Cimenterie de Port-Daniel: pas de mea culpa d’Yves-François Blanchet

Le chef bloquiste a toutefois laissé entendre que le projet présenté par le promoteur n’était pas celui qui avait été réalisé et que les gouvernements ont été bernés sous de fausses représentations.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef bloquiste a toutefois laissé entendre que le projet présenté par le promoteur n’était pas celui qui avait été réalisé et que les gouvernements ont été bernés sous de fausses représentations.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet ne fera pas de mea culpa pour la cimenterie de Port-Daniel, mais il peste contre « l’épouvantable gestion » du projet.

Cette usine gaspésienne controversée, un des plus importants pollueurs du Québec, a reçu l’aval de M. Blanchet, en 2013-2014, quand il était ministre de l’Environnement du gouvernement péquiste de Pauline Marois.

De passage en Gaspésie pour sa campagne électorale, non loin de l’emplacement de l’usine McInnis à Port-Daniel-Gascons, M. Blanchet a été appelé à se justifier.

« Je suis toujours content de ma décision de l’époque », a-t-il répondu en conférence de presse.

Quand un journaliste lui a demandé s’il allait faire un mea culpa, il a répondu : « non ».

Le chef bloquiste a toutefois laissé entendre que le projet présenté par le promoteur n’était pas celui qui avait été réalisé et que les gouvernements ont été bernés sous de fausses représentations.

Il était alors en négociations à l’époque concernant la source d’énergie de l’usine, qui devait provenir de résidus forestiers locaux, ce qui en aurait fait « la cimenterie la plus écologique de la planète », a-t-il plaidé.

Or finalement, les installations brûlent du coke de pétrole et elles ont franchi le cap du million de tonnes par année d’émissions de gaz à effet de serre (GES).

« L’épouvantable gestion du projet par la suite, les mensonges qui ont été dits à tout monde par rapport à l’usage et aux destinations commerciales de ce ciment, les dépassements de coûts faramineux, cela n’a absolument rien à voir avec le ministère de l’Environnement. »

Il refuse de porter l’odieux de toutes les déconvenues subies par l’usine.

« On ne dit pas à quelqu’un qui était ministre en 2013-2014 qu’il est responsable de ce qui s’est passé huit ans plus tard parce que le projet a été mal géré ensuite. Vraiment, non, je n’ai pas la responsabilité de ce qui est postérieur à mon ministère ou à mon rôle de ministre. Aucune responsabilité. »

C'est le Parti québécois qui avait donné le feu vert au projet de cimenterie. M. Blanchet avait alors exclu l'idée de le soumettre à un Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), parce qu'il y avait déjà eu une évaluation environnementale, s'est-il défendu lundi.

L'usine a également été vorace en fonds publics. La Caisse de dépôt a investi 500 millions $ et Investissement Québec 350 millions $.  

Or l'entreprise a été vendue à un géant brésilien en 2020 et l'État risque de ne pas revoir la couleur de son argent. 

Le ministre de l'Économie a expliqué que les paiements aux créanciers seront faits dans 10 ou 15 ans, s'il reste de l'argent. Le gouvernement Legault a plutôt inscrit une perte estimée à près de 400 millions $ dans sa mise à jour économique de 2020.

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