O’Toole refuse de promettre plus que 6% d’augmentation des transferts en santé

Le chef conservateur Erin O’Toole
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le chef conservateur Erin O’Toole

Le chef conservateur Erin O’Toole refuse de promettre plus que 6 % d’augmentation des transferts en santé, même si ce chiffre ne suffit pas aux demandes des provinces.

Lundi, M. O’Toole a tenté plutôt de convaincre François Legault et ses homologues que son plan de relance fera gonfler ce 6 % qui n’est qu’un minimum.

Les transferts fédéraux n’augmentent que de 3 % par année en ce moment.

Doubler cette augmentation ne suffirait pas pour répondre à la demande des provinces et territoires qui veulent qu’Ottawa paye 35 % de la facture en santé, alors qu’en ce moment le gouvernement fédéral n’en couvre que 22 %.

« Avec une relance économique et avec une croissance économique, on pourrait avoir plus que 6 %. J’ai dit que notre chiffre est un minimum maintenant. Mais c’est prévisible, stable et sans condition », a fait miroiter le chef conservateur. « Et je vais toujours respecter les champs de compétence pour les provinces, incluant le Québec […] Et je vais être là comme un partenaire », a-t-il insisté, en tentant de se démarquer de ses adversaires libéraux et néodémocrates.

Et puis, il a rappelé qu’il veut aussi dépenser de l’argent fédéral pour répondre à la crise des opioïdes ainsi que pour améliorer les soins de santé mentale.

C’est aussi en répétant son mantra de « partenaire plutôt que paternaliste » que M. O’Toole a laissé entendre que les provinces pourraient privatiser plus de services en santé s’il devenait premier ministre du Canada.

« Je respecte les provinces ; les soins de santé sont de leur compétence », a répondu le chef du Parti conservateur à un journaliste qui lui demandait quelles privatisations il appuierait dans le système de santé canadien. M. O’Toole a complété son commentaire en rappelant que les seuls services de santé qui dépendent d’Ottawa sont ceux pour les Premières Nations et les anciens combattants, là où « le gouvernement fédéral a besoin de faire beaucoup mieux ».

« J’appuie à 100 % notre système de santé public et universel », a-t-il cependant dit, du même souffle.

Travailleurs et Autochtones

Le chef conservateur a par ailleurs tenté lundi de séduire les travailleurs mais aussi les Autochtones, en promettant des progrès sur tous les « appels à l’action » du rapport de la Commission de vérité et réconciliation.

M. O’Toole a ainsi proposé que les travailleurs soient représentés au sein des conseils d’administration des entreprises sous réglementation fédérale qui génèrent plus de 100 millions $ de revenus annuels et qui emploient plus de 1000 personnes. Les conseils d’administration devraient ainsi compter au moins un membre votant représentant les travailleurs à partir de 2022. Le Parti conservateur estime que cette mesure s’appliquerait à plus d’une centaine d’entreprises, notamment dans les secteurs du transport aérien et des hydrocarbures.

Cette promesse reflète les efforts de M. O’Toole de séduire les syndiqués, comme il avait promis de le faire après avoir remporté la course à la direction du parti, il y a un an. Le Congrès du travail du Canada s’est toutefois demandé comment les p.-d.g. des conseils d’administration seraient tenus de prendre une telle mesure. Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a estimé de son côté que M. O’Toole n’est pas « l’ami des travailleurs canadiens ».

M. O’Toole a aussi rappelé lundi l’engagement de son parti envers la réconciliation avec les Autochtones et de ses plans pour les « appels à l’action » du rapport de la Commission de vérité et réconciliation.

Plusieurs des 94 appels à l’action de la commission s’adressent au gouvernement fédéral, mais la plateforme du Parti conservateur ne prévoit que la mise en œuvre de six éléments spécifiques, qui traitent des enfants morts dans les pensionnats et les sites où ils ont été inhumés. Lorsqu’on le lui a rappelé lundi, M. O’Toole a expliqué qu’il s’assoirait avec les dirigeants autochtones pour élaborer un plan d’action et définir les priorités en fonction de leurs besoins.

Il a par ailleurs attaqué Justin Trudeau pour avoir promis gros sur les recommandations de la commission sans y donner vraiment suite.

M. O’Toole a fait lundi sa sortie médiatique de la journée dans le studio aménagé par le Parti conservateur à Ottawa. En soirée, il devait, à partir de là, participer à deux assemblées virtuelles destinées aux électeurs de l’Ontario et du Manitoba.

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