Lois «discriminatoires» du Québec: Trudeau et O’Toole dénoncent, Blanchet réagit

Ces dénonciations n’ont pas convaincu le chef du Bloc, qui a décrit ces réactions comme du «pur opportunisme».
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Ces dénonciations n’ont pas convaincu le chef du Bloc, qui a décrit ces réactions comme du «pur opportunisme».

Au lendemain du débat en anglais, le chef libéral Justin Trudeau et le chef conservateur Erin O’Toole ont dénoncé la question de la modératrice Shachi Kurl sur les lois «discriminatoires» du Québec. De son côté, le chef bloquiste doute de leur sincérité.

De passage dans un centre sportif de Hamilton, en Ontario, M. Trudeau est revenu sur la première intervention de la présidente de l’Institut Angus Reid à l’endroit d’Yves-François Blanchet. Le préambule de la question associait la loi québécoise sur la laïcité ainsi que le projet de loi 96 sur la réforme de la loi 101 au racisme envers les minorités religieuses, les anglophones et les allophones.

Le chef libéral s’est dit «très surpris par le genre d’amalgames» véhiculés dans cette question et dit avoir «trouvé ça absolument inacceptable et insultant en tant que Québécois».

«Les Québécois ne sont pas racistes. Je comprends qu’il y a des gens qui sont en désaccord avec la loi 21; j’en suis un. Et je comprends qu’on a encore beaucoup de travail à faire à travers le pays pour lutter contre la discrimination systémique. Mais de peindre toute une nation avec cette brosse... non, ça ne passe pas», a tranché M. Trudeau.

À un journaliste qui lui demandait pourquoi il n’avait pas réagi sur le coup si la question était si inacceptable, le chef libéral a blâmé le format du débat qui ne permettait pas aux chefs de répliquer ou d’intervenir quand ils étaient attaqués par leurs adversaires.

«D’abord, parce que j’ai été surpris un peu de la question et, deuxièmement, parce que, comme plusieurs gens [l’ont remarqué], le format n’était pas nécessairement très encourageant pour des interventions et des suivis et la modératrice était en train d’interrompre M. Blanchet pendant qu’il répondait. Je n’allais pas ajouter ma voix à la cacophonie», a-t-il soutenu.

Peu de temps après, M. O’Toole ajoutait sa voix aux dénonciations. «Les Québécois ne sont pas racistes, et je rejette la prémisse de la question posée lors du débat hier soir», a-t-il écrit sur Twitter. Devant les journalistes, en parlant de la question de Mme Kurl, il admettait qu’il y avait «certaines questions qui étaient un peu injustes».

Ces dénonciations n’ont pas convaincu le chef du Bloc, qui a décrit ces réactions comme du «pur opportunisme».

«Vous connaissez les trois petits singes: je ne vois rien, je n’entends rien, je ne dis rien. Tous les chefs étaient bien figés pendant qu’on insultait généreusement le Québec. Ce matin, ils se rendent compte qu’ils se sont mis dans le trouble. [...] Je laisserai les Québécois mesurer la crédibilité de ces renouveaux affectueux qui ne se sont pas manifestés quand c’était le temps», a dit M. Blanchet.

«Où était M. O’Toole et ses boîtes de chocolats et ses fleurs, hier soir, quand on insultait le Québec? [...] Il était où le Québécois Justin Trudeau hier soir? [...| Les regrets semblent aussi tardifs que peu sincères», a-t-il déploré.

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