Le troisième lien à Québec plombe la campagne du Bloc, soulignent des péquistes

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a vanté le potentiel «écologique» du mégaprojet de construction à Québec. 
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a vanté le potentiel «écologique» du mégaprojet de construction à Québec. 

Déçus, fâchés, de nombreux péquistes en veulent au chef du Bloc, Yves-François Blanchet, de s’être montré favorable à la construction d’un troisième lien routier de 10 milliards $ à Québec.

Mardi dernier, M. Blanchet a vanté le potentiel « écologique » du mégaprojet de construction, tout en insistant pour dire qu’il était de compétence provinciale et que le fédéral n’avait qu’à « faire son chèque ».

Sa position « plombe » la campagne du Bloc, et « entache » l’ensemble des propositions du parti en matière d’environnement, constate désormais une source influente au Parti québécois (PQ).

Par exemple, dans le dossier du captage de carbone, le député sortant du Bloc, Mario Simard, avance que c’est de l’écoblanchiment, « mais c’est un peu la même chose avec le troisième lien ».

« À chaque fois que le Bloc va sortir une mesure comme la péréquation verte, ou qu’il va en reparler, il va se faire dire : “Vous êtes pour le troisième lien” », relève cette source, qui a préféré garder l’anonymat.

Chose certaine, dans les rangs du PQ, on estime que M. Blanchet a malhabilement tenté de courtiser deux clientèles : celle préoccupée par l’environnement, et celle qui veut d’un troisième lien.

En brouillant ainsi les cartes, il a fini par créer de l’insatisfaction dans les deux camps, observe-t-on. À l’inverse, le PQ a depuis longtemps adopté une position claire contre le troisième lien.

La sortie d’Yves-François Blanchet a causé un « froid » entre les deux partis frères, nous confirme-t-on.

Du côté du PQ, on est horrifié de voir ressurgir dans le débat les décisions passées de M. Blanchet, alors qu’il était ministre de l’Environnement sous Pauline Marois, en lien avec l’île d’Anticosti et la cimenterie à Port-Daniel.

« Nous, on a vraiment tourné la page par rapport à ça au PQ. Ça fait que ramener ça, c’est plate, nous dit une source. Ça ne nous aide pas, ni un ni l’autre. »

Selon ce qu’a appris La Presse canadienne, de nombreux indépendantistes « décrochent », parce qu’ils estiment que le chef du Bloc l’a « échappé » en commettant une « bourde » et en continuant de « s’enfoncer inutilement ».

Cadeau aux conservateurs ?

Malgré tout, certains péquistes sont prêts à ravaler leur colère : ils appellent les électeurs à « faire la part des choses » pour éviter l’élection d’un gouvernement minoritaire conservateur.

Ils plaident qu’un gouvernement O’Toole accorderait encore moins d’importance aux changements climatiques et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Erin O’Toole n’a d’ailleurs pas hésité à confirmer pendant la campagne électorale qu’il financerait le troisième lien à hauteur de 40 %.

« On est peut-être mieux de dire : “OK, le Bloc s’est mis le pied dans la bouche sur le troisième lien, mais c’est quand même moins pire qu’un gouvernement conservateur qui nous ferait reculer” », confie une source.

« Si notre colère légitime à l’égard du Bloc à cause de ce qu’ils ont dit sur le troisième lien fait en sorte que ça aide les conservateurs, bien ce n’est pas mieux », a-t-elle ajouté.

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