Le NPD promet 68 milliards de dollars sur cinq ans en santé

Jagmeet Singh a assuré qu’il n’empiéterait pas sur les compétences provinciales.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Jagmeet Singh a assuré qu’il n’empiéterait pas sur les compétences provinciales.

Malgré 68 milliards de nouvelles dépenses en santé sur cinq ans, le Nouveau Parti démocratique (NPD) ne comble pas entièrement la demande des provinces. Jagmeet Singh s’est défendu en disant que son parti était celui qui consacrait le plus d’argent aux dépenses en santé.

« On est le plus proche d’atteindre le niveau que les provinces ont demandé, défend le chef lors d’un point de presse samedi en fin d’après-midi. Donc, on est fier de ça parce qu’on est un parti qui croit profondément dans les soins de santé publique. »

L’an dernier, les provinces ont réclamé une augmentation des transferts de 28 milliards $ pour faire passer la part du financement d’Ottawa en santé de 22 % à 35 %.

Dans un gouvernement néodémocrate, les transferts en santé, comme tels, resteront les mêmes que ceux prévus par le gouvernement sortant. Les nouvelles dépenses sont destinées à des missions spécifiques. Par exemple, la création d’un programme national d’assurance-médicaments, qui coûtera 11,5 milliards $ en 2025-2026.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a critiqué les néodémocrates et les libéraux, les accusant d’empiéter sur les compétences du Québec. Il demande une augmentation des transferts sans condition.

M. Singh a assuré qu’il n’empiéterait pas sur les compétences provinciales. « Le Québec a le droit de retrait avec pleine compensation, ça veut dire sans condition. Ça veut dire que notre investissement dans les soins de santé, c’est beaucoup mieux, beaucoup plus haut, que les autres partis. »

Cadre financier tardif

Le NPD a dévoilé un cadre financier qui prévoit l’ajout de 166 milliards en revenus sur cinq ans pour financer 214 milliards $ en nouvelles dépenses.

M. Singh a dû se défendre de montrer ses chiffres après les débats électoraux et au moment où le vote par anticipation avait déjà commencé. « Le cadre financier n’est qu’un ajout de détails à ce que nous avons toujours dit [en campagne]. »

Outre les 68 milliards $ en santé, le programme prévoit notamment 26 milliards $ pour combattre les changements climatiques sur cinq ans auquel s’ajoute le budget de 35 milliards $ de la Banque de l’infrastructure du Canada qui serait redirigé vers les projets verts. Une somme de 30 milliards $ est aussi prévue pour la réconciliation avec les peuples autochtones.

Parmi les principales sources de revenus, on espère tirer 60 milliards grâce à un impôt sur la richesse, 44 milliards $ en augmentant le taux d’inclusion du gain en capital à 75 % et 25 milliards $ en augmentant le taux d’imposition des sociétés, de 15 % à 18 %, soit le taux en vigueur en 2010.

Ces nouvelles sources de revenus n’empêcheront pas le déficit d’être supérieur aux prévisions d’avant la campagne du Directeur parlementaire du budget (DPB) pour les cinq prochaines années. En 2020-2021, il atteindrait 145,2 milliards $, ce qui est 7 milliards $ de plus que les prévisions initiales du DPB.

En raison de la reprise économique post-pandémique, le déficit diminuerait, comme c’est le cas dans le cadre financier des libéraux et des conservateurs. En 2025-2026, le déficit atteindrait 34 milliards $, soit 9,5 milliards $ de plus que la prévision initiale du DPB. En comparaison, les libéraux anticipent un déficit de 32,1 milliards au cours du même exercice. Les conservateurs prévoient arriver à un déficit de 24,7 milliards.

« Je comprends l’inquiétude d’avoir un budget équilibré, je peux rassurer qu’on a le programme qui a le plus gros montant de revenus, plaide M. Singh. Avec notre plan, on peut s’assurer aussi que les gens ne vont pas payer plus, les travailleurs, la classe moyenne, les gens, ne vont payer plus. »

Le poids de la dette par rapport à l’économie, le fameux ratio dette / PIB, devrait diminuer au cours des cinq prochaines années, selon les prévisions du NPD. D’un poids de 48 % en 2021-2022, il reculerait à 45,8 % en 2025-2026.

Pas plus d’argent pour les garderies

Le cadre financier néodémocrate maintient les ententes et les sommes prévues par le gouvernement Trudeau en vue de créer un programme national de garderie. Le Québec devrait recevoir 6 milliards $ sans condition sur cinq ans, comme prévu. Une entente qu’annulerait un gouvernement conservateur.

Le parti n’augmente toutefois pas les sommes prévues à cet égard, malgré ce qu’avait laissé entendre M. Singh en campagne.

Questionné à ce sujet, le chef s’est défendu en disant que son parti était le mieux placé pour concrétiser ce projet de société et accuse les libéraux d’avoir promis un tel programme depuis des années sans avoir livré la marchandise. « Si vous voulez que les garderies se concrétisent, la meilleure façon est d’envoyer le plus de néodémocrates possible à Ottawa. »

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