Ruth Ellen Brosseau se lance dans la course électorale

Ruth Ellen Brosseau avait été élue une première fois en 2011, avec la vague orange qui avait déferlé sur le Québec. Elle a été réélue en 2015, puis défaite en 2019 par le bloquiste Yves Perron.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Ruth Ellen Brosseau avait été élue une première fois en 2011, avec la vague orange qui avait déferlé sur le Québec. Elle a été réélue en 2015, puis défaite en 2019 par le bloquiste Yves Perron.

L’ancienne députée néodémocrate Ruth Ellen Brosseau a annoncé vendredi qu’elle se lançait dans la course électorale dans sa circonscription de Berthier-Maskinongé, lors d’une conférence de presse à sa ferme de Yamachiche.

Elle s’est dite « vraiment fière » et « prête à se battre » pour les citoyens de sa région, qu’elle a représentés au Parlement pendant deux mandats, de 2011 à 2019, avant d’être défaite par une courte marge de 1500 votes par le bloquiste Yves Perron.

Elle a expliqué son entrée tardive dans la course, quelque 12 jours après son déclenchement, par le fait que les élections n’étaient « pas attendues », mais aussi à cause d’obligations personnelles. Cette décision, « il fallait la prendre avec les membres de ma famille », a-t-elle expliqué, rappelant en entrevue téléphonique que la ferme de son conjoint, sur laquelle elle travaille depuis sa défaite électorale, est « une petite entreprise familiale » qui a souffert « des problématiques de pénurie de main-d’œuvre […] encore pires pendant la pandémie ». « Je voulais m’assurer que j’étais prête à me donner corps et âme à une campagne », a-t-elle fait valoir.

Interrogée à propos du retard à rattraper avant les élections du 20 septembre, elle a répliqué que, depuis deux ans, elle a été « une personne accessible sur le terrain » dont la « porte était toujours ouverte » et qui « communiquait avec les gens au quotidien avec les médias sociaux ».

Jeudi, elle a mis à jour la photo de son compte Facebook professionnel, qui n’avait pas vu de nouvelle publication depuis décembre 2019. En date de vendredi, avant même son annonce, 1500 internautes y avaient déjà apposé la mention « j’aime » ou « j’adore ».

Elle a cité en entrevue « l’achat local », « Internet haute vitesse » en région, « l’environnement » et « les transferts en santé » comme enjeux principaux auxquels elle souhaite s’attaquer.

Le chef Jagmeet Singh a déclaré sur Twitter que l’annonce de sa candidate lui faisait « chaud au cœur ». « Accessible, authentique, près des gens : elle a toujours mis les intérêts des gens de Berthier-Maskinongé, son chez-soi, de l’avant », a-t-il ajouté.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet a accueilli la nouvelle « avec un certain enthousiasme, mais pas une grande inquiétude », disant que « Mme Brosseau est sûrement une adversaire intéressante » pour son député sortant.

Débuts difficiles

La politicienne avait été élue une première fois en 2011, avec la vague orange qui avait déferlé sur le Québec, au temps du chef Jack Layton. Elle était alors connue pour avoir passé une partie de la campagne en vacances à Las Vegas, étant une candidate dite « poteau », à laquelle on attribuait au départ peu de chance de remporter la course. Elle avait aussi été critiquée pour ne parler que très peu le français.

La députée, qui n’avait jamais mis le pied dans sa circonscription, s’y est installée après avoir rencontré son conjoint Nicolas Gauthier, propriétaire de la ferme Le Rieur Sanglier. Elle a depuis appris à maîtriser le français.

Durant ses deux mandats, elle a notamment été porte-parole pour le dossier de l’agriculture et de l’agroalimentaire, leader de son parti à la Chambre des communes et whip.

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Facebook et La Presse canadienne pour les nouvelles.



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