Troisième lien: «peu de temps pour les petites provocations», dit Blanchet

Yves-François Blanchet a maintenu sa position, assurant qu’elle était la sienne, et non celle de son parti.
Photo: Jacques Boissinot La Presse Canadienne Yves-François Blanchet a maintenu sa position, assurant qu’elle était la sienne, et non celle de son parti.

Attaqué par ses adversaires concernant son appui au mégaprojet de tunnel Québec-Lévis, le chef bloquiste Yves-François Blanchet n’y voit que des « petites provocations ».

Le ministre libéral sortant de la région de Québec, Jean-Yves Duclos, laisse entendre que la qualité de vie et la santé des gens de sa circonscription très patrimoniale seraient affectées par ce projet controversé.

« [Ce sont] des gens qui se souviennent du traumatisme de la construction de bretelles d’autoroute dans leur quartier, dit-il dans une vidéo diffusée sur Facebook où on voit des quartiers centraux de Québec traversés par d’énormes structures de béton. En 2021, on ne veut pas retourner en arrière. »

M. Duclos se demande comment on peut traiter ce projet autoroutier d’« écologique » comme l’a fait M. Blanchet plus tôt en campagne.

En conférence de presse lundi matin à Blainville, le chef bloquiste a invité M. Duclos à adresser ses récriminations au gouvernement Legault, dont c’est un engagement électoral.

« J’ai assez peu de temps à accorder aux petites provocations des députés et des ministres libéraux, a déclaré M. Blanchet. J’en reçois plein dans les réseaux sociaux. Il y a plus de petites provocations que de céréales dans un bol de céréales. »

Rappelons que la campagne du Bloc a été plombée par les déclarations de M. Blanchet sur le troisième lien. Il avait laissé échapper mardi que ce projet avait pour lui un réel potentiel « écologique ».

Il a maintenu sa position, assurant qu’elle était la sienne, et non celle de son parti, malgré les hauts cris de plusieurs groupes écologistes au Québec, et les critiques parfois cinglantes de chroniqueurs.

Assurance-emploi

Par ailleurs, en ce jour de la Fête du Travail, le Bloc québécois rivalise avec le Nouveau Parti démocratique (NPD) pour le titre de parti des travailleurs.

Tandis que le NPD propose d’augmenter à 20 $ le taux horaire minimum pour les travailleurs assujettis à la législation fédérale, le Bloc réclame une vaste réforme de l’assurance-emploi.

Selon le chef bloquiste, la crise sanitaire a révélé des « trous béants » dans le régime actuel.

« On voyait bien que l’assurance-emploi était totalement inadaptée », a-t-il plaidé.

En ce jour de la fête du Travail, il propose plusieurs modifications qui aligneraient notamment le régime actuel sur des mesures qui existent déjà au Québec, dans le Code du travail.

Le Bloc demande un accès facilité aux prestations d’assurance chômage, notamment pour les travailleurs autonomes.

Selon M. Blanchet, il n’est pas normal que sur 100 personnes qui cotisent à la caisse, seulement 40 soient admissibles à des prestations.

Il réclame aussi la fin du délai de carence pour les travailleurs saisonniers, ainsi qu’un abaissement des seuils de qualification.

Le Bloc s’engage également à déposer de nouveau son projet de loi pour mieux protéger les retraités dans le cas de faillite d’entreprise ou d’arrangement avec les créanciers.

Ce projet de loi n’a pu cheminer davantage en raison de la dissolution de la Chambre, au déclenchement des élections.



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