«On est à l’aube de jours meilleurs», dit Trudeau aux partisans libéraux

M. Trudeau était de passage avec plusieurs candidats locaux dans la circonscription de La Prairie.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne M. Trudeau était de passage avec plusieurs candidats locaux dans la circonscription de La Prairie.

Le chef libéral Justin Trudeau a aiguisé ses attaques et a fait miroiter des jours meilleurs à ses partisans — s’ils votent pour un gouvernement libéral.

Le Parti libéral avait convié des centaines de militants dans un ciné-parc d’Oakville, en banlieue de Toronto, à l’instar de la campagne présidentielle de Joe Biden en 2020. Si quelques-uns klaxonnaient du confort de leur voiture pour signifier leur appui, la majeure partie des militants se sont amassés au bas de la scène où se trouvait M. Trudeau, avec masques, mais sans distanciation sociale.

« On est à l’aube de jours meilleurs pour notre pays et pour y arriver, il faut poser des gestes décisifs. Il faut commencer par en finir avec la COVID-19 une bonne fois pour toutes », a lancé le chef libéral sous les applaudissements.

Il a souligné les efforts de sa candidate d’Oakville, Anita Anand, qui a travaillé « sans relâche » pour l’approvisionnement en vaccins pendant la pandémie, et a rappelé les engagements du Parti libéral du Canada pour encourager une meilleure couverture vaccinale parmi la population — comme la vaccination obligatoire pour les passagers des avions et des trains.

Par la suite, M. Trudeau a dirigé ses attaques uniquement envers le chef conservateur Erin O’Toole qui, selon lui, « ne comprend tout simplement pas » comment sortir de la pandémie. Il a tenté de dépeindre son adversaire comme un politicien mou à l’égard d’une frange de son parti qui refuse de se faire vacciner et a cherché à établir des parallèles avec les manifestants anti-vaccins des derniers jours.

Or, ces manifestants s’identifiaient clairement comme des partisans du Parti populaire du Canada (PPC) de Maxime Bernier.

Le chef libéral était de nouveau dans la banlieue torontoise pour appuyer sa candidate qui fait face à une course serrée, selon le site Canada 338. Prenant la parole, Mme Anand a déclaré qu’elle comptait offrir des troisièmes doses du vaccin à tous les Canadiens et a assuré que les enfants de cinq ans et plus pourront bientôt se faire vacciner contre la COVID-19.

Si M. Trudeau a vanté ses promesses environnementales et celles en matière de logement, il a surtout misé sur la sortie de crise qui, dit-il, sera plus rapide advenant la réélection de son parti.

« Mes amis, ensemble, on a beaucoup accompli. Et ensemble, on peut aller encore plus loin. Je suis prêt à travailler avec encore plus d’espoir et encore plus fort et je sais que vous l’êtes aussi. […] Le choix qu’on va faire durant cette élection va définir les années et même les décennies à venir, alors choisissons d’avancer ensemble », a-t-il déclaré.

En territoire bloquiste

De passage à Candiac plus tôt en journée, M. Trudeau a attaqué sans relâche son adversaire conservateur, ignorant presque complètement le Bloc québécois.

Pourtant, le chef libéral a visité trois circonscriptions bloquistes sur la Rive-Sud de Montréal en moins de 24 heures.

« Ce n’est pas avec le Bloc qu’on est en train de négocier pour livrer pour les Québécois, c’est avec le gouvernement du Québec. Et on travaille très bien ensemble », a soutenu M. Trudeau, qui a tenu à spécifier qu’il ne « sera pas toujours d’accord sur tout » avec Québec.

Armes à feu, vaccination, environnement, économie, garderies : de passage dans la circonscription de La Prairie, M. Trudeau a passé de longues minutes à attaquer le plan conservateur et à accuser M. O’Toole de vouloir ramener le Canada et le Québec en « arrière » sur tous ces enjeux.

« Parlons-en, de la vision miteuse de M. O’Toole pour rebâtir notre économie », a déclaré M. Trudeau, soulignant à grands traits l’importance pour tous de se faire vacciner afin de sortir de cette pandémie. Il a critiqué M. O’Toole qui n’exige pas que ses candidats ne soient pas tous pleinement vaccinés.

« Il ne comprend pas ce que ça veut dire de mettre les intérêts des Canadiens, de mettre les intérêts de nos aînés, de mettre les intérêts de nos jeunes devant les intérêts de ceux qui choisissent de ne pas se faire vacciner », a accusé le chef libéral.

M. Trudeau s’est ensuite tourné vers le sujet de la reprise économique qui devra augmenter la participation des femmes sur le marché du travail. « M. O’Toole, il va déchirer ces ententes sur les garderies. […] C’est un enjeu économique et M. O’Toole ne le comprend pas », a accusé M. Trudeau.

L’influence du Parti populaire du Canada

Si les manifestants sont bien moins nombreux sur la tournée libérale, il y a encore des individus qui tentent de perturber les événements de campagne de M. Trudeau. Dimanche matin, un homme tenant une pancarte du Parti populaire du Canada a hurlé que le chef libéral est un « traître ».

Des journalistes ont questionné M. Trudeau sur la montée du PPC dans les sondages et les propos parfois inflammatoires du chef Maxime Bernier sur les réseaux sociaux, même si ce dernier a dénoncé le lancer de cailloux de l’un de ses partisans à l’endroit du chef libéral

« Ce n’est pas assez, de juste de condamner la violence en encourageant de l’intolérance. Nous nous devons d’être responsables dans ce qu’on est en train de dire et de faire en tant que chefs parce que ça a des conséquences réelles dans la vie des gens dans notre pays. Je ne trouve pas que M. Bernier est en train d’être responsable dans son approche à la politique », a déclaré M. Trudeau.

La tournée libérale se poursuit dans la région de Vancouver, en Colombie-Britannique, lundi.

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