Erin O’Toole contredit sa promesse sur les armes d’assaut

Erin O'Toole et son épouse Rebecca lors d'une annonce à l'hôtel InterContinental de Montréal, vendredi
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Erin O'Toole et son épouse Rebecca lors d'une annonce à l'hôtel InterContinental de Montréal, vendredi

Au 20e jour de la campagne électorale, le chef conservateur semble renier une promesse écrite noir sur blanc dans sa plateforme électorale.

« On va maintenir l’interdiction sur les armes d’assaut », a répété à plusieurs reprises Erin O’Toole, vendredi matin, à Montréal, aux journalistes qui voulaient revenir sur ce sujet abordé pendant le débat télévisé de la veille.

Sur les ondes de TVA, le chef libéral avait alors souligné une promesse claire dans la plateforme conservatrice, celle d’annuler un décret libéral qui a interdit toute une série d’armes à feu.

Puisque jeudi soir M. O’Toole n’a pas voulu dire clairement ses intentions, les questions sont revenues vendredi matin, nombreuses. Et à chaque fois, M. O’Toole a répété qu’il va « maintenir l’interdiction sur les armes d’assaut ». Et à chaque fois, il a enchaîné en disant qu’un gouvernement conservateur « ciblerait les gangs de rue, la contrebande ».

Il a été impossible de lui faire expliquer l’apparente contradiction entre cette nouvelle déclaration et le contenu de sa plateforme.

À Mississauga en Ontario, Justin Trudeau est donc revenu sur le sujet. « Ce manque de clarté sur cet enjeu-là est malheureusement typique d’un chef qui dit une chose aux groupes d’intérêts spéciaux, que ce soit les groupes antichoix, que ce soit le lobby des armes à feu, que ce soit ceux qui nient les changements climatiques, et il essaie de dire le contraire aux Canadiens », s’est insurgé le chef libéral.

« Sur […] un enjeu si important pour tant de Canadiens, qu’il dise ce qu’il va faire », a réclamé M. Trudeau.

Plus tôt le matin, en campagne à Longueuil, le chef du Bloc québécois espérait entendre Erin O’Toole clarifier tout cela. « Moi je veux voir M. O’Toole soit réaliser sa promesse de bannir les armes d’assaut, soit répéter en anglais ce qu’il a dit hier en français, voir comme il va être reçu dans l’Ouest », ironisait Yves-François Blanchet.

Santé, conditions et compétences pour le NPD

Jagmeet Singh s’est présenté à Québec avec son unique député québécois, Alexandre Boulerice, vendredi matin. Les deux hommes ont présenté l’offre néodémocrate pour le Québec.

M. Singh a promis plus de transferts en santé, comme le réclame le gouvernement Legault, mais il a été incapable de s’engager à ne pas attacher de conditions à ces transferts.

« Quand on parle avec les gens, […] les gens qui ont perdu un proche dans un centre de soins de longue durée, […] les familles qui ont de la douleur à cause de ces pertes, […] ils ne veulent pas entendre […] “Oh ce n’est pas mon travail, ce n’est pas ma juridiction, ce n’est pas ma compétence” », a fait valoir M. Singh.

« Je reconnais qu’on est dans un pays fédéral, donc qu’on doit reconnaître les compétences et les juridictions, c’est normal. Ce qui n’est pas normal, c’est de dire qu’on reste les bras croisés quand les gens souffrent. Je ne peux pas le faire », a-t-il répondu à une question de journaliste. Un argument qu’il a déjà présenté.



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