Justin Trudeau promet d’aider les aînés de 65 ans et plus

Le chef libéral Justin Trudeau a fait cette annonce à Québec, jeudi, en compagnie de sa candidate dans Beauport-Limoilou, la syndicaliste Ann Gingras.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le chef libéral Justin Trudeau a fait cette annonce à Québec, jeudi, en compagnie de sa candidate dans Beauport-Limoilou, la syndicaliste Ann Gingras.

Les libéraux promettent maintenant d’aider les aînés de 65 ans et plus en bonifiant le Supplément de revenu garanti (SRG), mais n’augmentent pas la pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV) comme demandé par le Bloc québécois.

Le chef libéral Justin Trudeau en a fait l’annonce à Québec, jeudi, en compagnie de sa candidate dans Beauport — Limoilou, la syndicaliste Ann Gingras. Les libéraux espèrent gagner cette circonscription, qui est passée aux mains des néo-démocrates, des conservateurs, puis des bloquistes lors des trois dernières élections fédérales. Les autres candidats de la région de Québec étaient également présents.

Un gouvernement libéral réélu bonifierait donc le SRG de 500 $ par an pour les personnes de 65 ans et plus qui vivent seules, et de 750 $ pour les personnes de cet âge qui vivent en couple. Le Parti libéral estime que cette mesure profitera à 2,2 millions d’aînés au pays.

« On s’est engagés à faire ça parce qu’on sait que le coût de la vie augmente avec l’âge, et les aînés plus aînés ont besoin d’un peu plus de soutien. […] Toutes ces mesures vont mettre encore plus d’argent dans les poches des aînés, et en particulier les aînés les plus vulnérables », a justifié M. Trudeau, lors de sa conférence de presse.

Dans leur dernier budget fédéral, les libéraux avaient annoncé de l’aide pour les aînés de 75 ans et plus seulement. Les troupes de Justin Trudeau avaient annoncé une bonification de 10 % de la pension de la Sécurité de la vieillesse dès 2022. En attendant, ils leur ont versé un paiement unique de 500 $. L’argent est arrivé au deuxième jour de la campagne électorale fédérale.

On sait que le coût de la vie augmente avec l’âge, et les aînés plus aînés ont besoin d’un peu plus de soutien

Jeudi, M. Trudeau a continué de défendre la décision de son gouvernement sortant d’aider les « aînés les plus aînés ».

« On continue avec notre promesse qui reconnaît que les aînés de 75 ans et plus font face à des coûts plus élevés et vivent de plus en plus longtemps. […] C’est un choix que nous avons fait parce que nous connaissons la réalité que nos aînés sont en train de vivre, parce qu’ils ont eu une année extrêmement difficile, particulièrement à cause de la pandémie », a-t-il dit.

Depuis des mois, le Bloc québécois réclame une bonification de la PSV de 110 $ par mois, avec indexation, pour les aînés de 65 ans et plus. Leur chef, Yves-François Blanchet, a critiqué la promesse électorale des libéraux, estimant qu’elle ne répond pas à ses demandes. « Notre demande demeure donc intégrale », a-t-il déclaré, de passage à Saguenay.

Les néo-démocrates, de leur côté, ont rappelé le fait que certains aînés ont vu leurs paiements de SRG réduits ou éliminés parce qu’ils étaient admissibles à la Prestation canadienne d’urgence pendant la pandémie. « Si Justin Trudeau veut améliorer la vie des personnes âgées, il devrait commencer dès aujourd’hui à annuler ses coupes dans l’aide au revenu des personnes âgées », a critiqué Jagmeet Singh.

Troisième lien de Québec

Pour une deuxième journée de suite, M. Trudeau a été appelé à se prononcer sur le troisième lien Québec-Lévis, et invité à expliquer pourquoi il s’est engagé à agir en partenariat avec le gouvernement de la Colombie-Britannique sur un projet très semblable dans la grande région de Vancouver, le tunnel George Massey.

« D’abord, ce sont des projets différents. Le troisième lien est un projet entièrement nouveau, qui n’existe pas actuellement, et les gens ont des préoccupations par rapport à l’environnement, au niveau de l’acceptabilité sociale. Comme j’ai dit, on est intéressés à regarder la portion transport collectif et on attend que Québec nous dépose un projet concret pour se prononcer là-dessus », a-t-il dit.

Son candidat dans Québec, Jean-Yves Duclos, a soutenu que la priorité de ses électeurs est la protection de l’environnement.

« Effectivement, dans ma circonscription, il y a des gens qui s’inquiètent beaucoup. […] Allez visiter le quartier Saint-Jean-Baptiste, le Vieux-Québec, Saint-Roch, Saint-Sauveur, Saint-Malo ou Limoilou et Vanier, ils savent c’est quoi une autoroute qui passe à travers leur circonscription, à travers leur milieu de vie. J’entends ces préoccupations », a souligné M. Duclos aux journalistes.

« Moi, je suis député de Québec. J’ai besoin aussi de les refléter », a-t-il ajouté.

M. Trudeau a déclaré, au sujet du projet de la Colombie-Britannique, que « c’est un tunnel qui existe depuis très longtemps, qui arrive à la fin de sa vie, qui fait face à des enjeux de sécurité ». Il l’a comparé à la réfection du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine ou encore la construction du nouveau pont Champlain, entre Montréal et la Rive-Sud.

Candidat critique ?

L’équipe de tournée libérale devait se déplacer à Trois-Rivières pour un arrêt avec le candidat local, Martin Francoeur, ancien éditorialiste du quotidien Le Nouvelliste. Les conservateurs ont fait circuler un éditorial daté de juillet 2020, intitulé L’éthique élastique de Justin Trudeau, dans lequel M. Francoeur s’exprime sur l’affaire « WE Charity ».

« Il est là le problème avec Justin Trudeau. Ses manquements à l’éthique et sa fâcheuse tendance à se placer en situation de conflit d’intérêts semblent le plus souvent associés à une candeur ou à une sorte de désinvolture, voire à un manque de jugement, ce qui rend la chose encore plus stupéfiante », écrivait M. Francoeur à ce sujet.

Son adversaire conservateur, l’ancien maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, a bondi sur l’occasion pour le questionner. « Est-ce que M. Francoeur pense toujours que Justin Trudeau est un politicien corrompu ? » s’est-il demandé par voie de communiqué de presse.

En mai dernier, M. Trudeau a finalement été blanchi par le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique pour son implication dans « WE Charity ».

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