Manifestations contre les hôpitaux: Trudeau promet de sévir avec un projet de loi

Le chef libéral Justin Trudeau a fait cette promesse en compagnie de travailleurs de la santé et de ses candidats à Vancouver, en Colombie-Britannique.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le chef libéral Justin Trudeau a fait cette promesse en compagnie de travailleurs de la santé et de ses candidats à Vancouver, en Colombie-Britannique.

Les libéraux promettent de sévir en réaction aux manifestations anti-vaccins contre les hôpitaux. Ils comptent présenter un projet de loi qui criminaliserait l’intimidation contre les travailleurs de la santé ainsi que le fait de bloquer le passage à tous les bâtiments qui offrent des services de santé.

Le chef libéral Justin Trudeau en a fait la promesse en compagnie de travailleurs de la santé et de ses candidats à Vancouver, en Colombie-Britannique.

« Les travailleurs de la santé ont fait des sacrifices énormes pour mettre leurs familles à risque, pour servir la communauté, pour nous garder en vie et maintenant, ils ont besoin qu’on soit là pour eux de façon non équivoque », a martelé lundi M. Trudeau, qui était accompagné de son épouse Sophie Grégoire Trudeau et de son plus jeune fils Hadrien pour l’occasion.

« Nous allons donc rendre ça illégal de bloquer l’accès à un bâtiment où on livre des services de soins de santé, que ce soit des hôpitaux, des cliniques, des cliniques d’avortement, des pharmacies, des centres de dépistage. […] On va aussi rendre ça illégal d’intimider ou de faire des menaces à un travailleur de la santé […] ou bien tout patient qui est en train d’aller chercher des soins de santé », a-t-il précisé.

Le chef libéral se dit « d’accord que c’est un peu ridicule » que le Canada en soit rendu là, mais affirme qu’il n’a pas le choix.

À une journaliste qui lui faisait remarquer qu’il existait déjà des infractions du Code criminel contre l’intimidation et le harcèlement, M. Trudeau a répliqué qu’il existe des dispositions spécifiques dans le Code pour certains corps de métier comme les journalistes ou les juges. Le projet de loi que son parti déposerait irait dans le même sens, pour les travailleurs de la santé cette fois.

Si l’ensemble des chefs de partis fédéraux ont soutenu que ces manifestations sont « inacceptables », ils n’ont pas promis à leur tour un projet de loi spécifique à ce sujet.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a suggéré de son côté que le fait d’intimider ou de harceler un travailleur de la santé qui se rend au travail ou qui est au travail ou un patient dont l’accès aux soins de santé est entravé en raison de ces manifestations devrait être un facteur aggravant en cas d’accusations criminelles.

La plateforme conservatrice, elle, prévoit de durcir les sanctions dans le Code criminel à l’endroit des manifestants qui perturbent les infrastructures essentielles ou les voies ferroviaires, comme la Première Nation Wet’suwet’en au printemps 2020.

« Les manifestations pacifiques sont un droit fondamental au Canada, mais le respect de la primauté du droit fait en sorte que les barrages illégaux fermant une infrastructure critique, menaçant l’accès à des fournitures essentielles ou mettant des vies en danger ne peuvent pas être tolérés », peut-on lire dans la plateforme conservatrice.

Un porte-parole conservateur a expliqué, lundi en fin de journée, que le fait d’entraver l’accès à des établissements de santé sera également visé par cette promesse.

À l’inverse, les néodémocrates, qui ont défendu le droit à la manifestation des Wet’suwet’en, ont tenu à faire une distinction avec la situation actuelle.

« La différence, c’est qu’on parle de travailleurs de la santé. Ce sont des personnes qui sauvent des vies. Ce sont des personnes qui tentent de protéger leur santé. Il y a une distinction très claire. Ce ne devrait pas être une place où les manifestations sont tolérées. Toute entrave pourrait mener à la mort de quelqu’un », a insisté M. Singh.

Les hôpitaux n’étaient pas les seuls à être perturbés par les manifestants. Lundi, une entrevue de M. Trudeau qui devait avoir lieu à l’extérieur des studios du réseau Global News, à Vancouver, a dû être déplacée à l’intérieur.

Deux hommes s’acharnaient à crier des obscénités au sujet de M. Trudeau et de son épouse, et tentaient de l’enterrer au son de la chanson We’re Not Gonna Take It des Twisted Sisters.

« N’y a-t-il pas un hôpital que vous devriez être en train de déranger en ce moment ? » leur a lancé M. Trudeau, avant de s’engager dans l’édifice.

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