionnels menteurs prétendent encore ce matin que nous n’existons pas », écrivait M. Bernier sur son populaire compte Twitter lundi. Un peu plus tôt dans la journée, il avait tenu à montrer que son compte était désormais suivi par davantage de personnes que celui du chef conservateur, Erin O’Toole.

Ces derniers jours, les sondages laissaient déjà présager une hausse marquée des votes au parti libertaire, avec des appuis dépassant les 10 % dans certaines circonscriptions. Un élan qui s’est confirmé lundi soir.

À l’extérieur du Québec, le Parti populaire a notamment vu ses appuis croître dans l’Ouest et en Ontario. À Fort McMurray, en Alberta, son candidat, Shawn McDonald récoltait 13 % des voix après le dépouillement de 70 boîtes de scrutin. Le parti conservateur a toutefois dominé l’élection avec plus de 60 % des votes. Du côté de l’Ontario, le parti a aussi récolté 10 % des soutiens dans Windsor–Tecumseh, une circonscription auparavant libérale frappée par un taux de chômage parmi les plus élevés au pays.

Le parti a aussi fait des progrès dans les Maritimes notamment. Dans la circonscription rurale de Beauséjour (Nouveau-Brunswick), qui a réélu le libéral Dominic LeBlanc, le parti récoltait 8 % des voix. Puis dans Darmouth–Cole Harbour (Nouvelle-Écosse), l’absence de candidat conservateur lui a permis d’obtenir 11 % des soutiens et le troisième rang, loin devant les verts.



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