Trudeau adopte une stratégie «anti-Québec», croit Blanchet

Yves-François Blanchet a accusé Justin Trudeau lundi d’empiéter dans les champs de compétences des provinces et des territoires.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Yves-François Blanchet a accusé Justin Trudeau lundi d’empiéter dans les champs de compétences des provinces et des territoires.

Pour faire des gains dans le Canada anglais, Justin Trudeau joue la carte « anti-Québec », croit le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

Lors d’un arrêt à Trois-Rivières lundi, M. Blanchet a réagi à la promesse du chef libéral de faire pleuvoir des milliards de dollars en santé, mais sous certaines conditions.

Il a accusé Justin Trudeau d’empiéter dans les champs de compétences des provinces et des territoires, en soulignant à grands traits que le Québec désirait des transferts sans condition.

« Ce n’est pas sa juridiction, ce n’est pas sa compétence », a martelé le chef bloquiste au sujet des sorties répétées de M. Trudeau sur les enjeux de santé.

« Qu’est-ce qui est en train de se passer ? […] Peut-être que le Parti libéral n’est pas aussi bien positionné qu’il l’aurait souhaité au Canada.

« Lorsque les libéraux sont dans le trouble au Canada, ils jouent la carte anti-Québec, ils vont contre ce que le Québec veut, contre ce que le Québec demande, donc contre ce que le Québec souhaite », a-t-il renchéri.

M. Blanchet a suggéré que ce genre de promesse libérale pourrait en revanche donner un coup de pouce à la campagne du Bloc au Québec.

Éthique et subventions salariales

Yves-François Blanchet a entamé sa deuxième semaine de campagne sous le thème de l’éthique, fustigeant une fois de plus les libéraux de Justin Trudeau.

Il a rappelé en point de presse que le premier ministre sortant avait fait l’objet de trois enquêtes, sans jamais mériter de sanction.

Pour M. Blanchet, cela démontre que le « système ne fonctionne pas ». Son parti propose de légiférer pour donner plus de dents au commissaire à l’éthique et protéger les lanceurs d’alerte.

En outre, le Bloc québécois rétablirait le financement public des partis et mettrait fin à la sélection partisane des juges.

Par ailleurs, à Anjou, M. Blanchet a dénoncé que quatre des cinq partis fédéraux avaient bénéficié d’une subvention salariale pour payer leurs employés pendant la pandémie.

Selon lui, ces partis politiques pourront en plus se faire rembourser la moitié de leurs dépenses électorales.

Il calcule qu’ensemble, le Parti libéral et le Parti conservateur ont soutiré 2,2 millions $ en aide fédérale pour leurs employés.

« C’est quand même incroyable », a lancé le candidat bloquiste dans La Prairie, Alain Therrien, qui était aux côtés de son chef, lundi.

« Les fonds publics appartiennent, dans le cas des subventions salariales, aux entreprises qui sont en difficulté, aux OBNL, pas aux partis politiques.

« Les libéraux, c’est comme leur ADN : ils voient un panier de bonbons, ils se mettent les mains dedans », a raillé M. Therrien, en exigeant le remboursement des sommes reçues.

La caravane du Bloc québécois devait également s’arrêter, en fin de journée lundi, à Beloeil, où M. Blanchet déposera officiellement son bulletin de candidature.

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