Blanchet critique l’attitude «baveuse» de Trudeau

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s’est rapidement défendu d’insinuer que le chef libéral Justin Trudeau était responsable de l’animosité des manifestants lorsqu’un autre journaliste lui a posé la question, lundi. 
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s’est rapidement défendu d’insinuer que le chef libéral Justin Trudeau était responsable de l’animosité des manifestants lorsqu’un autre journaliste lui a posé la question, lundi. 

Yves-François Blanchet a reproché à Justin Trudeau lundi d’avoir une attitude « un petit peu baveuse » à l’endroit des manifestants anti-vaccination et lui a conseillé « de ne pas jeter de l’huile sur le feu », avant de se rétracter. Des propos rapidement dénoncés par la ministre Mélanie Joly.

« Les insinuations du chef du Bloc sont inacceptables, s’est indignée la candidate libérale sur Twitter. Nous avons tous la responsabilité de dénoncer les actes de violence et les discours haineux. Nous le devons aux citoyens qui placent leur confiance en nous alors que nous luttons contre la COVID-19. »

Le chef bloquiste a tenu ces propos controversés lors de son point de presse d’avant-midi en répondant à la question d’un journaliste sur la sécurité des élus, vu l’animosité de certains contestataires. « Grand Dieu, je ne veux pas plus de sécurité, a-t-il dit en riant. Je m’attendais à un ou deux, ils sont huit ou neuf [policiers]. »

« Cependant, je me permettrais — c’est mon avis, je ne dicte rien à personne — de suggérer au premier ministre de ne pas jeter de l’huile sur le feu, a-t-il ajouté. Je crois que — même si ce ne sont pas des gens très, très propices au dialogue — une attitude responsable, une attitude rassembleuse, une attitude informative serait davantage de nature à réduire ce genre de risque qu’une attitude un petit peu baveuse. »

Les insinuations du chef du Bloc sont inacceptables. Nous avons tous la responsabilité de dénoncer les actes de violence et les discours haineux. Nous le devons aux citoyens qui placent leur confiance en nous alors que nous luttons contre la COVID-19.

 

Il s’est ensuite rapidement défendu d’insinuer que le chef libéral était responsable de l’animosité des manifestants lorsqu’un autre journaliste lui a posé la question. « Non, non, non, s’est-il exclamé. D’abord, je ne dis pas “jeter de l’huile sur le feu” et je ne dis pas que c’est de sa faute, clairement pas. Je dis qu’il doit faire preuve de davantage de modération de la façon dont il présente ses idées, venant de moi ce n’est pas rien. »

Il a précisé qu’il ne voulait pas que la campagne électorale porte sur les thèmes des « manifestations autour de M. Trudeau ».

« Des bullies »

Le chef libéral avait été accueilli la veille par un groupe de manifestants lors de son passage à Cambridge, en Ontario. On pouvait entendre leurs huées tout au long de la conférence de presse.

« Oui, il y a des gens qui ont des perspectives complètement différentes, mais c’est pour ça que nous avons besoin d’entendre clairement pas juste les Canadiens qui rouspètent, mais tous les Canadiens qui vont s’exprimer en votant sur la direction que nous devons prendre en tant que pays », avait déclaré M. Trudeau. Un journaliste venait de lui demander s’il allait devoir changer sa façon de faire campagne pour éviter que l’attention ne soit déviée en raison de ces manifestations.

« Et laissez-moi répéter encore une fois, il n’y a rien que ces gens-là peuvent dire qui va me faire reculer dans mon ambition pour les Canadiens pour lutter contre les changements climatiques, pour garder les gens en sécurité avec la vaccination parce que c’est ça la voie de l’avant pour le pays », avait-il poursuivi.

Plus tard, un autre journaliste constatant que des policiers étaient victimes d’insultes racistes et misogynes de la part des manifestants, lui a demandé jusqu’à quel point il continuerait à endurer cette hostilité. « Comprenez que toutes les menaces de violence, d’essayer de faire peur aux candidats, de faire peur aux Canadiens, ça ne va pas fonctionner, a répondu M. Trudeau. […] Je sais qu’il n’y a personne qui va reculer de faire ce qu’on doit faire parce qu’il y a des bullies qui essaient de leur faire peur. »

Le chef néodémocrate, qui a également été la cible de manifestants, a dénoncé leurs propos racistes ou misogynes tout en adoptant une autre approche. Il a tendu la main à ceux qui sont en colère à cause de la pandémie. « Beaucoup de gens sont en difficulté, a-t-il reconnu. Je veux leur dire : “je vous vois, je sais que c’est une période difficile, mais je crois fermement qu’on peut s’en sortir si nous prenons soin les uns des autres, si nous nous faisons vacciner et si nous commençons à investir dans les solutions dont les gens ont besoin”. »

Le Parti libéral, le Nouveau Parti démocratique et le Parti conservateur se sont abstenus de commenter la présence policière lors de leurs événements de campagne. Au Bloc québécois, M. Blanchet a indiqué que le nombre de policiers de la GRC qui assurent sa protection est le même depuis le début de la campagne électorale et qu’il ne croyait pas être l’objet d’une menace particulière.

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