Les verts du Québec présentent leurs idées sans leur cheffe

Selon la cheffe du Parti vert, Annamie Paul, il y a «place pour des différences d’opinions» au sein de sa formation.
Photo: Chris Young La Presse canadienne Selon la cheffe du Parti vert, Annamie Paul, il y a «place pour des différences d’opinions» au sein de sa formation.

L’aile québécoise du Parti vert du Canada a présenté mardi, sans la présence de sa cheffe, Annamie Paul, une plateforme propre au Québec. « Son équipe en a eu copie, mais je ne sais pas si elle est au courant spécifiquement », a annoncé Luc Joli-Cœur, candidat dans Ahuntsic-Cartierville. En point de presse au même moment, à l’Île-du-Prince-Édouard, la cheffe a concédé qu’elle n’avait pas été consultée.

Lors d’une conférence de presse, les membres de l’aile québécoise ont réitéré leur reconnaissance du statut du Québec comme une nation distincte, ce que le parti ne fait pas dans sa plateforme nationale. Elle a confirmé cet été son soutien pour le projet de loi 96 du gouvernement québécois, qui vise à modifier la Constitution canadienne pour y inscrire que le Québec forme une nation.

La cheffe n’a pas défendu le projet de loi, dont l’appui faisait l’objet d’une motion à la Chambre des communes en juin. Les leaders des quatre autres partis, tout comme le député vert Paul Manly, ont voté en faveur de la motion, mais pas Annamie Paul, qui n’a toujours pas de siège aux Communes. Elle tente cette année de se faire élire dans la circonscription de Toronto-Centre.

Questionnée mardi sur la reconnaissance par ses candidats québécois du caractère distinct du Québec, Annamie Paul a répondu qu’il y avait « place pour des différences d’opinions » au sein du Parti vert.

Les débats identitaires font toutefois ombrage à l’enjeu plus important aux yeux du parti, l’environnement, pensent les candidats Luc Joli-Cœur et Alain Lépine. Ce détournement de l’attention, disent-ils, explique en partie le manque d’engouement pour la formation politique, qui ne récolte que 3 % des intentions de vote selon le site 338Canada.

« Pour des raisons personnelles que l’on peut comprendre, Mme Paul tient des positions plus fermes que les membres du parti, et cela porte malheureusement ombrage à la crise climatique et aux politiques du parti pour y répondre », a remarqué après le point de presse Alain Lépine, candidat dans Papineau.

Une plateforme unique

D’autres éléments figurent uniquement dans la plateforme québécoise. Le parti veut travailler avec des plateformes de diffusion pour qu’au moins 5 % de leur catalogue soit constitué de films et de séries québécoises et canadiennes. « On veut aussi assurer la survie des médias locaux », a noté la candidate Érica Poirier, sans donner de détails sur les modalités.

L’aile québécoise du parti veut aussi réduire la production de bœuf et de porc au pays et bannir l’usage du glyphosate. Même si ces promesses, tout comme la reconnaissance du caractère unique du Québec, ne sont pas dans la plateforme fédérale, Luc Joli-Cœur assure que le document a été validé par l’ex-chef adjoint du parti, Daniel Green, et qu’il n’y avait pas de contradiction entre les deux plans.

Avec Marie Vastel

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