Les municipalités réclament un financement pérenne des transports en commun

Le maire de Halifax, Mike Savage, estime que ces déficits, s’ils ne sont pas comblés, pourraient devenir des gouffres financiers pour les municipalités, ce qui les empêcherait ensuite d’étendre et de moderniser les options de transport en commun.
Photo: Andrew Vaughan Archives La Presse canadienne Le maire de Halifax, Mike Savage, estime que ces déficits, s’ils ne sont pas comblés, pourraient devenir des gouffres financiers pour les municipalités, ce qui les empêcherait ensuite d’étendre et de moderniser les options de transport en commun.

Les maires des villes canadiennes demandent aux partis fédéraux d’injecter plus d’argent dans les systèmes de transport en commun, pour lutter contre la baisse des revenus d’exploitation causée par la pandémie.

L’achalandage a chuté dramatiquement l’année dernière, lorsque les autorités de la santé publique ont ordonné à tous les travailleurs non essentiels de rester à la maison. Ces mesures sanitaires ont privé les coffres des municipalités des recettes nécessaires pour faire fonctionner et entretenir les autobus, les métros et les trains de banlieue.

Le maire de Halifax, Mike Savage, note par exemple que sa ville perdait entre 2 et 4 millions de dollars par mois au pire de la pandémie.

Pour aider à combler ces déficits d’exploitation, le gouvernement fédéral a versé de l’argent aux municipalités l’année dernière, grâce aux accords de « relance sécuritaire » avec les provinces. Mais il s’agissait d’un financement ponctuel. C’est pourquoi la Fédération canadienne des municipalités (FCM) demande aux partis fédéraux de s’engager à fournir un financement pluriannuel aux villes, pour combler de façon prévisible ces déficits d’exploitation.

Le maire Savage estime que ces déficits, s’ils ne sont pas comblés, pourraient devenir des gouffres financiers pour les municipalités, ce qui les empêcherait ensuite d’étendre et de moderniser les options de transport en commun. Ces initiatives créeraient par ailleurs des emplois et stimuleraient l’économie à la suite du ralentissement pandémique.

« Nous ne savons pas combien de temps il faudra pour récupérer notre transport en commun », a déclaré le maire Savage, président du caucus des maires des grandes villes de la FCM, en conférence de presse virtuelle jeudi.

Logement, itinérance, environnement et Internet

Il s’agit de l’une des nombreuses demandes formulées jeudi par la Fédération canadienne des municipalités dans une liste qui comprend également des propositions pour le logement, l’itinérance et l’environnement.

« Nous parlons de renouveler les infrastructures de base, de construire des transports en commun modernes, de lutter contre les prix des logements, de protéger les gens contre les extrêmes climatiques », a déclaré la présidente de la FCM, Joanne Vanderheyden, mairesse de Strathroy-Caradoc, en Ontario. « Il s’agit là d’enjeux essentiels pour les Canadiens d’un océan à l’autre, peu importe qui est au pouvoir à Ottawa. »

Les maires veulent par ailleurs obtenir des engagements des partis fédéraux pour doubler de façon permanente, à 4,6 milliards de dollars, un programme de transfert direct aux municipalités, autrefois appelé « Fonds de la taxe sur l’essence ». Ils veulent que ce Fonds de développement des collectivités du Canada soit indexé annuellement de 3,5 %, au lieu de 2,0 %, pour refléter l’inflation dans le secteur de la construction.

Les maires des petites municipalités rurales, quant à eux, réclament une solution à long terme pour financer les liaisons interurbaines en autobus. Ils rappellent que ces services sont surtout utilisés par les femmes, les personnes racisées et les Autochtones, ainsi que les étudiants — qui ont tous été durement touchés économiquement pendant la pandémie, indique-t-on.

Ray Orb, président du forum rural de la FCM, a également rappelé la demande des petites municipalités d’étendre les connexions Internet à haute vitesse, à laquelle les gouvernements successifs ont tenté de répondre.

Plus précisément, la FCM demande à Ottawa au moins 150 millions de plus par année, au cours des quatre prochaines années, pour que les petits fournisseurs de services Internet et les communautés offrent la large bande aux secteurs les plus difficiles d’accès du pays.

« C’est de l’argent bien dépensé. […] Ça fait partie intégrante de l’économie nationale, de pouvoir relancer notre économie », a déclaré M. Orb.



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