La campagne de Jagmeet Singh: à gauche sans complexe

Le candidat du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh
Illustration: Sébastien Thibault Le candidat du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh

À la tête du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh a gardé la candeur de son prédécesseur, Jack Layton, proclamant qu’il était en campagne pour devenir premier ministre. Avec ses turbans aux couleurs résolument pastel, il a tourné des publicités qu’on aurait dites tout droit sorties d’une vidéo de Stromae ; il s’est affiché sur TikTok ; il a courtisé le vote des jeunes. Premier chef de parti fédéral issu d’une minorité visible, il n’hésite pas à mettre en scène son expérience personnelle pour illustrer ses convictions, ayant connu la pauvreté et le racisme, notamment.

Du point de vue de Jagmeet Singh, les deux grands partis fédéraux sont « du bord des ultrariches ». Après avoir renié ses promesses, le premier ministre Justin Trudeau n’est plus digne de confiance pour diriger le pays, fait-il valoir.

À entendre M. Singh, seul son parti, arrivé troisième en 2019 avec 24 sièges, souhaite réellement mettre en œuvre les importants programmes sociaux dont la nécessité a été démontrée par la pandémie de COVID-19. Il ne semble pas spécialement craindre non plus d’empiéter sur les compétences provinciales, ce qui lui a d’ailleurs valu l’accusation, lancée par le premier ministre du Québec, François Legault, de diriger un parti « centralisateur ».

Depuis les dernières élections, son parti ne compte plus qu’un représentant au Québec : le député de Rosemont–La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice. Malgré des sondages qui le placent en queue de peloton dans la province, Jagmeet Singh a présenté une plateforme québécoise qui compte un chapelet de mesures traditionnellement promises par le Bloc, comme davantage de pouvoirs en immigration et l’application de la loi 101 aux entreprises à charte fédérale, et souhaite même réintégrer la province dans la Constitution canadienne.

Le chef du parti de gauche a répété d’un océan à l’autre ses différentes promesses phares : un programme d’assurance dentaire et d’assurance médicaments universel, des subventions pour les logements sociaux, des congés de maladie pour tous, une hausse du salaire minimum fédéral à 20 $ l’heure et la fin des subventions aux industries pétrolières (sauf pour les aider à réduire leurs émissions). Le parti est résolument pour des normes nationales dans les centres de soins de longue durée, d’où il veut chasser le privé et sa recherche de profits.

Comment payer pour tout ça ? Selon le cadre financier du Nouveau Parti démocratique, ces promesses coûteraient 214 milliards de dollars sur cinq ans. Mais grâce à un impôt sur la richesse, à une hausse de l’impôt des entreprises et à une lutte renouvelée contre les paradis fiscaux et autres échappatoires, le parti promet d’engranger 166 milliards en nouveaux revenus pour l’État canadien.

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