S’il est élu, Erin O’Toole s’engage pour 4 ans, mais pas à avoir un cabinet paritaire

Le chef conservateur était à un bureau de campagne de l’un de ses candidats à Dundas, en Ontario, samedi matin.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le chef conservateur était à un bureau de campagne de l’un de ses candidats à Dundas, en Ontario, samedi matin.

Si un gouvernement minoritaire est élu lundi, le chef conservateur Erin O’Toole promet à nouveau de ne pas déclencher d’élections avant la fin de ce mandat. Par contre, il n’était pas prêt samedi à s’engager à former un cabinet paritaire homme-femme.

Gouvernement minoritaire conservateur ou gouvernement minoritaire libéral, le chef O’Toole ne déclenchera pas ni ne provoquera d’élections anticipées, avant la fin du mandat normal de quatre ans.

Il l’a confirmé samedi matin, sur le gazon verdoyant d’un bureau de campagne de l’un de ses candidats à Dundas, en Ontario.

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« On doit avoir un gouvernement totalement ciblé sur la santé des Canadiens, des Québécois et sur le bien-être de notre économie », dit-il de son habituel ton assuré.

On ne devrait même pas être en élections maintenant, seulement deux ans après la dernière visite au bureau de scrutin, a-t-il martelé, blâmant — encore — le chef libéral Justin Trudeau pour cette élection « pandémique », « inutile » et « coûteuse » qui va laisser une facture de 600 millions $ aux Canadiens.

Je n’aurais jamais fait ça, s’est-il exclamé.

Et les femmes ?

S’il devient premier ministre lundi, son cabinet comptera-t-il autant de ministres femmes que d’hommes ? Il n’était pas prêt à prendre cet engagement.

« On va voir les résultats lundi », a-t-il répondu.

« Mais j’aimerais former un cabinet expérimenté, et prêt pour les défis, avec plus de femmes », a-t-il déclaré devant des partisans, plutôt calmes et manifestant un enthousiasme modéré.

Ayant présenté « son nouveau Parti conservateur » comme étant plus inclusif et diversifié, il s’est targué d’avoir le plus grand nombre de femmes de l’histoire de son parti. Il y a 113 candidates féminines lors de cette élection qui tentent d’obtenir l’un des 338 sièges au Parlement à Ottawa. Elles forment donc le tiers de la cohorte conservatrice.

N’en manquant pas une, il en a aussi profité pour critiquer Justin Trudeau qui avait annoncé en grande pompe son cabinet paritaire lorsqu’il a été élu la première fois en 2015. La promesse avait été relevée un peu partout dans le monde.

Justin Trudeau s’en est servi comme « symbole », a-t-il dénoncé, sans le démontrer avec ses actions. Au contraire, il a eu une approche « paternaliste » et dénuée de respect envers les femmes, ce qui a mené la ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould et la présidente du Conseil du Trésor Jane Philpott à quitter leurs fonctions ministérielles au cours du mandat précédent.

Des candidats vaccinés ?

Depuis le début de sa campagne, M. O’Toole refuse de dire si ses tous candidats sont vaccinés — ni même s’il connaît leur statut vaccinal. Vendredi, le quotidien Globe & Mail a révélé que plus de 80 % des candidats conservateurs ont refusé de le divulguer lorsque des journalistes leur ont demandé.

Il ne l’a pas plus fait samedi. Peu importe la formule de la question au sujet de la vaccination de ses candidats, M. O’Toole répète que la règle de sa campagne électorale est de « servir des vaccins ou des tests de dépistage quotidiens » et que les membres de l’équipe vont suivre ces règles en plus d’autres mesures comme la distanciation physique et le couvre-visage. « Notre campagne est sécuritaire », insiste-t-il.

Les vaccins sont « cruciaux » pour combattre la COVID-19, dit-il, encourageant tous les Canadiens à se faire vacciner.

Il refuse d’admettre qu’il s’agit là d’une faille dans son leadership : c’est le chef libéral qui présente de nombreuses lacunes à ce chapitre en ayant déclenché une élection en pleine crise sanitaire, dit-il.

Les Canadiens méritent d’ailleurs du leadership, mais cela fait des années qu’ils n’en ont pas eu, tranche-t-il.

M. O’Toole est ensuite monté à bord de son autobus de campagne pour sillonner le sud de l’Ontario — Waterloo, Cambridge, Kitchener — pour aider des candidats à solidifier leur avance dans les sondages ou pour donner un coup de pouce à d’autres qui font face à des luttes serrées.

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