L’appui tacite de Legault au PCC n’a pas l’effet escompté sur la campagne libérale

C’est son choix, mais il recevra moins d’argent de la part des Conservateurs, dit Justin Trudeau.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne C’est son choix, mais il recevra moins d’argent de la part des Conservateurs, dit Justin Trudeau.

L’appel du premier ministre François Legault à voter pour un gouvernement conservateur minoritaire ne semble pas avoir eu l’effet escompté dans l’immédiat. Des Québécois croisés disent qu’il n’avait pas à leur dire pour qui voter.

Aux vergers Denis Charbonneau, à Mont-Saint-Grégoire, le chef libéral est plutôt accueilli en superstar. Des gens venus cueillir des pommes samedi se sont rués, sacs de provisions en main, pour prendre des photos avec Justin Trudeau et le saluer. Ils n’étaient pas au courant de sa visite, celle-ci ayant été gardée secrète jusqu’au dernier instant pour des raisons de sécurité.

« On était surpris ! » s’est exclamée Helen Liatos, une résidente de Brossard accompagnée de son fils.

Mme Liatos sait déjà à « 99 % » pour qui elle votera aux prochaines élections, mais attend encore quelques jours pour confirmer son choix. Mais chose certaine, l’intervention de M. Legault n’a en rien influencé son choix, dit-elle.

« La politique, c’est personnel, je pense. Pour M. Legault de dire “allez voter conservateur” parce que c’est bon pour le Québec, je ne sais pas si c’était une bonne idée », confie-t-elle en entrevue.

Les autres passants croisés par La Presse canadienne, lors de ce bref arrêt, étaient du même avis.

« Il devrait se mêler un peu de ses oignons », lance Josée Beauchamp, résidente de Saint-Catherine et propriétaire d’une entreprise franchisée. « Il en a assez, lui, à gérer. Ne commence pas à gérer les affaires des autres », ajoute-t-elle à l’intention de M. Legault.

Un couple de Granby, croisé plus loin, dit que leur idée est faite « depuis longtemps » : ils sont membres du Parti conservateur et n’avaient pas besoin d’être convaincus. À leurs côtés, un homme se désole que M. Legault ait pris position dans la campagne fédérale.

« Non, il n’avait pas d’affaire à nous dire quoi voter. C’est un choix personnel », renchérit cet homme qui n’a pas souhaité se nommer.

La coprésidente de la campagne du Parti libéral du Canada, Mélanie Joly, partage leur analyse. « Je pense que les gens n’aiment pas se faire dire quoi penser et comment voter », a-t-elle dit, en marge d’un autre événement, à Saint-Bruno-de-Montarville.

Plus tôt en journée, M. Trudeau s’était bien gardé de critiquer la sortie fort remarquée du premier ministre du Québec. « M. Legault semble faire le calcul que de recevoir moins pour les Québécois avec moins de conditions, c’est mieux que d’en recevoir plus pour les choses dont on a besoin », a analysé le chef libéral, en marge d’une annonce à Mississauga, en Ontario.

Il a pris l’exemple des six milliards $ sur cinq ans, sans condition, qui seront envoyés à Québec en vertu d’une entente sur les garderies. Les conservateurs, eux, n’enverront pas cette somme et promettent plutôt des crédits d’impôt remboursables pour les parents. « C’est facile de mettre zéro condition sur zéro dollar ! » a lancé M. Trudeau.

Le chef libéral est également d’avis que « M. Legault, évidemment, peut partager sa vision du fédéralisme », mais que les valeurs des Québécois sont plus alignées avec celles du Parti libéral selon lui, notamment sur l’interdiction des armes d’assaut et la lutte aux changements climatiques.

« Les premiers ministres des provinces ont une job à faire. Mais le gouvernement fédéral et le premier ministre du Canada ont une job à faire aussi. Et on ne pas toujours être parfaitement alignés, mais on se rejoint sur une chose : il faut se battre tous les jours pour livrer pour les Québécois, pour les Canadiens. Et c’est ce que j’ai fait », a déclaré le chef libéral.

Samedi après-midi, M. Trudeau était en territoire bloquiste pour tenter de regagner des sièges perdus en 2019. Il rendait visite à son candidat dans Saint-Jean, Jean Rioux, et sa candidate dans Montarville, Marie-Ève Pelchat. Les bloquistes Christine Normandin et Stéphane Bergeron, respectivement, en sont les députés sortants.

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