Le NPD courtise à son tour les Québécois

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, était de passage dans la Vieille Capitale vendredi pour dévoiler ses propositions aux Québécois.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, était de passage dans la Vieille Capitale vendredi pour dévoiler ses propositions aux Québécois.

Jagmeet Singh a continué vendredi d’entretenir le flou sur l’application au Québec de sa promesse d’établir des normes de soins pour les aînés. Le chef du Nouveau Parti démocratique était de passage dans la Vieille Capitale pour dévoiler ses propositions aux Québécois.

« C’est un outil », a-t-il expliqué en conférence de presse tout près du Château Frontenac. « Ce n’est pas quelque chose que l’on force les gens à faire, mais c’est un outil pour montrer quelles sont les meilleures pratiques, ce qu’on a appris dans ce temps horrible. »

Il a rappelé à quel point la pandémie avait durement touché les aînés, particulièrement ceux qui vivaient dans des centres de soins de longue durée (CHSLD) privés. « Dans les centres à but lucratif, les conditions étaient les pires, a-t-il insisté. On a vu des horreurs. Le traitement de nos aînés que les gens qui travaillent dans nos Forces canadiennes ont vu, ils en étaient traumatisés — et ce sont des gens qui ont vu des guerres. »

Le NPD propose de chasser le privé des soins de longue durée et à domicile, ainsi que d’élaborer des normes nationales s’appuyant sur les principes de la Loi canadienne sur la santé.

S’il s’agit simplement d’un outil, est-ce à dire que ces normes ne seraient pas contraignantes ? « On veut montrer qu’il y a une façon d’aider nos aînés, nos proches dans les soins de longue durée, donc on veut offrir des solutions », a affirmé M. Singh sans répondre directement à la question. « On veut travailler ensemble. »

Son attachée de presse a par la suite indiqué au Devoir que Québec pourrait profiter d’un droit de retrait avec pleine compensation. Le NPD dit vouloir exercer « un fédéralisme asymétrique, coopératif et respectueux » qui donnerait au Québec « des pouvoirs spécifiques et une marge de manœuvre particulière ».

« S’asseoir avec Québec »

Le chef adjoint du parti, Alexandre Boulerice, candidat dans Rosemont–La Petite-Patrie, estime qu’un gouvernement néodémocrate serait en mesure de négocier avec le gouvernement québécois. « Que ce soit l’assurance médicaments, les soins dentaires ou la nationalisation des CHSLD, il faut s’asseoir avec Québec pour le faire », a-t-il précisé en mêlée de presse.

« Il faut s’asseoir avec Québec et s’entendre. Est-ce que c’est quelque chose d’important pour les Québécois ? Est-ce que c’est une priorité ? Est-ce que c’est quelque chose qu’on veut réaliser ? S’il y a une fin de non-recevoir — il l’a dit tantôt, Jagmeet —, on ne peut pas arriver avec nos gros sabots et l’imposer. »

M. Boulerice a aussi fait référence à la Déclaration de Sherbrooke, adoptée par le parti en 2006, qui définit le statut particulier qui serait réservé au Québec dans un gouvernement fédéral néodémocrate.

Une occasion ratée

Le chef du Bloc québécois a accusé Jagmeet Singh et Alexandre Boulerice de se contredire. « En matière de santé, en matière de programme, M. Singh dans le débat a justifié l’existence de conditions fédérales en santé au sens très large du terme, alors que M. Boulerice venait de dire le contraire et que le programme du NPD pour le Québec, que je n’ai pas analysé dans le détail, semblait dire qu’il n’y aurait pas de conditions », a fait valoir Yves-François Blanchet en faisant référence au Face-à-Face diffusé à TVA jeudi. « Alors, que les pinceaux du NPD soient démêlés. »

Justin Trudeau a critiqué le fait que les néodémocrates aient attendu le lendemain de cette première joute en français entre les chefs pour préciser leurs propositions auprès des Québécois. « On aurait bien aimé voir leur plan pour le Québec avant pour pouvoir en discuter et débattre jeudi soir, a déploré le chef libéral. Je trouve ça bizarre qu’ils aient partagé ça le lendemain d’une opportunité qu’on a tous eu d’en parler devant plus d’un million de Québécois. »

Le chef conservateur, Erin O’Toole, qui propose « un fédéralisme de partenariat » aux électeurs du Québec n’a pas réagi.

Le NPD espère continuer de monter dans les intentions de vote des électeurs afin de regagner certaines des circonscriptions perdues au Québec en 2019. « On est en progression, a affirmé M. Boulerice. Moi, j’aime ça passer de 9 % à 11 %, de 11 % à 13 %, puis j’espère qu’on va passer de 13 % à 15 % bientôt. Si on arrive dans ces zones-là, ça veut dire que les comtés qu’on a perdus par quelques centaines de votes il y a deux ans redeviennent gagnables. »

Le parti mise notamment sur Berthier-Maskinongé, où se présente Ruth Ellen Brosseau, sur Laurier–Sainte-Marie, à cause de la candidature de l’épidémiologiste Nimâ Machouf, et sur Sherbrooke.



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