Erin O’Toole promet davantage de fonds aux provinces pour la santé mentale

Cette promesse des conservateurs s’inscrit dans un engagement plus large de 60 milliards de dollars de plus en transferts de santé au cours de la prochaine décennie.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Cette promesse des conservateurs s’inscrit dans un engagement plus large de 60 milliards de dollars de plus en transferts de santé au cours de la prochaine décennie.

Erin O’Toole promet qu’un gouvernement conservateur travaillerait avec les provinces pour investir dans la santé mentale, en leur transférant suffisamment de fonds pour qu’un million de Canadiens supplémentaires reçoivent des soins chaque année.

La santé est un champ de compétence provinciale ; le gouvernement fédéral contribue financièrement par le biais du Transfert canadien en matière de santé. Les provinces sont traditionnellement allergiques à tous « fonds dédiés » dans les paiements de transfert fédéraux. « Je vais être là comme un partenaire avec les provinces pour nos premières lignes, pour notre système de santé, les CHSLD, les résidences pour aînés, et sur la santé mentale des Canadiens après la pandémie », a promis M. O’Toole mercredi.

L’engagement du chef conservateur intervient au milieu d’une pandémie de COVID-19 qui a été difficile pour le bien-être physique et mental de plusieurs Canadiens. M. O’Toole a cité les résultats d’un sondage de Statistique Canada, effectué en mars, qui révèle qu’un Canadien sur cinq a présenté des symptômes de dépression, d’anxiété ou de trouble de stress post-traumatique après une année de confinement, d’isolement social et de précarité économique.

« Quelqu’un que vous connaissez est en difficulté en ce moment, a-t-il déclaré lors d’un arrêt de campagne à Brantford, en Ontario. La crise de la santé mentale est l’épidémie à l’intérieur de la pandémie de COVID-19. »

La promesse en santé mentale s’inscrit dans un engagement conservateur de 60 milliards $ de plus en transferts de santé au cours de la prochaine décennie. Elle constitue l’un des cinq « piliers » de la plateforme électorale de M. O’Toole et contribue à l’image émergente d’un chef conservateur compatissant, qui se concentre sur l’emploi et la prospérité tout comme sur le bien-être et la lutte contre les dépendances.

M. O’Toole s’est prudemment abstenu d’établir des conditions pour ce financement fédéral – y compris la portion destinée à la santé mentale –, affirmant qu’Ottawa devait laisser « plus de choix » aux provinces dans sa gestion des soins de santé. « Nous serons partenaires des provinces : nous ne créerons pas de confrontation comme l’a fait M. Trudeau », a promis le chef conservateur.

Le chef néodémocrate, Jagmeet Singh, a critiqué le bilan de M. O’Toole en matière de soins de santé, citant l’opposition des conservateurs, et des libéraux, à un projet de loi d’initiative parlementaire du NPD visant à créer un régime d’assurance-médicaments universel, qui a été rejeté plus tôt cette année. « Si Erin O’Toole voulait sérieusement améliorer l’accès aux services de santé mentale, il n’aurait pas aidé Stephen Harper à réduire les transferts en santé, ou il ne se serait pas associé à Justin Trudeau pour voter contre un plan visant à rendre les médicaments d’ordonnance plus abordables et accessibles », a déclaré M. Singh dans un communiqué.

La stratégie en matière de santé mentale des conservateurs fait suite aux récentes promesses de protéger les retraites des travailleurs du secteur privé et de mettre « la compassion au cœur du système judiciaire ». M. O’Toole a réitéré mercredi son plan d’offrir un crédit d’impôt aux employeurs pour 25 % du coût de la couverture en santé mentale, de créer une ligne directe de prévention du suicide et de financer des œuvres de bienfaisance grâce à 150 millions $ en subventions sur trois ans pour offrir des programmes de mieux-être.

Il a déclaré qu’un gouvernement conservateur fournirait 1 milliard $ sur cinq ans pour augmenter le financement des programmes autochtones en santé mentale et le traitement de la toxicomanie, avec des soutiens culturellement appropriés.

Le budget libéral d’avril a alloué des millions à des organismes gouvernementaux pour élaborer des normes nationales de services de santé mentale et soutenir des projets de soutien pour les groupes « touchés de manière disproportionnée par la COVID-19 ». Les néodémocrates promettent des soins de santé mentale aux Canadiens qui n’ont pas d’assurance collective ou privée.

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