Jagmeet Singh s’excuse auprès de chefs autochtones de la Colombie-Britannique

Lors d’une étape de campagne à Toronto, mardi matin, le chef du NPD a admis que c’était une erreur de ne pas répondre à l'invitation des chefs autochtones. 
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Lors d’une étape de campagne à Toronto, mardi matin, le chef du NPD a admis que c’était une erreur de ne pas répondre à l'invitation des chefs autochtones. 

Jagmeet Singh s’est excusé, mardi, auprès des chefs de l’Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique pour ne pas avoir répondu à une invitation à prendre la parole à leur assemblée annuelle.

Lors d’une étape de campagne à Toronto, mardi matin, le chef du NPD a admis que c’était une erreur et il en a pris l’entière responsabilité. « Ça n’aurait jamais dû se produire. »

Le chef régional, Terry Teegee, soutient que l’organisation avait invité les dirigeants des trois principaux partis fédéraux à s’adresser virtuellement aux chefs lors de leur réunion annuelle de deux jours, cette semaine. L’absence de réponse remet en question l’engagement des politiciens en faveur d’une réconciliation véritable et durable, a estimé M. Teegee.

« Cela démontre clairement comment ils priorisent les questions autochtones — et, franchement, nous ne sommes plus une priorité », a-t-il déclaré. M. Teegee souligne que bien que tous les chefs de partis aient parlé des questions autochtones lors des débats télévisés de la semaine dernière, le refus de participer à l’assemblée annuelle démontre qu’il s’agit de « belles paroles creuses ».

Le chef Teegee assure qu’il n’a pas parlé à M. Singh des excuses. L’Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique représente 204 communautés dans cette province.

« Grand chef, mes excuses », a déclaré M. Singh mardi matin. « Je vais m’assurer que nous fassions les choses correctement. »

Le communiqué de presse de l’organisation indique que même si le chef libéral Justin Trudeau était à Vancouver pendant l’assemblée annuelle, même lui n’a pas accepté de « passer quelques minutes » avec les leaders autochtones de la Colombie-Britannique.

M. Trudeau a expliqué mardi lors d’un arrêt de campagne à Richmond, en Colombie-Britannique, qu’un de ses « extraordinaires » candidats autochtones avait assisté à l’assemblée annuelle. Il a soutenu que son parti avait obtenu de réels résultats en matière de réconciliation et qu’il avait vu un nombre record de candidats autochtones se présenter sous la bannière libérale.

« Les Autochtones sont confrontés à un choix très important dans cette élection, comme tous les Canadiens : ils doivent s’assurer que nous continuons d’aller de l’avant dans le travail que nous avons fait », a-t-il déclaré, notamment en levant davantage d’avis d’ébullition de l’eau.

Un porte-parole d’Erin O’Toole a déclaré que bien que le chef conservateur n’ait pas pu être présent en raison de son calendrier de campagne, Kelsey Shein, candidate conservatrice de Burnaby North-Seymour, a représenté le parti lors de cette assemblée. « Depuis trop longtemps, les Autochtones attendent que le gouvernement libéral tienne ses promesses creuses.

« Un gouvernement conservateur dirigé par Erin O’Toole s’est engagé à prendre des mesures significatives dès les premiers jours de notre mandat pour mettre en œuvre les appels à l’action 71 à 76 de la Commission de vérité et réconciliation, et travaillera en collaboration avec des partenaires autochtones sur la voie de la réconciliation », a écrit Mathew Clancy.

M. Singh s’est toujours positionné comme un allié des électeurs autochtones. Il a été le premier chef de partis à faire campagne dans une réserve ; il a passé la journée de lundi dans la communauté de Neskantaga, dans le nord de l’Ontario, qui est aux prises avec le plus ancien avis sur l’eau potable au Canada — 26 ans.

Des sièges en Ontario

La campagne du leader néo-démocrate se tourne maintenant vers des sièges très convoités en Ontario, dont Toronto-Centre, où se présente la cheffe des verts, Annamie Paul. Le NPD y est arrivé troisième l’an dernier, derrière le libéral et Mme Paul, lors d’une élection partielle provoquée par la démission du ministre Bill Morneau.

Tout en réitérant son engagement à faire baisser les tarifs des services Internet et de téléphonie sans fil, M. Singh a fait face à un manifestant qui l’a chahuté en évoquant un « nouvel ordre mondial », le communisme et des théories du complot liées à la COVID-19.

M. Singh devait s’arrêter plus tard mardi dans Kitchener-Centre, où le libéral sortant Raj Saini a renoncé à sa candidature, plus tôt dans la campagne, après des allégations de harcèlement contre une femme de son entourage politique. M. Saini a nié catégoriquement ces allégations.

M. Singh devait terminer la journée de campagne dans Windsor-Tecumseh, une circonscription où il a vécu entre l’âge de sept à 23 ans. Les néodémocrates détenaient cette circonscription depuis 2000, mais lors des élections de 2019, les libéraux l’ont emporté avec une mince majorité de 630 voix.

Un nouveau sondage suggère que les libéraux et les conservateurs ont tous deux l’appui de 32 % des « électeurs décidés » au Canada. Le NPD est en troisième position avec 20 % des intentions de vote.

À Toronto, M. Singh a refusé de dire s’il soutiendrait les efforts de l’un ou l’autre des deux partis dans un gouvernement minoritaire, tout en concentrant ses piques vers M. Trudeau. « (Les Canadiens) ne peuvent pas se permettre quatre autres années de Trudeau », a-t-il dit.

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