Le NPD imposerait davantage les gains en capital pour freiner les «flips immobiliers»

M. Singh a fait cette annonce mardi dans la région métropolitaine de Vancouver, où le NPD espère attirer des électeurs frustrés par la hausse fulgurante des prix des propriétés.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne M. Singh a fait cette annonce mardi dans la région métropolitaine de Vancouver, où le NPD espère attirer des électeurs frustrés par la hausse fulgurante des prix des propriétés.

Le chef néodémocrate, Jagmeet Singh, a déclaré mardi qu’il sévirait contre les stratagèmes d’achat et de revente de propriétés à prix extrêmement élevés, en faisant passer de 50 à 75 % les gains en capital imposables.

M. Singh a fait cette annonce mardi dans la région métropolitaine de Vancouver, où le Nouveau Parti démocratique espère attirer des électeurs frustrés par la hausse fulgurante des prix des propriétés, qui a rendu ce marché inaccessible pour de nombreux ménages de la classe moyenne.

« L’un des gros problèmes que nous constatons, c’est que les investisseurs très riches utilisent le marché du logement comme un marché boursier, a-t-il déclaré. Et nous voulons nous attaquer à ça : nous voulons retirer du marché du logement les gros investisseurs. »

Il a soutenu mardi que son plan ciblerait les riches spéculateurs qui achètent des maisons abordables, les rénovent rapidement et les revendent avec d’importants profits, tout en utilisant une « échappatoire » fiscale dans le régime des gains en capital, pour ne pas payer leur « juste part » d’impôts, selon le chef néodémocrate. M. Singh affirme que le chef libéral Justin Trudeau a refusé de combler cette échappatoire, même si elle ferait perdre un milliard de dollars au trésor public et que 88 % de cette somme va dans les poches des 1 % de Canadiens les plus riches.

L’impôt sur les gains en capital est appliqué sur la vente d’un actif d’investissement, comme une action ou un bien immobilier, mais ne s’applique pas à la vente d’une résidence principale. M. Singh assure qu’il n’a pas l’intention de changer cette règle fiscale.

Les libéraux ont proposé la semaine dernière une taxe « anti-flip immobilier » sur les immeubles résidentiels, en exigeant que ces immeubles soient conservés pendant au moins 12 mois par les nouveaux propriétaires. M. Singh soutient que cette solution ne réglerait pas le problème : elle ne ferait que le reporter d’un an.

M. Singh a par ailleurs souligné que le blanchiment d’argent avait aussi fait grimper les coûts du logement, comme on l’a vu en Colombie-Britannique. « Nous pouvons également nous attaquer à cela », a-t-il dit. Il a aussi rappelé qu’un gouvernement néodémocrate construirait 1,7 million de logements.

La Loi 21 et le racisme

M. Singh a par ailleurs été rattrapé mardi à l’autre bout du pays par des questions des journalistes francophones sur la position du NPD en matière de laïcité au Québec et du « Québec bashing » au Canada anglais.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a rappelé plus tôt mardi matin que le gouvernement du Québec avait demandé à tous les partis fédéraux de s’engager à ce qu’Ottawa ne finance jamais une contestation de la Loi sur la laïcité de l’État — la « loi 21 ». Interrogé là-dessus, M. Singh a expliqué que le NPD était pour la séparation entre l’Église et l’État.

« C’est essentiel. Et je comprends au Québec comment c’était difficile. Parce qu’on avait une approche où l’Église avait trop de pouvoirs sur la vie des gens, et comment ça a fait mal, aux femmes en particulier, comment ça a brisé les droits de la communauté LGBTQ », a-t-il dit. Mais M. Singh demeure opposé aux « lois qui divisent et qui créent de nouvelles discriminations ». Selon lui, « il n’y a pas une position unanime au Québec : il y a plusieurs Québécois, des millions de Québécois et Québécoises qui sont contre une loi qui divise. Moi aussi, évidemment ».

Et pour ce qui concerne le financement fédéral du Programme de contestation judiciaire, M. Singh a rappelé qu’il s’agissait là d’un mécanisme indépendant, qui doit le rester. « Ça ne doit pas être les politiciens qui disent oui ou non si quelqu’un veut contester une loi », a-t-il plaidé.

« Aussi, je veux être clair : je suis contre la discrimination. Ça inclut la discrimination contre les francophones et le Québec. Je suis contre le “Quebec bashing”. Je sais comment les gens sont dérangés, sont frustrés par la continuation du “Quebec bashing” et aussi pour les gens qui veulent faire face au racisme systémique ou la discrimination systémique. Ça n’aide pas de dire que c’est quelque chose qui existe dans une province ou dans un territoire, quand on sait que c’est un problème à travers le pays », a-t-il dit.

En anglais, M. Singh a souligné que « les communautés francophones et les Québécois avaient fait face pendant longtemps à la discrimination » dans ce pays. « M. Blanchet sait que la discrimination systémique a des impacts sur des gens partout au pays et ce n’est pas très utile — en fait c’est nuisible — à la cause […] de soutenir que ça existe dans une seule province. »



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