Les libéraux promettent un nouveau transfert en santé mentale pour les provinces

Le chef libéral, Justin Trudeau, en a fait l’annonce dans la cour arrière d’une résidence privée à Ottawa.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Le chef libéral, Justin Trudeau, en a fait l’annonce dans la cour arrière d’une résidence privée à Ottawa.

Les libéraux promettent une fois de plus des fonds ciblés en santé pour les provinces et les territoires. Au 17e jour de la campagne, mardi, ils ont promis de créer un nouveau transfert fédéral qui les aidera à élargir leurs services en santé mentale.

Le chef libéral, Justin Trudeau, en a fait l’annonce dans la cour arrière d’une résidence privée à Ottawa, en compagnie de sa candidate pour Kanata — Carleton, Jenna Sudds, et de son candidat pour Hull — Aylmer, Greg Fergus.

« On sait que c’est une responsabilité provinciale », a dit M. Trudeau. « Mais tout comme je crois que vous devriez avoir un médecin de famille ou une équipe de santé familiale, je crois aussi que vous devriez avoir accès à du soutien en santé mentale si vous en avez besoin », a-t-il ajouté.

Le Transfert canadien en matière de santé mentale aura droit à un investissement initial de 4,5 milliards de dollars sur cinq ans pour l’ensemble des provinces et territoires. Cette somme s’ajouterait aux accords bilatéraux en santé mentale signés en 2017. Le Parti libéral calcule qu’au total, 2,5 milliards par année seraient consacrés par le gouvernement fédéral en services de santé mentale d’ici 2025-2026.

Les libéraux promettent aussi d’injecter 500 millions de dollars sur quatre ans pour assurer le bien-être des étudiants, notamment en appuyant l’embauche de jusqu’à 1200 nouveaux conseillers en santé mentale dans les établissements d’enseignement postsecondaire partout au pays. Une autre somme de 1,4 milliard, annoncée par les libéraux la veille, au Nunavut, ira aux Premières Nations, aux Inuits et à la Nation métisse.

Ce sont donc au total 6,5 milliards de dollars qui ont été promis par les libéraux en santé mentale, mardi. Ceux-ci s’ajoutent aux 6 milliards qu’ils prévoient pour instaurer des normes nationales dans les centres de soins de longue durée et aux 9 milliards pour embaucher des professionnels de la santé et diminuer les listes d’attente dans les systèmes de santé provinciaux.

Sous conditions

Toutes ces promesses en santé, avec conditions, viennent ajouter de l’eau au moulin de l’argumentaire du premier ministre du Québec, François Legault, qui, la semaine dernière, a qualifié le Parti libéral du Canada de parti centralisateur. Questionné à ce sujet, M. Trudeau a soutenu que le gouvernement fédéral avait une responsabilité pour s’assurer du bien-être des Canadiens.

« On n’est pas en train de microgérer. On sait quels sont les objectifs. […] On ne va pas dire aux provinces exactement comment elles doivent livrer ça, mais on veut tous travailler ensemble pour assurer un meilleur appui pour la santé mentale pour les Canadiens, et on va le faire en partenariat avec les provinces, comme on le fait avec bien des enjeux », a déclaré le chef libéral.

 

Les provinces réclament plutôt une hausse des transferts en santé, sans condition, pour répondre aux besoins pressants en santé.

M. Trudeau a déclaré qu’il allait augmenter les transferts en tenant compte « des leçons qu’on a apprises pendant cette pandémie ». Le chef conservateur, Erin O’Toole, a réitéré mardi qu’il comptait augmenter les transferts d’au moins 6 %, tout en mettant en œuvre un plan pour la santé mentale. Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, s’est amusé de l’apparente contradiction.

« C’est très intéressant. […] Parce que M. O’Toole dit “moi je vais transférer de l’argent au Québec et aux provinces en santé, sans condition. Et à côté de ça, je vais mettre de l’argent en santé mentale, réservé à la santé mentale”. Il vient de défaire dans la deuxième phrase ce qu’il a fait dans la première phrase », a dit M. Blanchet.

« Tant et si bien que M. Trudeau a trouvé ça inspirant. Il s’est dit “je vais dire que je ne mets pas de conditions, mais que c’est réservé pour tel secteur, que c’est réservé pour tel autre secteur”. Mais dire que c’est réservé à la santé mentale, c’est une condition », a-t-il poursuivi.

Le Bloc québécois, lui, demande que la part du Québec en santé mentale, soit environ un milliard de dollars, soit versée sans condition.

Rentrée scolaire

M. Trudeau était de passage dans la région d’Ottawa, puisqu’il voulait accompagner son cadet, Hadrien, pour son premier jour d’école.

Hadrien est souvent cité dans les discours du chef libéral portant sur la vaccination obligatoire. Son fils n’a que 7 ans, donc ne peut pas encore être vacciné contre la COVID-19. Pour l’instant, seuls les vaccins Pfizer et Moderna ont été autorisés pour les adolescents de 12 ans et plus. Les deux autres enfants Trudeau, Xavier et Ella-Grace, tombent dans cette catégorie.

Mardi, le chef libéral a rappelé l’exemple de son fils lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il s’inquiétait pour la sécurité de son plus jeune et si le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, en avait fait assez pour rendre les écoles sécuritaires.

« Évidemment, je suis inquiet en tant que parent, parce que mon fils de 7 ans ne peut pas être vacciné. Et la meilleure façon de le garder en sécurité, la meilleure façon de garder tous nos enfants en sécurité, c’est de s’assurer que les adultes font leur part pour [les] protéger », a offert M. Trudeau en guise de réponse, en se gardant de critiquer M. Ford directement.

La critique envers M. Ford est plutôt venue de son candidat dans Ottawa-Centre, Yasir Naqvi, qui s’en est pris aux « demi-mesures des politiciens conservateurs » dans un communiqué de presse.

Encourager la vaccination

« J’invite le premier ministre Doug Ford à faire ce qui est juste et absolument nécessaire à ce moment critique de la pandémie. […] Cher premier ministre Ford, écoutez s’il vous plaît, faites preuve de leadership, en mettant en place dès maintenant un passeport vaccinal. L’avenir de notre province en dépend », a plaidé M. Naqvi, un ancien ministre provincial pour les libéraux de l’Ontario.

M. Trudeau a choisi de diriger ses attaques contre ses adversaires conservateur et bloquiste qui, selon lui, n’en font pas assez pour encourager la vaccination obligatoire dans les champs de compétence fédéraux.

« M. Blanchet et M. O’Toole, je pense, doivent vraiment réfléchir à comment ils sont en train d’encourager, par leur manque de leadership, ceux qui pensent encore qu’il y a un débat sur la vaccination. Il n’y a plus de débat. Les gens doivent se faire vacciner […] pour protéger tous ces enfants […] qui vont rentrer à l’école cette semaine et la semaine prochaine », a soutenu M. Trudeau.

L’équipe de tournée libérale passe l’après-midi à Sudbury, dans le nord de l’Ontario. M. Trudeau y est accompagné de sa candidate dans Ahuntsic-Cartierville et de la coprésidente de la campagne nationale, Mélanie Joly.



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